Les diplômes du supérieur restent un rempart efficace face aux difficultés du marché du travail

Malgré la forte progression du nombre d’étudiants, la hiérarchie des diplômes reste « quasi-immuable » depuis vingt ans en matière de rémunération. Le diplôme continue également de jouer un « rôle protecteur déterminant sur le marché du travail », selon une enquête publiée mardi.
D’après cette étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), les années d’études supplémentaires continuent de se traduire directement par des rémunérations plus élevées.
En comparant six générations de jeunes sortis du système scolaire entre 2004 et 2024, les auteurs constatent que le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur n’a jamais dépassé le seuil de 15 %. À l’inverse, celui des jeunes sortis de l’enseignement secondaire l’a systématiquement franchi.
Un taux de déclassement en baisse depuis dix ans
Les auteurs de l’étude soulignent ainsi que la protection offerte par l’enseignement supérieur reste solide, y compris dans les périodes de crise.
Cette tendance est particulièrement visible chez les diplômés de niveau bac+5 et plus. Alors que leurs effectifs ont connu la plus forte progression au cours des vingt dernières années, leur taux de déclassement tend à diminuer depuis une décennie.
Le déclassement correspond à une situation dans laquelle le niveau de formation d’un salarié est supérieur aux compétences normalement nécessaires pour exercer son emploi.
Selon l’étude, l’hypothèse d’une inflation des diplômes de l’enseignement supérieur long, de niveau bac+5 et plus, ne se confirme donc pas. La multiplication de ces diplômes ne semble pas avoir entraîné de perte de leur valeur individuelle sur le marché du travail.
La situation apparaît toutefois moins favorable pour les titulaires d’un diplôme de niveau bac+2 ou bac+3 et bac+4.
Pour ces profils, le taux de déclassement a nettement augmenté entre 2013 et 2021. Les formations dans les secteurs de la santé et du social constituent néanmoins une exception notable à cette tendance.
Une insertion plus favorable pour la génération 2021
L’étude montre également que les jeunes entrés sur le marché du travail en 2021 présentent, trois ans plus tard, des indicateurs d’insertion globalement meilleurs que ceux de la génération 2017.
Leur taux de chômage global s’établit à 16 %.
Le revenu médian au premier emploi atteint quant à lui 1 530 euros, soit une progression de 11 % en euros constants par rapport à la génération précédente.
Cette amélioration doit néanmoins être nuancée. Selon l’étude, cette situation favorable masque une dégradation amorcée depuis l’été 2023 sous l’effet du ralentissement économique.
Dans le même temps, le nombre total d’étudiants a dépassé pour la première fois les 3 millions à la rentrée 2024, contre 2,2 millions en 2004.
Malgré cette massification de l’enseignement supérieur, les diplômes continuent donc de jouer un rôle important dans l’accès à l’emploi, le niveau de rémunération et la protection contre le chômage.

SOURCE : LAVOIXDUNORD

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