Calendrier Parcoursup et étudiants internationaux : la CDEFM veut booster le recrutement

Une feuille de route maintenue en 2024
Dans un contexte de baisse démographique et de concurrence accrue entre établissements, la CDEFM (Conférence des directeurs des écoles de management) a présenté, ce 29 janvier, plusieurs mesures destinées à soutenir les écoles de commerce. L’organisation poursuit ainsi la feuille de route engagée en 2024, avec un objectif clair : renforcer l’attractivité et sécuriser le recrutement.
Son président, Vincenzo Vinzi, a indiqué que la CDEFM suivait attentivement le projet de loi visant à réguler l’enseignement supérieur privé, destiné à encadrer les établissements aux pratiques contestables.
Il défend la mise en place de contrôles harmonisés afin que toutes les écoles soient soumises au même processus d’évaluation. Toutefois, il met en garde contre une « surrégulation » des établissements déjà reconnus et évalués selon des standards exigeants. « Il ne faut pas ajouter de nouvelles contraintes à des écoles qui respectent déjà des critères stricts », précise-t-il.
La CDEFM échange actuellement avec le ministère autour d’un référentiel d’agrément garantissant la qualité des formations. Parmi les critères évoqués figurent l’investissement pédagogique, le taux d’encadrement, l’insertion professionnelle, l’accompagnement des étudiants ainsi que le volume d’heures en présentiel.
Pour l’organisation, cette régulation doit aussi permettre une meilleure lisibilité pour les familles. « Face à la multiplication des labels et des jargons, les familles peuvent se sentir perdues. Il faut une information claire sur la qualité, mais aussi sur l’adéquation entre l’école et le profil de l’étudiant », souligne Vincenzo Vinzi.
Défendre le modèle français à l’international
Un enjeu stratégique face à la baisse démographique
Dans un contexte national marqué par la diminution du nombre d’étudiants, la CDEFM s’attache également à promouvoir le « modèle grande école » français à l’étranger.
Selon Vincenzo Vinzi, les écoles françaises bénéficient d’une image solide à l’international. Néanmoins, il estime que la France accuse un retard en matière d’attractivité. « Il faut adopter une stratégie plus proactive pour accueillir les étudiants internationaux », affirme-t-il.
Cette position intervient alors que le gouvernement a annoncé vouloir renforcer la sélectivité des étudiants étrangers accueillis en France. Une orientation qui contraste avec la vision portée par la CDEFM.
Le président rappelle l’impact économique des étudiants internationaux, évalué à 1,35 milliard d’euros par an. Au-delà de cet apport financier, il souligne leur rôle stratégique : 88 % d’entre eux souhaitent travailler avec une entreprise française et les trois quarts recommanderaient la France comme lieu de vie. « Ils deviennent des ambassadeurs de notre culture et de notre économie », insiste-t-il.
Avancer le calendrier Parcoursup
Harmoniser avec le calendrier international
Pour faciliter le recrutement d’étudiants étrangers, la CDEFM plaide pour plusieurs ajustements, notamment une évolution du calendrier Parcoursup. L’organisation souhaite que la phase de propositions d’admission soit avancée afin de s’aligner sur les calendriers internationaux.
« Lorsqu’un étudiant sécurise une admission à l’étranger quelques semaines avant les résultats Parcoursup, cela représente une inscription en moins pour les écoles françaises », souligne Vincenzo Vinzi.
La CDEFM demande également une simplification des démarches administratives, une amélioration de la plateforme Bienvenue en France, un renforcement de l’offre de logement, le maintien des aides au logement pour les étudiants étrangers ainsi que la possibilité pour les diplômés internationaux de rester travailler en France.
Défendre le modèle des classes prépas
Un recrutement fragilisé
Face aux tensions sur les recrutements post-prépa, la CDEFM entend aussi défendre le modèle des classes préparatoires.
Comme l’a indiqué Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la CDEFM, sur les 37 grandes écoles membres délivrant un grade master, 23 recrutent majoritairement via les classes prépas et 14 n’ont pas fait le plein cette année.
L’organisation a travaillé en collaboration avec l’APHEC (association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales) afin de revaloriser cette voie. Depuis cette année, les écoles délivrent un certificat d’excellence aux étudiants issus de classes préparatoires.
Ainsi, lors de la remise du diplôme, les étudiants reçoivent également un certificat d’Arts libéraux. La CDEFM réfléchit à des moyens de valoriser ce certificat, notamment via un logo que les diplômés pourraient afficher sur LinkedIn afin de renforcer leur insertion professionnelle.
Par ailleurs, la CDEFM souhaite encourager les candidats à ne pas se limiter exclusivement au top 5 des classements. « Après le top 10, de plus en plus d’étudiants visent uniquement les cinq premières écoles », regrette Stéphanie Lavigne.
Alternance : une suppression jugée catastrophique
Un modèle d’inclusion à préserver
La CDEFM se montre particulièrement inquiète face à une éventuelle réforme de l’alternance. « Supprimer les aides serait catastrophique », alerte Stéphanie Lavigne.
Selon une enquête menée auprès des écoles membres, 64 % des étudiants déclarent qu’ils n’auraient jamais intégré une grande école sans l’alternance. De plus, trois quarts des alternants affirment qu’ils n’auraient pas pu financer leurs frais de scolarité sans ce dispositif.
La CDEFM défend ainsi un modèle favorisant l’inclusion sociale et la professionnalisation. Vincenzo Vinzi estime toutefois que la capacité des entreprises à absorber la hausse des coûts atteint ses limites, notamment pour les petites et moyennes structures.
Il propose d’ouvrir le débat sur une participation progressive des étudiants au financement de leur formation en apprentissage, en fonction de leurs revenus. Les étudiants boursiers ne seraient pas concernés. « C’est une demande des familles, mais cela reste interdit aujourd’hui », précise-t-il.
Des frais de scolarité sous tension
Un modèle comparé à l’international
Dans un contexte d’augmentation des frais de scolarité, Vincenzo Vinzi défend la qualité des formations françaises. Il souligne que, malgré des moyens souvent inférieurs à ceux des grandes écoles anglo-saxonnes et un soutien public limité, les écoles françaises parviennent à maintenir un haut niveau d’excellence.
« Lorsque l’on compare nos moyens à ceux de nos concurrents internationaux, ce que réalisent nos écoles relève presque du miracle français », conclut-il.

SOURCE : L'ÉTUDIANT

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