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ÉDUCATION
24
June 2026

Canicule à l’école : horaires avancés, calendrier repensé, rénovation thermique... comment les pays voisins s’adaptent-ils ?

Alors que les épisodes de forte chaleur deviennent plus fréquents, les établissements scolaires doivent trouver des réponses concrètes pour protéger les élèves sans suspendre systématiquement les cours. Aménagement des horaires, végétalisation des cours, rénovation des bâtiments ou modification du calendrier scolaire : plusieurs pays expérimentent déjà des solutions pour faire face aux canicules.

Des écoles françaises déjà mises sous pression

En cette mi-juin, la France traverse son deuxième épisode caniculaire de l’année. Ce samedi 21 juin, 60 départements sont placés en vigilance orange, de l’Île-de-France jusqu’au nord de la région Rhône-Alpes. Météo-France a également prévenu qu’une vigilance rouge pourrait être déclenchée dès dimanche midi. Le pic de chaleur est attendu lundi, alors que les épreuves orales du baccalauréat se poursuivent jusqu’au 1er juillet et que celles du brevet doivent débuter vendredi prochain.

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a indiqué sur RTL, vendredi 19 juin, que cinq académies — Bordeaux, Lyon, Normandie, Montpellier et Poitiers — avaient déjà pris des dispositions ponctuelles pour les examens prévus la semaine suivante. Dans certains centres, des oraux ont été décalés. Au total, 784 établissements ont mis en place des aménagements pour faire face aux températures élevées, tandis que 150 ont décidé de fermer temporairement leurs portes.

Ces épisodes de chaleur extrême se multiplient et obligent les écoles à adapter leur organisation. L’enjeu est double : continuer à accueillir les élèves dans de bonnes conditions tout en garantissant leur sécurité. Selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques publiée en mars 2026, les fortes températures ont un effet direct sur les performances scolaires. Les établissements devront aussi composer, dans les prochaines décennies, avec un nombre croissant de journées dépassant les 30 °C.

Des régions européennes inégalement exposées

À l’échelle européenne, toutes les zones ne sont pas touchées de la même manière. Les régions méridionales sont beaucoup plus exposées aux vagues de chaleur que les territoires situés plus au nord. D’après une carte publiée par l’OCDE, les journées de forte chaleur se concentrent déjà dans le sud de la France, une tendance qui devrait encore s’intensifier d’ici 2050.

Les projections montrent qu’en 2050, un élève français dit « typique » pourrait connaître environ vingt journées de classe à plus de 30 °C, contre douze aujourd’hui. Cette évolution pousse de nombreux pays à réfléchir à des mesures structurelles, capables de limiter l’impact de la chaleur sur les apprentissages et sur la santé des élèves.

Adapter les horaires scolaires

En Espagne, les vagues de chaleur touchent régulièrement les élèves pendant la période estivale. Pour en réduire les effets, la Communauté de Madrid prévoit, lors des pics de température, de déplacer certaines activités vers les moments les plus frais de la journée. Les cours peuvent ainsi commencer plus tôt le matin, tandis que les séances d’éducation physique sont programmées lorsque les températures sont moins élevées.

Cette solution semble relativement simple à mettre en œuvre et peu coûteuse. Elle permet d’éviter les heures les plus chaudes sans nécessiter de travaux immédiats dans les établissements. Mais l’OCDE rappelle que ces changements doivent être préparés avec précision. Modifier les horaires scolaires implique de revoir l’organisation des transports, la disponibilité des familles et le temps de travail des enseignants.

L’organisation doit aussi veiller à ne pas réduire le nombre d’heures d’enseignement ni creuser les inégalités entre les élèves. Un changement d’horaires peut en effet avoir des conséquences différentes selon les familles, notamment lorsque les parents ne peuvent pas adapter facilement leur emploi du temps.

Pour compenser les heures perdues lors de fermetures exceptionnelles, l’État du Rhode Island, aux États-Unis, a choisi une autre approche. Son calendrier scolaire intègre quatre journées supplémentaires, qui peuvent être mobilisées en cas d’intempéries ou de fermeture d’école. Ce dispositif permet de préserver le volume annuel d’enseignement tout en laissant une marge d’adaptation face aux événements climatiques.

Végétaliser les espaces extérieurs

Sans engager immédiatement de lourds travaux, certaines écoles peuvent agir sur leurs espaces extérieurs. L’OCDE recommande notamment d’augmenter les zones d’ombre, de végétaliser les cours de récréation et de favoriser la ventilation naturelle des bâtiments. Ces aménagements permettent de réduire la surchauffe tout en limitant la consommation d’énergie.

À Madrid, le projet pilote Care for School Environments a permis d’évaluer la vulnérabilité à la chaleur de 241 écoles publiques. Mené avec les communautés éducatives, il a servi à imaginer des cours plus ombragées, plus végétalisées et davantage tournées vers la nature. Les conclusions du projet ont également permis de formuler des recommandations pour étendre ces transformations à l’ensemble de la ville.

À Rotterdam, l’adaptation des écoles passe par la création de « cours vertes et bleues ». La ville remplace une partie du bitume par des surfaces perméables, plante des arbres et des arbustes pour apporter de l’ombre, et aménage des jardins ainsi que des potagers pédagogiques. Ces espaces deviennent à la fois des lieux d’apprentissage, de fraîcheur et de sensibilisation à l’environnement.

La ville installe également des dispositifs destinés à récupérer et infiltrer les eaux de pluie. L’objectif est double : rafraîchir les établissements lors des épisodes de canicule et limiter les risques d’inondation en cas de fortes précipitations. Rotterdam compte désormais plus de 40 cours d’école transformées, qui jouent le rôle de véritables refuges climatiques naturels pour les enfants.

Rénover les bâtiments pour limiter la surchauffe

La rénovation thermique constitue une autre réponse majeure face aux vagues de chaleur. En France, un vaste programme prévoit la rénovation de 40 000 écoles primaires au cours des dix prochaines années grâce au Fonds vert. Les travaux portent notamment sur l’isolation thermique et l’amélioration énergétique des bâtiments.

À Barcelone, l’adaptation au changement climatique occupe désormais une place importante dans les projets de rénovation scolaire. Un quart des budgets de rénovation des écoles est consacré à cet objectif. Durant l’été 2024, 56 établissements ont été rénovés grâce à un investissement de 3,6 millions d’euros.

En Nouvelle-Zélande, plusieurs rénovations ont montré l’intérêt d’une meilleure conception des bâtiments. Le positionnement des fenêtres, la ventilation croisée et les systèmes mécaniques contrôlés peuvent contribuer à limiter la surchauffe dans les salles de classe. Ces solutions améliorent le confort des élèves et permettent de préserver leur concentration pendant les périodes de forte chaleur.

L’OCDE souligne toutefois que ces investissements, bien qu’efficaces, restent particulièrement coûteux. Ils demandent des financements publics importants et nécessitent souvent plusieurs années avant de produire des résultats visibles. Leur impact est donc essentiel à long terme, mais ils ne suffisent pas toujours à répondre aux urgences immédiates.

En Espagne, enseignants et parents d’élèves estiment que l’adaptation des établissements avance trop lentement. La question de la climatisation revient régulièrement dans le débat public, notamment dans les régions les plus exposées. À l’échelle du pays, les municipalités prévoient d’investir 100 millions d’euros pour climatiser, d’ici 2030, 140 écoles publiques ainsi que 30 centres éducatifs.

Repenser le calendrier scolaire

En Italie, les canicules relancent régulièrement le débat autour du calendrier scolaire. Les élèves terminent généralement les cours début juin et ne reprennent qu’à la mi-septembre. En 2025, le syndicat Anief a demandé officiellement au gouvernement de repousser la rentrée au 1er octobre, estimant que les températures de septembre compliquent les apprentissages et posent un enjeu de santé publique.

Cette proposition a été rejetée par le ministère de l’Éducation. Elle a également été critiquée par de nombreuses communes et associations, qui considèrent qu’un report de la rentrée rendrait plus complexe l’organisation des familles et la garde des enfants.

Pour de nombreux experts, la priorité devrait plutôt être donnée à la rénovation thermique des établissements. Une grande partie des écoles italiennes reste encore dépourvue de climatisation ou de dispositifs efficaces de rafraîchissement. Plutôt que de déplacer le problème dans le calendrier, ils défendent une adaptation durable des bâtiments scolaires afin de garantir de meilleures conditions d’apprentissage, même lorsque les températures augmentent.

SOURCE : RTL

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