Enfants déscolarisés : une alerte automatique sera mise en place à la rentrée

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé la création d’un système automatisé pour mieux repérer les enfants totalement déscolarisés. Cette mesure fait suite à l’affaire de l’enfant séquestré pendant plus d’un an dans une camionnette en Alsace.
Une annonce après l’affaire de l’enfant séquestré en Alsace
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, est revenu, dimanche 21 juin, sur l’enquête administrative lancée après la découverte d’un enfant séquestré dans une camionnette en Alsace. Cette enquête devait déterminer si des défaillances avaient eu lieu dans le suivi du garçon, qui avait disparu du système scolaire sans qu’aucune alerte ne soit déclenchée.
Les conclusions de cette enquête administrative ont été remises au ministre quelques jours avant son intervention. Cette affaire a soulevé une question centrale : comment un enfant a-t-il pu échapper totalement au suivi scolaire et aux contrôles institutionnels pendant une période aussi longue ?
Un enfant disparu du système scolaire
Le garçon, âgé de 9 ans, a été séquestré pendant un peu plus d’un an dans le village de Hagenbach, dans le Haut-Rhin. Il avait été retrouvé début avril après qu’une voisine a donné l’alerte.
Selon les éléments communiqués par le procureur de Mulhouse, l’enquête de voisinage avait permis de confirmer que l’enfant avait disparu du jour au lendemain. Sa dernière scolarisation remontait à son entrée en CP, période durant laquelle ses résultats scolaires étaient pourtant très bons.
L’enfant avait ensuite quitté son établissement sans être inscrit dans un autre. Aucune autorité n’avait alors signalé cette absence de rescolarisation, ce qui a mis en évidence une faille importante dans le suivi des élèves sortant d’une école.
Des failles utilisées pour brouiller les pistes
D’après Édouard Geffray, le père de l’enfant aurait exploité plusieurs failles du système. Après le départ de son fils de son école, il aurait tenu des discours différents selon les interlocuteurs, notamment auprès du maire et de la directrice de l’établissement.
Ces interlocuteurs auraient dû être en mesure de contrôler la situation, mais les informations contradictoires données par le père auraient contribué à brouiller les pistes. Le ministre a reconnu qu’il n’existait jusqu’ici aucun système d’alerte automatisé permettant de repérer rapidement ce type de situation.
Jusqu’à présent, la procédure reposait principalement sur un certificat de radiation, transmis sous forme de document papier. Ce fonctionnement ne permettait pas toujours de vérifier efficacement qu’un élève désinscrit avait bien été rescolarisé ailleurs.
Une alerte automatique à partir de la rentrée
Pour éviter qu’un enfant quitte une école sans suivi, un nouveau système sera mis en place dès la rentrée. Chaque fois qu’un élève quittera un établissement sans être inscrit dans un autre, une alerte automatique apparaîtra sur l’ordinateur du directeur de son école d’origine.
Cette alerte devra permettre au directeur de réaliser un signalement auprès des autorités académiques. Si la situation le nécessite, l’information pourra ensuite être transmise à l’autorité judiciaire.
Édouard Geffray a résumé le principe de cette nouvelle procédure par une formule claire : « le silence vaudra alerte ». Autrement dit, l’absence de confirmation d’une nouvelle inscription ne sera plus considérée comme une simple absence d’information, mais comme un signal nécessitant une vérification.
Un suivi renforcé des élèves non rescolarisés
L’objectif de ce dispositif est de mieux protéger les enfants qui sortent du système scolaire sans solution connue. Il doit permettre d’éviter qu’une désinscription administrative ne fasse disparaître un élève des radars, notamment lorsqu’une famille affirme qu’une nouvelle scolarisation est prévue sans qu’elle soit réellement confirmée.
Avec cette alerte automatisée, l’école d’origine conservera un rôle actif dans le suivi de l’élève après son départ. Le directeur ne sera plus seulement informé de la radiation, mais alerté en cas d’absence de rescolarisation.
Cette mesure vise ainsi à renforcer la coordination entre les établissements, les autorités académiques et, si nécessaire, la justice. Elle répond à une faille révélée par l’affaire de Hagenbach, où l’absence de signalement rapide a permis à la situation de durer pendant plus d’un an.

SOURCE : FRANCE INFO

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