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ÉDUCATION
9
July 2026

CAP, bac, master, grandes écoles… Combien rapporte réellement chaque diplôme sur le marché du travail aujourd’hui ?

Les données du Céreq mettent en évidence les écarts de rémunération entre les différents niveaux de formation et confirment que le diplôme reste un levier majeur pour réussir son insertion professionnelle.

Alors que le nombre d’étudiants a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 3 millions à la rentrée 2024, contre 2,2 millions en 2004, certains annonçaient une perte progressive de la valeur des diplômes. Les chiffres montrent pourtant une réalité bien différente. Depuis vingt ans, la hiérarchie des titres scolaires reste « quasi-immuable » en matière de rémunération. Le diplôme continue également de jouer un « rôle protecteur déterminant sur le marché du travail », malgré la forte progression du nombre de jeunes poursuivant leurs études dans l’enseignement supérieur.

C’est l’un des principaux constats de la dernière enquête du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), consacrée à l’insertion de la « Génération 2021 », trois ans après sa sortie du système éducatif. La conclusion est claire : chaque année d’étude supplémentaire continue généralement de se traduire par un avantage salarial. Pour les jeunes actifs, le temps consacré à la formation reste donc un investissement particulièrement rentable.

Une progression des salaires liée au niveau de diplôme

Les chiffres publiés par le Céreq mettent en évidence une tendance très nette. Dès le premier emploi, la rémunération médiane augmente presque systématiquement à mesure que le niveau de diplôme progresse.

En bas de l’échelle, les jeunes sortis du système éducatif sans diplôme perçoivent un revenu médian de 1 260 euros par mois. Ce montant, inférieur au Smic net pour un emploi à temps plein, s’explique notamment par un recours plus fréquent au temps partiel subi.

Les titulaires d’un CAP ou d’un BEP atteignent pour leur part un revenu médian de 1 360 euros par mois. Pour les jeunes dont le parcours s’arrête au baccalauréat, la rémunération médiane atteint 1 400 euros.

L’entrée dans l’enseignement supérieur accentue ensuite les écarts de salaire. Les diplômés d’un bac+2, hors formations dans les secteurs de la santé et du social, perçoivent un revenu médian de 1 480 euros. Celui-ci atteint 1 530 euros pour les titulaires d’un diplôme de niveau bac+3 ou bac+4.

Le véritable changement apparaît au niveau du master. Les titulaires d’un diplôme bac+5 commencent leur carrière avec un salaire médian de 1 810 euros.

Les diplômés des écoles d’ingénieurs et de commerce se situent encore au-dessus, avec un revenu médian de 2 130 euros dès leur entrée sur le marché du travail.

Au sommet de cette hiérarchie salariale, les titulaires d’un doctorat, soit un niveau bac+8, atteignent un revenu médian de 2 410 euros.

Une exception vient néanmoins nuancer cette progression régulière : les formations courtes de l’enseignement supérieur dans les domaines de la santé et du social. Grâce à d’importants besoins de recrutement, leurs diplômés perçoivent un revenu médian de 1 840 euros dès le début de leur carrière. Ils dépassent ainsi les titulaires d’un master universitaire.

Le diplôme reste une protection contre le chômage

L’intérêt du diplôme ne se mesure pas uniquement au niveau du salaire. Il constitue également une protection importante contre le chômage et la précarité professionnelle.

En étudiant six générations de jeunes entre 2004 et 2024, le Céreq constate que le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur n’a jamais dépassé 15 %. À l’inverse, celui des jeunes sortis de l’enseignement secondaire a systématiquement franchi ce seuil.

La situation est encore plus difficile pour les jeunes sans diplôme, dont le taux de chômage atteint 40 %.

Les chercheurs du Céreq soulignent ainsi que la protection offerte par l’enseignement supérieur reste solide, y compris pendant les périodes de crise économique.

Le même constat s’observe concernant la part des emplois à durée indéterminée. Cette catégorie comprend les contrats à durée indéterminée, les emplois de fonctionnaire ainsi que les activités indépendantes.

Le taux d’emploi à durée indéterminée progresse de manière significative avec le niveau de diplôme. Plus le niveau de formation est élevé, plus les jeunes ont donc de chances d’accéder rapidement à une situation professionnelle stable.

Ces données remettent également en question une idée régulièrement avancée dans le débat public : celle d’un déclassement généralisé des jeunes diplômés.

Alors que le nombre de titulaires d’un diplôme de niveau bac+5 et plus a fortement progressé depuis vingt ans, leur insertion professionnelle reste solide. Leur taux de déclassement, qui correspond au fait d’occuper un poste inférieur au niveau de compétences normalement attendu, tend même à diminuer depuis une dizaine d’années.

Le marché du travail est donc parvenu à absorber la hausse du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur long.

Selon l’étude, l’hypothèse d’une inflation des diplômes de niveau bac+5 et plus, selon laquelle leur multiplication réduirait leur valeur individuelle sur le marché du travail, ne se confirme donc pas.

Les niveaux intermédiaires davantage exposés

La situation apparaît toutefois plus complexe pour les diplômés de niveau bac+2 et bac+3 ou bac+4.

Ces jeunes sont davantage confrontés au risque de déclassement. Ils se retrouvent pris entre l’élévation générale du niveau de qualification de la population et des structures d’emploi qui évoluent moins rapidement.

Entre 2013 et 2021, leur taux de déclassement a ainsi nettement augmenté. Les filières de la santé et du social constituent toutefois une exception importante, car elles continuent de profiter de besoins élevés de recrutement.

Dans l’ensemble, la situation professionnelle de la « Génération 2021 » reste néanmoins favorable.

Trois ans après leur sortie du système éducatif, les jeunes de cette génération présentent des indicateurs d’insertion globalement meilleurs que ceux de la génération 2017.

Leur taux de chômage s’établit à 16 % et leur revenu médian au premier emploi atteint 1 530 euros. Cela correspond à une hausse de 11 % en euros constants par rapport à la génération précédente.

Cette amélioration pourrait toutefois être temporaire. Les économistes du Céreq appellent à rester prudents et rappellent que cette situation favorable masque une dégradation engagée depuis l’été 2023 sous l’effet du ralentissement économique.

Les premiers signes sont déjà visibles sur le marché du travail : les recrutements en contrat stable ralentissent, les contrats courts progressent et les jeunes qui débutent leur vie professionnelle sont confrontés à davantage d’incertitudes.

SOURCE : LATRIBUNE

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