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ÉDUCATION
9
July 2026

Concours des professeurs des écoles 2026 : le taux de couverture augmente de 5,2 points

Les résultats d’admission aux différents concours du CRPE  concours externes, 3e concours et 2nd concours interne  montrent une amélioration du taux de couverture en un an, d’après les données communiquées par la DGRH lors du 3e comité de suivi de la réforme de la formation des enseignants, organisé le 29 juin 2026. Malgré cette progression, plusieurs académies, notamment Versailles, Créteil et la Guyane, comptent encore des postes non pourvus. AEF info revient sur l’évolution du nombre d’admis aux CRPE externes, académie par académie et selon le niveau du concours, à bac+3 ou à bac+5. Des résultats jugés encourageants par les organisations syndicales, même si plusieurs interrogations demeurent.

Les résultats d’ensemble des concours publics du CRPE pour l’année 2026 ont été présentés aux organisations syndicales lors du 3e comité national de suivi de la réforme de la formation des enseignants, qui s’est tenu le 29 juin 2026. Ils intègrent les CRPE externes à bac+3 et à bac+5, le 3e concours destiné aux personnes exerçant déjà une activité professionnelle, ainsi que le 2nd concours interne réservé aux personnels déjà fonctionnaires.

Un taux de couverture qui atteint 95,9 %

D’après le document présenté par la DGRH et consulté par AEF info, le taux de couverture (1) de l’ensemble de ces concours  CRPE externes, 3e concours et 2nd concours interne  passe de 90,7 % en 2025 à 95,9 % en 2026.

Dans le détail, cela correspond à :

12 618 candidats admis pour 13 156 postes proposés en 2026, contre 8 929 admis pour 9 647 postes en 2025. Le nombre de postes augmente ainsi de 33,9 %, tandis que le nombre d’admis progresse de 41,3 % ;

568 postes restent non pourvus dans cinq académies : Créteil avec 117 postes, Versailles avec 166, la Guyane avec 195, Strasbourg avec 22 et la Martinique avec 1 poste ;

683 candidats figurent sur une liste complémentaire.

À cela s’ajoutent 52 candidats admis au concours supplémentaire du CRPE à bac+5 à Créteil et 102 à Versailles. Ces lauréats ne sont toutefois pas intégrés au nombre total d’admis mentionné précédemment.

Un taux de couverture de 98,5 % pour les CRPE externes

En se concentrant uniquement sur les CRPE externes, la DGRH relève également une nette progression du taux de couverture. Hors concours supplémentaires et sans intégrer l’académie de Mayotte, qui n’organisait qu’un seul concours à bac+3 et ne permettait donc pas de comparaison, ce taux passe de 92,5 % en 2025 à 98,5 % en 2026.

Au total, 11 303 candidats ont été admis pour 11 475 postes ouverts en 2026, contre 7 561 admis pour 8 176 postes en 2025. Par ailleurs, 609 candidats ont été placés sur liste complémentaire.

Il reste donc 172 postes non pourvus, ce qui représente une baisse de 72 % par rapport à l’année précédente. La DGRH indique également que 6 906 candidats étaient bi-admissibles. En définitive, seuls 65 lauréats ont été admis aux deux concours. Treize académies n’en comptent aucun, tandis que la Guadeloupe en compte 9, Dijon 7 et Lyon 11.

AEF info a par ailleurs compilé les résultats des CRPE externes par académie à partir des données publiées sur la plateforme du ministère de l’Éducation nationale. L’évolution du nombre d’admis sur un an a ensuite été calculée, hors concours en langues régionales et concours supplémentaires.

En moyenne, 47,3 % d’admis supplémentaires selon les académies

Nombre d’enseignants admis aux CRPE externes en 2026 et évolution depuis 2025.

Plus de candidats admis aux CRPE externes à bac+5

Les informations disponibles sur la plateforme du ministère de l’Éducation nationale montrent que le nombre de candidats admis aux CRPE externes évolue de manière variable selon les académies par rapport à l’année précédente. Certains concours en langues régionales, qui ne sont pas pris en compte dans ce calcul, peuvent expliquer les différences observées avec les résultats globaux.

Toutes les académies ne parviennent pas non plus à pourvoir l’intégralité de leurs postes dans le cadre de ces concours externes. La Guyane compte ainsi 65 admis pour 179 postes, Montpellier 368 admis pour 371 postes et Versailles 1 270 admis pour 1 362 postes.

L’académie de Créteil, en revanche, parvient cette année à pourvoir l’ensemble de ses postes, contrairement à 2025.

Le tableau suivant permet de distinguer, pour chaque académie, le nombre de candidats admis selon le concours présenté, à bac+3 ou à bac+5.

Édouard Geffray salue la forte baisse des postes non pourvus

Interrogé par le quotidien La Montagne le 30 juin 2026, le ministre de l’Éducation nationale a mis en avant la forte diminution du nombre de postes non pourvus. Selon lui, cette évolution montre que la tendance commence à s’inverser.

Il cite notamment l’exemple de Créteil, une académie confrontée depuis de nombreuses années à des difficultés de recrutement, où le concours a cette fois permis de pourvoir tous les postes de professeurs des écoles.

Le ministre estime que le dispositif mis en place dans le cadre de la réforme rend l’entrée dans le métier plus progressive et plus sécurisée, ce qui contribue directement à renforcer son attractivité.

Édouard Geffray met également en avant la création de la LPE, qui a attiré dès cette année plus de 87 000 candidatures pour 8 000 places. Il considère que cette dynamique montre une remontée progressive de l’attractivité et la volonté de reconstruire une véritable filière de formation.

Un effet positif malgré des académies encore en difficulté

Pour Aurélie Gagnier, secrétaire générale du Snuipp-FSU, interrogée par AEF info le 1er juillet 2026, la hausse de 5,2 points du taux de couverture des différents CRPE constitue un signal particulièrement encourageant.

Elle estime que le repositionnement du concours à bac+3, défendu par son organisation syndicale, produit déjà des effets sur l’attractivité du métier. Selon elle, le concours à bac+5 avait pour conséquence d’écarter une partie des candidats, tandis qu’un concours organisé plus tôt dans le parcours permet de rendre l’accès au métier de professeur des écoles plus accessible.

La représentante syndicale souligne néanmoins que certaines académies ne comptaient pas en moyenne deux candidats admissibles par poste. Cette situation explique en partie pourquoi certaines d’entre elles n’ont pas réussi à pourvoir tous les postes proposés.

Caroline Brisedoux, co-secrétaire générale de la CFDT-EFRP, constate également un effet positif sur le vivier de candidats. Elle nuance toutefois ce constat en rappelant qu’une partie de ce vivier ne pourra pas être renouvelée, notamment parmi les contractuels qui ne détenaient pas de diplôme à bac+5.

Elle reconnaît donc une amélioration, tout en estimant qu’il faudra observer cette dynamique dans la durée pour mesurer les effets réels de la réforme sur le recrutement.

La représentante syndicale indique aussi avoir demandé à la DGRH des données genrées sur les résultats des concours, dans un contexte où la profession continue de se féminiser. Elle souhaite également disposer d’informations sur les licences d’origine des candidats afin de déterminer si les mêmes filières restent les principales sources de recrutement pour les concours du premier degré.

Des inquiétudes autour des listes complémentaires

Caroline Brisedoux s’interroge par ailleurs sur le choix de nombreuses académies de ne pas constituer de liste complémentaire. Matthieu Drouhin, co-secrétaire général du SE-Unsa, partage cette préoccupation.

D’après les remontées de son organisation, le nombre de candidats placés sur liste complémentaire aurait fortement diminué. Une évolution jugée préoccupante au regard des besoins constatés sur le terrain, notamment lorsque des postes deviennent vacants en cours d’année.

Le représentant syndical rappelle que ces situations sont fréquentes et estime que la possibilité de recruter des candidats sur liste complémentaire pendant seulement un mois, comme le prévoit le décret de 2025, risque de créer des difficultés. La même question se pose lorsque des professeurs choisissent de partir à la retraite à la fin de l’année.

Au-delà des résultats des différents concours, les organisations syndicales s’accordent sur un point : la réforme de la formation des enseignants ne constitue, selon elles, qu’un levier parmi d’autres pour renforcer durablement l’attractivité du métier.

Elles estiment que les enjeux liés à la rémunération et aux conditions de travail devront également être pris en compte pour répondre aux difficultés de recrutement et stabiliser les effectifs dans la durée.

(1) Le taux de couverture correspond au rapport entre le nombre de candidats admis et le nombre de postes proposés au concours.

SOURCE : AEFINFO

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