Course mondiale à l'IA : États-Unis, Chine, France... qui investit davantage ?

La Corée du Sud a annoncé lundi un plan d’investissement dans l’intelligence artificielle représentant l’équivalent de 800 milliards d’euros. Face à un montant aussi spectaculaire, la décision du gouvernement français de consacrer 655 millions d’euros au secteur peut paraître plus modeste. Mais à l’échelle mondiale, quels pays disposent réellement des plus grandes capacités d’investissement dans l’IA ?
Une course mondiale aux investissements records
La course aux investissements géants dans l’intelligence artificielle (IA) est engagée. En intégrant les infrastructures nécessaires à son développement, les sommes mobilisées atteignent entre 900 milliards et 1 300 milliards en 2025, selon un rapport de l’Université de Stanford. Modèles d’IA, énergie bon marché, centres de données, puissance de calcul : un nouveau marché mondial se structure.
Les États-Unis ont enregistré 285,9 milliards de dollars d’investissements en 2025, et certaines filières pourraient doubler leurs investissements cette année. « Stargate », le plus important projet d’infrastructure d’IA au monde, prévoit à lui seul 500 milliards de dollars de financements d’ici 2029. Le pays compte 5 400 centres de données, soit dix fois plus que le deuxième mondial. Les géants du numérique concentrent déjà une large partie des informations et infrastructures, au bénéfice d’OpenAI, Google DeepMind, Anthropic et Nvidia.
La Chine, un concurrent encore sous-estimé
La Chine prévoit de mobiliser 295 milliards de dollars dans son plan quinquennal 2026-2030. Si l’écart avec les États-Unis semble important, son modèle DeepSeek a prouvé qu’il pouvait concurrencer des solutions américaines comme ChatGPT pour un coût vingt fois inférieur : six millions de dollars pour DeepSeek, contre plus d’une centaine de millions pour GPT-4. La Chine dispose aussi de 450 centres de données et d’une forte autonomie industrielle, puisque 80 % de ses équipements proviennent de fournisseurs locaux plutôt que de groupes étrangers.
La Corée du Sud domine les composants essentiels à l’IA
La Corée du Sud engage des moyens considérables, avec 800 milliards de dollars d’investissements prévus sur dix ans. Le pays occupe aussi une position majeure dans les semi-conducteurs, avec 50 % du marché mondial. Ces composants sont indispensables aux centres de données et aux serveurs : sans eux, pas d’intelligence artificielle.
Le pays a annoncé lundi l’ouverture de quatre nouvelles usines de production, représentant 520 milliards de dollars d’investissements portés notamment par Samsung Electronics et SK Hynix. S’ajoutent 356 milliards de dollars pour de nouveaux centres de données dédiés à l’IA et 70 milliards d’investissements publics. Il s’agit déjà du troisième plan massif annoncé cette année par la Corée du Sud dans l’intelligence artificielle.
L’Europe tente de renforcer sa souveraineté numérique
La France cherche à s’imposer comme l’une des principales figures européennes dans les modèles d’intelligence artificielle. La valorisation boursière de la licorne MistralAI, supérieure à 10 millions d’euros, illustre cette dynamique. Le français Chapsvision, spécialisé dans les logiciels d’IA appliqués à la sécurité, se positionne comme une alternative aux grands acteurs américains.
Le sommet Choose France 2026 a permis d’annoncer entre 12 et 35 milliards de dollars d’investissements étrangers dans des projets liés à l’intelligence artificielle. D’ici à 2031, le groupe japonais Softbank prévoit 51 milliards de dollars d’investissements pour construire des centres de données dans les Hauts-de-France.
Le Royaume-Uni a attiré 4,5 milliards de dollars d’investissements privés dans l’IA en 2025, un montant en progression. Plusieurs lois ont été adoptées pour faciliter le déploiement des logiciels d’intelligence artificielle et leur adaptation au secteur financier. Toutefois, la majorité de ces investissements reste portée par des entreprises américaines.
L’Allemagne prévoit, de son côté, entre 10 et 15 milliards de dollars d’investissements dans l’IA dans un plan prévu de 2027 à 2029. Le pays se distingue aussi comme le leader européen du stockage de données, avec 530 centres. Plutôt que de participer directement à la course mondiale aux modèles d’IA, l’Allemagne concentre ses efforts sur la modernisation de ses industries et l’automatisation progressive de ses usines dans une logique d’industrie « 4.0 ».

SOURCE : VOSGESMATIN

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