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ÉDUCATION
2
June 2025

Elle soupçonne sa professeure d’avoir utilisé une IA et réclame le remboursement de ses cours

Interdite aux étudiants, utilisée par les enseignants ? Aux États-Unis, plusieurs élèves dénoncent l’usage dissimulé de ChatGPT par leurs professeurs. Une pratique qui relance un débat éthique sur la place de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur.

En février, Ella Stapleton, étudiante à l’université Northeastern de Boston, repère une phrase étrange dans ses notes de cours : « Développe tous les angles. Sois plus complet et précis. » Une instruction à l’intention de ChatGPT, insérée par mégarde dans le document. Officiellement, l’usage de l’IA est proscrit dans ce cours. Mais pour Ella, cela ne fait aucun doute : son enseignante a utilisé l’outil. Elle dépose une réclamation et réclame même le remboursement du cours, soit plus de 8 000 dollars, selon Courrier International.

L’IA, outil discret… ou trop visible

Comme Ella, de plus en plus d’étudiants dénoncent une hypocrisie grandissante. Sur des forums comme Rate My Professors, certains traquent les tournures automatiques, les fautes incohérentes, les visuels générés artificiellement ou encore les barèmes de correction inhabituels. Marie, 22 ans, découvre même un échange entre sa professeure et ChatGPT publié par erreur avec sa copie corrigée. « Je me suis dit qu’elle n’avait pas lu un mot de ce que j’avais écrit », témoigne-t-elle dans les colonnes du New York Times.

Une confiance fragilisée

L’arrivée de l’intelligence artificielle dans les salles de cours bouleverse les fondements du contrat pédagogique. Si des outils comme ChatGPT peuvent soulager les enseignants d’une partie de leur charge, comme le rappelle L’Express, leur usage flou, voire dissimulé, alimente un malaise profond chez les étudiants. « On paie pour un regard humain, pas pour une réponse générée », résume Marie. Cette opacité favorise une méfiance généralisée : les étudiants examinent chaque diapositive, doutent de chaque commentaire. Le lien professeur-élève, basé sur la confiance, l’interaction et l’expertise, s’en trouve menacé.

Un débat encore flou

Pour Paul Shovlin, professeur à l’université de l’Ohio et expert en IA, l’enjeu n’est pas de bannir ces outils mais de former enseignants et étudiants à un usage éclairé : « S’ils se plantent, ils risquent le licenciement », explique-t-il au New York Times. Il considère que l’IA peut véritablement enrichir l’apprentissage, à condition de ne pas remplacer l’analyse humaine. Le problème n’est pas l’outil en lui-même, mais ce que chacun choisit d’en faire… et ce que certains préfèrent dissimuler. Car c’est la légitimité du savoir qui est en jeu, celle d’un savoir transmis d’humain à humain. Une légitimité fragilisée par l’ombre d’un outil, même s’il est ponctuellement utilisé.

SOURCE : OUEST FRANCE

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