Formation des enseignants, rythmes scolaires, écrans : les pistes pour faire progresser la France dans Pisa

Les résultats de Pisa 2025 montrent une nouvelle baisse du niveau des élèves français, particulièrement en lecture et en mathématiques. Pour inverser cette tendance, un rapport du Conseil d’analyse économique met en avant plusieurs leviers : renforcer la formation des enseignants, mieux accompagner les élèves en difficulté, stabiliser les réformes scolaires, revoir certains rythmes et mieux encadrer l’usage des écrans.
Les résultats français à Pisa atteignent un niveau particulièrement bas. En compréhension de l’écrit, la France perd 18 points. En mathématiques, le recul atteint 35 points en dix ans, ce qui correspond à près de deux années d’apprentissage.
Les résultats en sciences restent en revanche stables.
La France n’est pas le seul pays concerné puisque les performances reculent également dans l’ensemble de l’OCDE. Aujourd’hui, un élève français sur cinq rencontre des difficultés dans les trois disciplines évaluées.
Le Conseil d’analyse économique s’est notamment intéressé aux politiques mises en œuvre dans des territoires ayant réussi à améliorer leurs performances, comme le Portugal, l’Angleterre ou le Mississippi aux États-Unis.
Renforcer la formation continue des enseignants
Parmi les principales pistes avancées figure la formation des professeurs.
Le rapport recommande 80 heures de formation obligatoire par an pour les enseignants du primaire, contre 18 heures actuellement en France.
Dans certains pays obtenant de meilleurs résultats, ce volume peut même atteindre une centaine d’heures annuelles.
Éric Charbonnier, expert de l’OCDE chargé des questions d’éducation, souligne que la France fait partie des pays où la formation continue des enseignants est la moins développée, particulièrement au collège et au lycée.
Le Conseil d’analyse économique recommande également de renforcer le tutorat ciblé pour mieux accompagner les élèves les plus fragiles.
Plus largement, Éric Charbonnier appelle à réfléchir au métier d’enseignant dans son ensemble, en abordant non seulement les rémunérations mais également la formation et les possibilités de mobilité.
Mieux identifier les méthodes pédagogiques efficaces
Le rapport propose également de mieux encadrer les outils pédagogiques.
Les manuels scolaires pourraient notamment être labellisés selon des critères précis afin de diffuser plus largement les méthodes ayant démontré leur efficacité.
Éric Charbonnier estime également que la France dispose de nombreuses données sur son système éducatif, mais qu’elles ne sont pas suffisamment utilisées pour identifier les établissements qui obtiennent de bons résultats et comprendre les pratiques mises en place par leurs enseignants.
Ces méthodes pourraient ensuite être davantage partagées avec les autres établissements.
Repenser les rythmes scolaires et stabiliser les réformes
La question du temps scolaire fait également partie des pistes évoquées.
Éric Charbonnier souligne que les programmes français sont particulièrement chargés et que l’année scolaire est très concentrée, notamment à l’école élémentaire avec une semaine organisée sur quatre jours dans de nombreux établissements.
Il regrette également les changements réguliers de politique sur les rythmes scolaires.
Les élèves évalués dans Pisa en 2025 ont notamment connu successivement la réforme des quatre jours et demi puis le retour aux quatre jours.
Pour l’expert de l’OCDE, il serait préférable d’évaluer les dispositifs déjà mis en œuvre avant de lancer de nouvelles réformes ou de revenir régulièrement sur les précédentes.
Il estime que de nombreux dispositifs ont été créés depuis 2012 sans toujours faire l’objet d’une véritable évaluation permettant de déterminer leur efficacité.
La taille des classes n’est pas la priorité
Concernant le nombre d’élèves par classe, Éric Charbonnier considère que cette question ne constitue pas le principal facteur permettant d’expliquer la baisse des performances.
Selon lui, les moyens devraient être prioritairement consacrés à la rémunération des enseignants et à la qualité de l’enseignement.
Les réductions d’effectifs pourraient en revanche être davantage ciblées sur les établissements rencontrant les plus grandes difficultés.
Encadrer davantage l’usage des écrans
L’utilisation des écrans et des réseaux sociaux est également interrogée.
Pour Éric Charbonnier, ils ne constituent pas l’unique explication à la baisse des résultats, mais leur utilisation doit être mieux encadrée.
Les pays obtenant les meilleurs résultats ont généralement mis en place des règles précises concernant l’usage des écrans à l’école, allant parfois jusqu’à leur interdiction.
L’objectif serait de permettre une utilisation plus pertinente des outils numériques dans les établissements.
L’expert souligne également que la question des écrans concerne les familles. Les résultats de Pisa montrent notamment une baisse de l’implication parentale entre 2022 et 2025, les parents déclarant moins souvent s’intéresser à ce qui se passe à l’école.
L’amélioration des résultats scolaires ne dépend donc pas uniquement de ce qui se déroule en classe, mais également de l’environnement plus global dans lequel évoluent les élèves.

SOURCE : RTL

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