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ÉDUCATION
15
September 2026

IA, réseaux sociaux, soutien familial : pourquoi le niveau des élèves baisse-t-il selon Pisa ?

Les résultats de l’enquête Pisa 2025 montrent une nouvelle baisse des performances scolaires dans de nombreux pays de l’OCDE, dont la France. Compréhension de l’écrit, mathématiques, sciences : plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette évolution. Déclin du soutien familial, distractions numériques, réseaux sociaux ou encore recours croissant à l’intelligence artificielle font partie des pistes étudiées, sans qu’une cause unique puisse expliquer à elle seule le recul observé.

Une baisse qui dépasse largement le cas français

Les résultats de Pisa 2025 montrent que le recul des performances scolaires ne concerne pas uniquement la France.

Dans de nombreux pays de l’OCDE, les résultats des élèves diminuent en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

En France, les performances moyennes sont inférieures à celles de 2022 dans ces deux domaines, tandis qu’elles restent globalement stables en sciences.

Sur une période plus longue, le constat est encore plus marqué : les résultats obtenus en 2025 figurent parmi les plus faibles enregistrés par la France depuis le lancement de Pisa et sont nettement inférieurs à ceux observés en 2015.

Le soutien familial recule fortement

Parmi les évolutions mises en avant par l’OCDE figure le recul de l’implication familiale perçue par les élèves.

Cette tendance est observée dans la quasi-totalité des pays participant à Pisa et apparaît également nettement en France.

En 2025, 63 % des élèves français déclarent que leurs parents ou leurs tuteurs leur demandent au moins une fois par semaine ce qu’ils ont fait pendant leur journée à l’école.

Ils étaient 74 % à donner cette réponse en 2022.

De même, seuls 34 % des élèves indiquent discuter au moins une fois par semaine avec leurs parents des problèmes rencontrés à l’école, contre 48 % trois ans auparavant.

L’intérêt porté directement aux apprentissages recule également. Selon les données Pisa, moins d’un élève français sur deux estime qu’un parent s’intéresse régulièrement à ce qu’il apprend à l’école, alors que cette proportion était plus élevée lors de l’édition précédente.

Les écrans et les réseaux sociaux interrogent

L’utilisation croissante des outils numériques constitue une autre piste étudiée pour comprendre la baisse des performances.

L’OCDE souligne qu’un usage limité ou modéré des appareils numériques à des fins pédagogiques peut être associé à de meilleurs résultats.

En revanche, lorsque ces appareils sont utilisés pour les loisirs pendant le temps scolaire, les performances sont généralement moins bonnes.

Dans les pays de l’OCDE, 28 % des élèves déclarent notamment que leurs camarades sont distraits par des appareils numériques pendant la majorité ou la totalité des cours de sciences.

Les réseaux sociaux et les smartphones peuvent ainsi entrer en concurrence avec les apprentissages en sollicitant régulièrement l’attention des adolescents.

Pour autant, les données Pisa ne permettent pas de présenter le numérique comme l’unique responsable de la baisse du niveau scolaire. Plusieurs facteurs doivent être analysés conjointement.

L’intelligence artificielle entre dans les pratiques scolaires

L’intelligence artificielle générative occupe également une place croissante dans le travail des élèves.

En France, 37 % des jeunes interrogés déclarent utiliser au moins une fois par semaine un chatbot reposant sur l’intelligence artificielle pour les aider à apprendre.

Ils sont 29 % à l’utiliser pour effectuer une première recherche sur un sujet, 21 % pour résumer un texte qu’ils doivent lire et 23 % pour rédiger des textes dans le cadre d’exercices scolaires.

Seuls 15 % des élèves français déclarent ne jamais ou presque jamais utiliser ces outils pour les différentes tâches scolaires étudiées par Pisa.

Cette utilisation ne signifie toutefois pas automatiquement que l’IA dégrade les apprentissages.

L’OCDE relève au contraire que les élèves qui apprennent à évaluer les informations produites par l’intelligence artificielle et qui disposent d’un accompagnement adapté peuvent obtenir de bons résultats.

La question porte donc davantage sur la manière dont ces technologies sont utilisées que sur leur présence en elle-même.

Davantage d’absentéisme et de retards

Les comportements scolaires constituent également un élément à prendre en compte.

En France, 18 % des élèves déclarent avoir manqué au moins une journée entière de cours au cours des deux semaines précédant l’enquête Pisa 2025.

Cette proportion était de 13 % en 2022.

Par ailleurs, 27 % indiquent avoir séché au moins un cours et 54 % être arrivés en retard à l’école au moins une fois durant cette même période.

Ces chiffres témoignent d’un rapport à la scolarité qui peut également peser sur les apprentissages et les performances des élèves.

Les élèves favorisés reculent également

L’enquête montre aussi que la diminution des écarts entre catégories sociales ne traduit pas nécessairement une amélioration des résultats des élèves les plus défavorisés.

Entre 2022 et 2025, la réduction de certaines différences de performances selon l’origine socio-économique s’explique principalement par une baisse plus forte des résultats des élèves favorisés.

Autrement dit, les écarts se réduisent en partie parce que les élèves auparavant les plus performants enregistrent eux aussi une dégradation de leurs résultats.

Cette évolution confirme que le recul observé ne peut pas être expliqué uniquement par les inégalités sociales ou les difficultés rencontrées par certains publics.

Plusieurs facteurs plutôt qu’une cause unique

Soutien familial, utilisation des écrans, intelligence artificielle, absentéisme, attention ou encore évolution des pratiques d’apprentissage : aucune de ces explications ne suffit à elle seule à rendre compte de la baisse générale observée dans Pisa.

Les résultats montrent plutôt une combinaison de transformations scolaires, familiales, sociales et numériques.

L’OCDE insiste ainsi sur l’importance d’un environnement favorable aux apprentissages, combinant l’implication des familles, le soutien des enseignants, des usages numériques encadrés et des conditions scolaires permettant aux élèves de rester concentrés.

L’enjeu consiste donc moins à identifier un responsable unique qu’à comprendre comment l’ensemble de ces évolutions peut affecter progressivement les apprentissages des adolescents.

SOURCE : FRANCEINFO

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