Le gouvernement veut instaurer une heure hebdomadaire consacrée à l’IA pour les élèves de seconde

Un enseignement dédié à l’intelligence artificielle dès la rentrée 2027
À compter de la rentrée scolaire 2027, tous les élèves de seconde suivront un enseignement spécifiquement consacré à l’intelligence artificielle. Cette formation représentera une heure hebdomadaire intégrée au programme de sciences numériques et technologie (SNT). L’annonce a été faite par le Premier ministre sur le réseau social X, le vendredi 19 juin 2026, à l’occasion du salon Vivatech.
Selon le chef du gouvernement, cet enseignement abordera plusieurs thématiques essentielles liées à l’IA : le fonctionnement des modèles, leurs usages, les questions éthiques qu’ils soulèvent, les enjeux de souveraineté numérique ainsi que le développement de l’esprit critique face aux manipulations de l’information et à la diffusion de fausses nouvelles. Pour Sébastien Lecornu, l’école a la responsabilité de préparer les jeunes générations aux transformations du monde à venir.
Cet enseignement consacré à l’intelligence artificielle sera intégré au cours de sciences numériques et technologie.
Former des citoyens autonomes dans un monde numérique
Le gouvernement explique que cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à former les élèves à l’intelligence artificielle tout en limitant leur exposition excessive aux écrans. Ces deux objectifs répondent, selon l’exécutif, à une même ambition : permettre aux jeunes de devenir des citoyens libres, responsables et autonomes, capables d’évoluer dans un environnement numérique de plus en plus complexe.
Le Premier ministre estime également que cette démarche participe directement au renforcement de la souveraineté collective du pays, en donnant aux futurs citoyens les compétences nécessaires pour comprendre et maîtriser les technologies qui façonnent désormais la société.
Une initiative qui prolonge les précédentes mesures gouvernementales
Cette annonce intervient deux ans après la décision prise par Élisabeth Borne de rendre obligatoire une formation en ligne à l’intelligence artificielle pour les élèves de quatrième et de seconde. Cette formation s’appuie sur un parcours proposé par Pix.
Son objectif est de permettre aux élèves d’acquérir les bases du prompting, c’est-à-dire la formulation d’instructions destinées aux outils d’intelligence artificielle. Elle vise également à leur faire comprendre les principaux modes d’apprentissage des IA, leur fonctionnement général ainsi que les enjeux qui les accompagnent, notamment en matière de biais algorithmiques, de gestion des données personnelles et d’impact environnemental.
Des interrogations sur la place de cette nouvelle heure dans l’emploi du temps
Si plusieurs acteurs du monde éducatif reconnaissent l’importance de former les jeunes à une utilisation réfléchie de l’intelligence artificielle, certaines interrogations demeurent quant à la mise en œuvre concrète de cette mesure.
Interrogée par l’AFP, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, considère qu’il est indispensable d’apporter aux élèves une compréhension critique de l’IA, ce qui relève pleinement de la mission de l’école. Elle estime toutefois que l’établissement scolaire ne doit pas devenir un lieu où les élèves seraient davantage exposés à ces technologies.
Elle demande par ailleurs des précisions concernant l’organisation de cet enseignement. En effet, le cours de sciences numériques et technologie dispose actuellement d’un volume horaire de seulement 1 h 30 par semaine. Dans ce contexte, elle s’interroge sur la manière dont une heure hebdomadaire consacrée à l’intelligence artificielle pourrait être intégrée sans déséquilibrer l’ensemble du programme.
Les syndicats réclament des précisions
Le Snalc partage également ces préoccupations. Dans un communiqué publié le 20 juin, le syndicat souligne la difficulté de consacrer une heure entière à l’intelligence artificielle au sein d’un enseignement dont la durée totale n’est que d’1 h 30 par semaine.
Il rappelle que le programme actuel de sciences numériques et technologie est déjà particulièrement dense, avec des thèmes tels que l’Internet, le Web, les données numériques et leur traitement. Pour le syndicat, il apparaît difficile d’ajouter un nouveau volet aussi important sans révision globale du contenu pédagogique.
Le Snalc demande ainsi que l’enseignement de l’intelligence artificielle repose sur un volume horaire clairement identifié et réellement adapté aux ambitions affichées, plutôt que sur une répartition jugée artificielle au sein des horaires existants.

SOURCE : AEF INFO

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