Les journées portes ouvertes : séduire et rassurer

Les Journées Portes Ouvertes (JPO) ne sont plus de simples temps durant lesquels les établissements ouvrent leurs portes au public. Elles ont profondément évolué, passant d’un rendez-vous essentiellement informatif à un véritable dispositif stratégique de recrutement. Aujourd’hui, ces événements constituent même, pour près d’un tiers des jeunes, le premier facteur de renseignement sur une formation, selon le baromètre Parcoursup. Cet article analyse les enjeux actuels des JPO, leur évolution vers des formats immersifs, l’importance du networking dans leur réussite, ainsi que l’apport croissant des ateliers et de la gamification.
L’enjeu : séduire les élèves et rassurer les parents
L’enjeu des Journées Portes Ouvertes est double : séduire les futurs étudiants tout en rassurant leurs parents. Les candidats viennent en effet le plus souvent accompagnés de leur famille, dont le rôle est déterminant dans le processus de décision. L’objectif ne se limite donc plus à transmettre des informations pratiques, mais consiste à créer une expérience marquante, permettant aux visiteurs de trouver la « confirmation intime de leur choix d’orientation », comme l’explique Camille Trzaska, directeur marketing, recrutement et admissions à l’ESSEC.
Pour répondre aux attentes de jeunes générations habituées aux formats courts, les écoles doivent proposer des contenus « snackables », selon l’expression d’Anne-Sophie Valla (Sup de Pub Lyon), ainsi que des présentations concises et impactantes. En parallèle, il est indispensable de rassurer les parents à travers des éléments concrets, notamment sur les perspectives de professionnalisation, les dispositifs d’alternance, le financement des études ou encore les services liés à la vie étudiante. Tony Thuillier, directeur marketing de Y Schools, souligne que cette offre globale constitue un véritable « élément de réassurance majeur pour les familles ».
Des JPO pensées comme des expériences immersives
La JPO contemporaine s’inscrit désormais dans une logique d’expérience immersive, bien au-delà de la simple visite de locaux. L’objectif est de permettre aux visiteurs de se projeter dans leur future vie étudiante et de « ressentir l’ADN d’une école », comme le souligne Manon Barillon, responsable des admissions à l’EM Normandie.
Pour renforcer cette immersion, les établissements déploient des dispositifs spécifiques. À l’École Supérieure de Design de Y Schools, les étudiants travaillent durant une semaine à la scénographie des espaces, qu’ils font ensuite découvrir aux visiteurs. À l’IPSA, les JPO prennent la forme d’immersions dans l’univers de l’ingénierie aéronautique et spatiale, avec la possibilité de tester des simulateurs de Boeing 777 ou de Rafale.
Cette approche immersive permet de montrer « sans détour ce que l’on fait et comment on le fait », précise Sébastien Babouin, directeur promotions et concours du Pôle Léonard de Vinci. L’enjeu n’est pas de mettre en avant un simple « beau campus », mais de donner aux familles des éléments concrets pour se projeter.
L’importance des rencontres et du networking
Le succès d’une Journée Portes Ouvertes repose en grande partie sur la qualité des interactions et sur la création d’un lien authentique entre l’école et les candidats. « Rien ne remplace le fait d’entrer dans une école, d’échanger avec ceux qui y vivent au quotidien et d’en ressentir l’ambiance », observe Sébastien Babouin.
Pour favoriser ces échanges, les établissements mobilisent l’ensemble de leurs parties prenantes : enseignants, enseignants-chercheurs, équipes pédagogiques et administratives, étudiants actuels et alumni. À l’EM Normandie, des tables rondes sont organisées afin de permettre aux étudiants, collaborateurs et anciens élèves de témoigner de leurs parcours et des opportunités offertes par l’école. Ces retours d’expérience sont souvent perçus comme les plus riches et les plus crédibles par les visiteurs.
Katia Pallu, directrice de l’EFAP, souligne également le rôle central des alumni lors des rencontres dédiées aux parcours et aux métiers. L’intégration de partenaires externes, tels que des banques ou des agences immobilières, contribue par ailleurs à renforcer la dimension rassurante de l’événement. Certaines écoles, comme l’ESBanque, associent même leurs JPO à des dispositifs de recrutement, à l’image du job dating, afin de proposer une expérience complète.
L’atout des ateliers et de la gamification
Les candidats attendent aujourd’hui des formats dynamiques et participatifs. Les ateliers interactifs et les dispositifs ludiques constituent donc des leviers puissants pour capter l’attention et favoriser l’engagement.
Les ateliers pratiques permettent aux visiteurs de découvrir concrètement le savoir-faire de l’école. À l’EFAP et à Brassart, les futurs étudiants participent à des ateliers de dessin, de perspective, de communication ou de marketing, et repartent parfois avec une création personnelle. L’ESLSCA propose, de son côté, des mises en situation en finance, trading ou commerce international.
La dimension technologique prend également une place croissante. Le Pôle Léonard de Vinci organise des ateliers autour de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle, tandis que l’IPSA permet la manipulation de drones et l’accès à son FabLab, le SkyLab. L’ESIEA va encore plus loin en proposant aux visiteurs de relever le défi d’une course robotique avec l’ESIEA Bot. Maëlle Havel, responsable de la promotion, indique que l’école envisage même de développer prochainement un escape game pour enrichir cette dimension ludique.
Conseils et erreurs à éviter
La réussite d’une JPO repose autant sur sa préparation que sur son déroulé. Mélissa Albarède, responsable communication de 3iL Ingénieurs, insiste sur l’importance de travailler en amont les bases de contacts et de personnaliser les invitations, en créant un teasing attractif qui donne envie de se déplacer.
Le jour J, certains écueils doivent être évités : visites trop longues, discours excessivement institutionnels ou manque d’animation dans les espaces. Adrien Auque, responsable promotion et recrutement du groupe ESSCA, recommande de limiter les présentations institutionnelles afin de privilégier les échanges informels. Selon lui, il est essentiel de « faire ressentir fidèlement, et sans artifices, ce qui attend réellement les futurs étudiants ». L’accueil et la disponibilité des équipes sont alors déterminants.
Enfin, le suivi post-JPO joue un rôle clé dans l’engagement des candidats. Pascal Montgaillard, directeur communication de l’ESBanque, souligne l’importance de l’expérience vécue avant, pendant et après l’événement, notamment grâce à un suivi individualisé et à des dispositifs de coaching. L’EM Normandie propose ainsi des cours en immersion, des oraux blancs et du coaching, transformant la JPO en un véritable point de départ du parcours de sélection.

SOURCE : LE FIGARO

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