Mixité scolaire : le Sgec se dit prêt à ouvrir des classes là où il est trop peu présent

« Il y a encore du travail de part et d’autre pour relever le défi de la mixité scolaire », estime Guillaume Prévost, secrétaire général du Sgec, lors de la conférence de presse de rentrée de l’organisation, le 10 septembre 2026. Il reconnaît un bilan « très mitigé » du protocole signé avec le ministère de l’Éducation nationale en 2023, mais souhaite progresser sur plusieurs points : améliorer la mesure de la mixité sur le terrain, éviter la sélection par le niveau et ouvrir davantage de classes dans les territoires où l’enseignement catholique reste peu présent.
Guillaume Prévost rappelle que les établissements catholiques participent au service public de l’éducation et doivent donc prendre part aux grandes orientations nationales.
Il refuse toutefois que la mixité soit imposée uniquement « par le haut » et souhaite préserver le libre choix des familles.
Le secrétaire général du Sgec est notamment revenu sur le protocole signé avec le ministère de l’Éducation nationale en mai 2023 pour favoriser la diversité sociale dans les établissements privés sous contrat.
Cet accord prévoyait notamment des frais d’inscription adaptés aux revenus des familles, une augmentation du nombre de boursiers et la création d’une base de données destinée à mieux informer sur les frais de scolarité, la restauration ou encore le taux de boursiers.
Un bilan encore très mitigé sur la mixité scolaire
Guillaume Prévost reconnaît que les résultats du protocole de 2023 restent « très mitigés ».
Il estime néanmoins que la majorité des établissements respectent leurs engagements concernant les contributions financières différenciées selon les revenus des familles.
Le Sgec souhaite également améliorer la qualité des données transmises au ministère.
Guillaume Prévost reconnaît que les informations actuellement remontées par les établissements sont encore insuffisantes et indique qu’un travail est mené avec la Fédération nationale des Ogec et les organisations professionnelles.
Il souligne toutefois que la charge administrative supportée par les chefs d’établissement complique la collecte de ces données.
Mieux prendre en compte les aides sociales
Le Sgec souhaite également travailler avec l’Apel sur l’accès des familles aux aides sociales accordées par les collectivités.
Guillaume Prévost estime qu’il est injuste que certaines familles scolarisant leurs enfants dans le privé ne puissent pas bénéficier des mêmes aides, notamment pour la restauration scolaire.
Il cite notamment le cas de Paris, où des familles modestes scolarisées dans le privé peuvent ne bénéficier d’aucune aide pour la cantine.
Pour lui, la solidarité accordée aux familles ne devrait pas dépendre du type d’établissement choisi.
Éviter la sélection par le niveau avant la troisième
Guillaume Prévost affirme également qu’il ne doit pas exister de sélection selon le niveau scolaire avant la classe de troisième.
Il reconnaît que l’enseignement catholique doit encore agir pour garantir que ce principe soit réellement respecté partout.
La question se pose notamment dans les territoires où la concurrence entre établissements est particulièrement forte.
Selon lui, cette situation peut parfois se faire au détriment des besoins des élèves, notamment en raison des différences d’information dont disposent les familles.
Ouvrir des classes dans les territoires où l’offre est insuffisante
Le Sgec évoque également la question de la ségrégation résidentielle.
Pour Guillaume Prévost, le recul de la mixité scolaire est davantage lié à la répartition résidentielle des populations qu’à l’offre de l’enseignement privé sous contrat.
Il souligne notamment que de nombreux établissements catholiques des grandes villes sont historiquement implantés dans les centres-villes.
Le Sgec souhaite donc développer davantage son offre dans les petites couronnes et dans les territoires où les établissements catholiques sont encore peu présents.
Guillaume Prévost se dit même prêt, dans certains cas, à fermer des classes complètes dans des zones comme Paris afin de réallouer les moyens vers d’autres territoires.
Il regrette néanmoins le manque d’interlocuteurs sur ces questions et estime que les difficultés liées au foncier constituent un frein important.
Il cite notamment la loi Falloux, qui limite les possibilités d’intervention des collectivités dans le financement de nouveaux établissements privés.
Le Sgec souhaite également davantage investir le primaire et la petite enfance dans les zones en difficulté.
À Lille, le coût de la cantine freine certaines familles
Dans l’académie de Lille, Olivier Deltour, directeur diocésain de l’enseignement catholique, estime que la mixité est réelle dans les établissements, notamment grâce à la présence importante des lycées professionnels.
Il souligne toutefois que le coût de la restauration scolaire constitue un frein important pour certaines familles.
Selon lui, certaines renoncent à inscrire leurs enfants dans l’enseignement privé en raison de ces frais, tandis que d’autres rencontrent des difficultés financières au cours de l’année.
Le directeur diocésain appelle donc les collectivités à intervenir davantage sur la restauration scolaire.
Il cite notamment l’exemple de Tourcoing, où une aide est accordée aux familles ayant des enfants scolarisés dans une école privée en fonction de leur quotient familial.
Des écarts d’IPS encore importants entre public et privé
L’enseignement catholique de Lille indique également concentrer davantage de moyens dans les territoires où l’indice de position sociale est le plus faible.
C’est notamment le cas à Roubaix, Tourcoing, Lille et dans le Dunkerquois, où neuf collèges privés affichent un IPS inférieur à 92.
Les écarts entre enseignement public et privé restent toutefois importants.
Dans l’académie de Lille, l’IPS moyen des collèges privés sous contrat atteignait 120,6 en 2025-2026, contre 91,9 pour les collèges publics.
Dans les lycées professionnels, l’écart est plus réduit mais reste marqué : l’IPS moyen atteint 98,4 dans le privé sous contrat, contre 79,6 dans le public.

SOURCE : AEFINFO

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