Nouvelle-Aquitaine : une nouvelle charte pour encadrer l’orientation des jeunes

Le conseil régional et la région académique de Nouvelle-Aquitaine ont élaboré une série de principes destinés aux structures qui accompagnent les collégiens et lycéens dans leur orientation, jusqu’à leur entrée sur le marché du travail. Pour bénéficier du soutien institutionnel, ces acteurs devront respecter une nouvelle charte diffusée à la rentrée 2026. Le plan « SPRO Jeunes » prévoit également un agenda commun des événements, une évolution des salons d’orientation et une refonte de la documentation régionale.
À la rentrée 2026, une charte régionale consacrée aux actions du service public régional de l’orientation, depuis le collège jusqu’à la première insertion professionnelle, sera diffusée en Nouvelle-Aquitaine. Elle concernera l’ensemble des structures qui accompagnent les jeunes dans la construction de leur projet d’études et de leur avenir professionnel.
Ce nouveau cadre a été élaboré par le conseil régional et la région académique de Nouvelle-Aquitaine, en collaboration avec le Carif-Oref Cap Métiers, qui exerce notamment une mission d’agence régionale pour l’orientation. Le document a également été soumis aux professionnels du secteur et amendé lors de leur troisième réunion régionale, organisée le 10 juillet à Pessac, dans les locaux de Cap Métiers.
Des principes communs pour appartenir au SPRO
Cette charte doit permettre de préciser les principes auxquels devront se conformer les actions relevant du service public régional de l’orientation, ou SPRO.
Les structures qui ne respecteraient pas les valeurs et les règles définies ne pourront pas se présenter comme appartenant à ce service public régional. Elles ne pourront pas non plus bénéficier des moyens qui lui sont associés, notamment de la promotion de leurs événements par les différents canaux institutionnels.
L’objectif est donc de disposer d’un cadre commun pour garantir la qualité, la neutralité et l’accessibilité des actions d’orientation proposées aux jeunes et à leurs familles.
De nombreux acteurs concernés par la charte
En Nouvelle-Aquitaine, plusieurs structures sont considérées comme membres de droit du SPRO.
Pour l’État, il s’agit notamment du rectorat de région et de sa DRAIO, de la direction régionale de l’agriculture et de la forêt, de la direction interrégionale de la mer, des centres d’information et d’orientation ainsi que des services universitaires chargés de l’orientation et de l’insertion professionnelle.
La région et les trois chambres consulaires représentant l’agriculture, le commerce et l’industrie ainsi que l’artisanat font également partie du dispositif.
À ces acteurs s’ajoutent d’autres membres de droit intégrés par la région : le Carif-Oref, les missions locales, le centre régional d’information jeunesse, la direction territoriale de l’Onisep, les douze conseils départementaux et les six universités de Nouvelle-Aquitaine.
Le SPRO comprend également plusieurs partenaires associés. Parmi eux figurent les campus des métiers disposant du label régional « Talents et territoires », les 43 espaces régionaux d’information de proximité, les organisations patronales comme l’U2P, le Medef ou Les Entrepreneurs, ainsi qu’une vingtaine de structures associatives reconnues comme « tiers de confiance » en matière d’orientation.
La charte s’appliquera aux actions d’accueil et de première information sur les métiers et les formations, mais aussi à l’organisation de salons, forums, concours métiers, visites ou interventions dans les classes.
Elle concernera également l’accompagnement individuel et collectif destiné à aider les jeunes à construire leur projet, ainsi que la production d’informations sur l’orientation à destination des collégiens, lycéens et de leurs familles, y compris pour les choix effectués après le baccalauréat.
Plusieurs valeurs devront être respectées : égalité et universalité, proximité et gratuité, neutralité et objectivité, mixité et respect des personnes, accessibilité et non-discrimination, confidentialité et anonymat, mais également coopération entre professionnels et complémentarité des interventions.
Une orientation plus accessible et plus proche des jeunes
Concrètement, chaque jeune, quels que soient son âge, sa situation ou son lieu de résidence, devra pouvoir accéder à une information considérée comme utile, fiable et directement mobilisable pour construire son projet.
Il devra également pouvoir identifier facilement le professionnel capable de répondre à ses interrogations ou, lorsque cela est nécessaire, être orienté vers un interlocuteur plus adapté.
La charte prévoit que l’information proposée soit visible, compréhensible, complète, pertinente, gratuite et objective. Son contenu comme son format devront également être adaptés à l’âge du public concerné.
Les membres et partenaires du SPRO sont par ailleurs encouragés à mieux mutualiser leurs outils. Cette coopération doit notamment passer par la création d’un agenda partagé des événements et d’un répertoire des différents services disponibles.
Davantage travailler avec les acteurs locaux et les pairs
Les échanges organisés lors du salon SOPro ont aussi contribué à définir plusieurs recommandations.
Cet événement régional avait réuni plus de 1 000 professionnels de l’orientation en Nouvelle-Aquitaine lors de ses éditions 2023 et 2025.
Parmi les pistes retenues figure la volonté de développer les collaborations avec les acteurs locaux qui connaissent directement les jeunes et leurs familles. Clubs sportifs, centres socioculturels ou encore maisons de quartier pourraient ainsi être davantage associés aux démarches d’orientation, notamment pour toucher les publics les plus éloignés des dispositifs institutionnels.
La charte encourage également davantage l’information entre pairs. Les témoignages de jeunes ayant déjà suivi certaines formations ou découvert certains métiers peuvent contribuer à rendre les démarches d’orientation plus concrètes.
Les parcours immersifs devront aussi prendre davantage de place dans les salons dédiés à l’orientation.
Les acteurs sont invités à valoriser les immersions en entreprise plutôt que les discours trop prescriptifs et à présenter une diversité suffisamment large de métiers et d’activités, afin de ne pas enfermer les jeunes dans un nombre limité de choix.
Un agenda commun et de nouveaux formats de salons
Le plan d’action du SPRO « Jeunes », présenté lors de la troisième session SOPro en juillet, comprend quatre autres grandes mesures en complément de la charte.
La première concerne la création d’un agenda institutionnel régional regroupant les différents rendez-vous liés à l’orientation.
Cet « Open Agenda » doit pouvoir communiquer avec l’environnement numérique de travail des lycées, les portails de Cap Métiers et, à terme, avec la plateforme Avenir utilisée par les équipes éducatives des collèges et des lycées.
La deuxième mesure vise à revoir le fonctionnement des salons d’orientation. Ceux-ci devront respecter cinq grands principes : gratuité, développement de parcours immersifs, neutralité de l’information, équilibre entre formations publiques et privées et équité entre les différents territoires.
La documentation régionale consacrée à l’orientation doit également être entièrement repensée. Les supports « Après la 3e » et « Après le bac » seront notamment déclinés sur internet et au sein d’une application mobile.
Enfin, un comité éditorial régional sera créé. Quatre groupes de travail devront respectivement suivre la mise en œuvre de la charte, de l’agenda régional, des salons et de la nouvelle documentation.
Des maisons de l’orientation ou de l’éducation expérimentées
Le conseil régional et le rectorat souhaitent également expérimenter la création de « maisons de l’orientation ou de l’éducation ».
Cette idée est notamment portée par Jean-Louis Nembrini, ancien Dgesco et recteur, aujourd’hui vice-président du conseil régional chargé des lycées.
L’objectif est de faire davantage travailler ensemble les différents acteurs de l’orientation, plutôt que de maintenir des dispositifs fonctionnant séparément.
Le recteur de région, Jean-Marc Huart, partage cette approche. Il rappelle que cette volonté de coopération est également au cœur des rencontres SOPro, alors que réunir l’ensemble des acteurs de l’orientation autour d’une même démarche n’était pas évident au lancement du dispositif.
Dans un contexte de diminution des effectifs scolaires, les deux responsables considèrent également nécessaire de réfléchir à une évolution plus globale du rôle des lycées.
Les lycées pourraient devenir des guichets uniques
Selon Jean-Louis Nembrini, certains établissements pourraient être fragilisés à long terme par la baisse démographique s’ils restent uniquement centrés sur leurs activités de formation.
La région souhaite donc réfléchir à la possibilité d’y regrouper plusieurs services destinés à la jeunesse.
Les lycées pourraient par exemple accueillir des centres d’information et d’orientation, des missions locales, des campus connectés ou encore des associations.
Cette proposition a été présentée au Premier ministre dans le cadre de la concertation consacrée à la décentralisation. Elle aurait ensuite été reprise par le ministre Édouard Geffray ainsi que par le recteur Jean-Marc Huart.
Ce dernier estime notamment que les services publics de l’État doivent rester accessibles dans les territoires les plus isolés.
Afin de dépasser le simple stade de la réflexion, la région et le rectorat ont donc validé le principe d’une expérimentation sur une dizaine de sites.
Ces projets doivent permettre de coordonner localement plusieurs acteurs afin de proposer aux jeunes et à la population une offre de services adaptée aux spécificités de chaque territoire.
La Nouvelle-Aquitaine souhaite enfin développer une « communauté internationale d’intérêts » consacrée à l’orientation des jeunes les plus éloignés de l’accès à la promotion sociale.
Cette initiative doit être menée avec plusieurs territoires partenaires : le Québec au Canada, le land de Hesse en Allemagne et l’Aragon en Espagne.

SOURCE : aefinfo.fr

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