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ÉDUCATION
13
June 2024

Orientation : "l’appariement" entre les étudiants et les formations est "insatisfaisant" (Direction Générale du Trésor)

Pour améliorer l’efficacité du système d’orientation, "il faudrait donner plus de visibilité à certains parcours d’études et professionnels", analyse la revue Trésor-Eco de la DG du Trésor, qui se penche en juin 2024 sur "Les enjeux économiques de l’orientation scolaire et universitaire". Le constat : "L’appariement" entre les étudiants et les formations est "insatisfaisant" et "le coût total direct privé et public des réorientations, redoublements et sorties sans diplômes serait de l’ordre de 3 à 4 Md€". Une piste : rendre "plus dynamique" l’allocation des places dans l’enseignement supérieur.

L’appariement entre les étudiants et les formations est "insatisfaisant", analyse le numéro 344 de la revue Trésor-Eco de la Direction Générale du Trésor, intitulé "Les enjeux économiques de l’orientation scolaire et universitaire", publié le 4 juin 2024.

Les choix d’orientation actuels des élèves français ne s’appuient "pas autant qu’il serait possible et souhaitable sur des informations complètes et objectives". Les enjeux sont pourtant de taille.

En effet, les "défaillances" du processus d’orientation favorisent les ruptures ou l’allongement des parcours étudiants et conduisent à dispenser "des compétences moins adaptées à la demande de travail, ce qui se traduit par une moindre employabilité et des niveaux de rémunération plus faibles tout au long de la carrière", alerte la revue.

En outre, les échecs "allongent la durée des études et accroissent le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur, ce qui engendre des coûts élevés sans contrepartie". Par exemple, la dépense budgétaire "perdue" représente ainsi 500 M€ "uniquement pour la 1re année de licence", tandis que le coût total direct privé et public des réorientations, redoublements et sorties sans diplômes serait de l’ordre de 3 à 4 Md€".

Cet appariement "défaillant" entraîne aussi "un taux de chômage structurellement plus élevé, un surcroît d’emplois non pourvus" et une moindre productivité globale. Par exemple, "pour la cohorte d’entrants en licence en 2016, la perte d’offre de travail liée à l’obtention du diplôme avec un an ou deux ans de retard représente une année de 45 900 travailleurs potentiels".

Donner plus de visibilité aux formations

Que proposent les auteurs ? Pour améliorer l’efficacité du système d’orientation, il faudrait "donner plus de visibilité à certains parcours d’études et professionnels", et renforcer la confiance des candidats dans leur capacité à accéder à ces parcours. Ils plaident pour "la diffusion d’une information claire et lisible, un accompagnement humain plus présent dans les établissements, notamment via l’intervention d’exemples à suivre (role models)", de professionnels extérieurs et d’anciens élèves.

Donner une telle information permettrait de connaître l’existence des formations mais aussi "d’apprécier" les chances de les intégrer. "À titre d’exemple, l’affichage systématique des informations sur la probabilité de débouchés auprès des étudiants de l’université de Toulouse a réduit de 14 % le choix de filières où le signal envoyé était négatif", indique la revue.

Dynamiser l’allocation des places dans l’enseignement supérieur

Autre constat : "l’organisation et le calendrier des allocations de places, propres à chaque académie, empêchent un pilotage harmonisé ou coordonné" et ne sont pas et ne sont pas assez adaptés à la situation "présente et anticipée" du marché du travail. Les capacités "sont réparties en amont par délibération d’une commission dans chaque université dont la composition, d’après la Cour des comptes (lire sur AEF info), permettrait peu d’intégrer les enjeux d’insertion : ce seraient principalement les contraintes physiques et humaines qui déterminent les capacités d’accueil".

Mais "une orientation mieux adaptée aux perspectives d’insertion impliquerait un effort budgétaire pour les finances publiques", poursuivent les auteurs : "le coût annuel moyen pour les finances publiques d’un étudiant en mathématiques-ingénierie-sciences et technologie de l’information et de la communication (8 742 €) est le double de celui d’un étudiant en lettres-arts-langues (4 276 €)". Au final, "la carte des formations intègre insuffisamment les demandes des élèves et les besoins du marché du travail".

Que faudrait-il faire ? "Une allocation plus dynamique des places dans l’enseignement supérieur contribuerait à orienter de façon plus juste et efficace". Par exemple, la décision d’ouverture ou fermeture de capacités pourrait intégrer des critères de taux de réussite et d’insertion professionnelle. Un tel schéma, qui "avait été proposé lors de l’examen de la loi ORE", correspond d’ailleurs à ce qui sera mis en œuvre à partir de la rentrée 2024 pour l’enseignement secondaire professionnel.

SOURCE : AEF INFO

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