Pisa : les patrons s’inquiètent des conséquences économiques de la baisse du niveau scolaire

Les résultats de l’enquête Pisa 2025, qui montrent une nouvelle baisse du niveau des élèves français, inquiètent également les chefs d’entreprise. Au-delà des enjeux éducatifs, plusieurs responsables économiques alertent sur les conséquences possibles pour la productivité et la compétitivité du pays. Selon un calcul de l’OCDE cité par Pierre-André de Chalendar, président de l’Institut de l’entreprise, si la France atteignait le niveau moyen des dix pays les plus performants, sa productivité pourrait être supérieure de 2,7 %.
Des résultats Pisa qui inquiètent aussi les entreprises
Les résultats de l’enquête Pisa 2025 montrent une nouvelle dégradation des performances des élèves français.
En mathématiques notamment, le niveau a encore diminué, tandis qu’une part importante des jeunes de 15 ans rencontre désormais de fortes difficultés dans les compétences fondamentales.
Pour les représentants du monde économique, cette situation dépasse largement le cadre de l’Éducation nationale.
Patrick Martin, président du Medef, estime notamment que les résultats doivent être considérés comme une alerte pour l’ensemble du pays.
Il rappelle que 36 % des élèves français de 15 ans sont aujourd’hui en grande difficulté en mathématiques et qu’environ un tiers rencontre des difficultés importantes en compréhension de l’écrit.
Une productivité potentiellement supérieure de 2,7 %
Pour les chefs d’entreprise, le niveau scolaire joue directement sur les performances économiques d’un pays.
Pierre-André de Chalendar souligne notamment les effets possibles d’une amélioration des compétences des élèves sur la productivité française.
Selon un calcul de l’OCDE, si les performances moyennes des élèves français rejoignaient celles des dix pays les mieux classés en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences, la productivité de la France pourrait être supérieure de 2,7 %.
L’enjeu éducatif devient donc également un sujet de compétitivité à long terme.
Des jeunes mieux formés disposent en effet de davantage de compétences à leur entrée sur le marché du travail et peuvent contribuer plus facilement à l’innovation et à l’adaptation des entreprises.
Des compétences essentielles pour les entreprises de demain
Les responsables économiques s’inquiètent particulièrement des conséquences que pourrait avoir la baisse du niveau scolaire sur les compétences disponibles dans les prochaines années.
Les entreprises devront notamment disposer de salariés capables de maîtriser les grandes transformations technologiques, environnementales et numériques.
Pour Patrick Martin, les jeunes générations devront à la fois contribuer à l’innovation, accompagner les différentes transitions, reprendre progressivement les entreprises et participer au financement du modèle social français.
La qualité de leur formation constitue donc un enjeu économique majeur.
Le Medef souligne ainsi que préparer la jeunesse et renforcer les compétences fondamentales est également une condition permettant aux entreprises françaises de disposer demain des compétences nécessaires à leur compétitivité.
Renforcer les liens entre l’école et l’entreprise
Face à cette situation, les organisations patronales défendent également un rapprochement entre l’école et le monde économique.
Le Medef souhaite notamment améliorer l’information des jeunes concernant les métiers et leurs débouchés.
L’organisation patronale défend également le développement de la voie professionnelle et de l’apprentissage, ainsi qu’une plus grande stabilité des dispositifs qui leur sont consacrés.
Elle souhaite aussi permettre aux jeunes de découvrir plus tôt le fonctionnement et les métiers des entreprises à travers des stages, des rencontres ou des dispositifs de mentorat.
Cette volonté de renforcer les relations entre école et entreprise était également au cœur de La REF 2026, où plusieurs échanges ont été consacrés à l’orientation, à la formation professionnelle et à l’avenir des jeunes.
Faire de l’éducation un enjeu économique
Pour les représentants des entreprises, l’amélioration du niveau scolaire ne constitue donc pas uniquement un objectif éducatif.
Elle pourrait également contribuer directement à la croissance, à la productivité et à la compétitivité françaises.
La baisse des résultats Pisa alimente ainsi les inquiétudes concernant la capacité du pays à disposer, dans les prochaines années, d’une main-d’œuvre suffisamment qualifiée pour accompagner les transformations économiques.
Pour les organisations patronales, améliorer la formation des jeunes et leur insertion professionnelle apparaît donc comme l’un des leviers permettant de renforcer durablement l’économie française.

SOURCE : BFMTV

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