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ÉDUCATION
1
September 2026

Quels pays européens investissent le plus dans l’éducation ?

À l’approche de la rentrée scolaire du mardi 1er septembre en France, l’occasion est donnée de comparer les efforts financiers consacrés à l’éducation dans les différents pays européens. Tous ne mobilisent pas la même part de leur richesse nationale pour financer leur système éducatif.

La France n’occupe pas la première place de ce classement. Plusieurs autres pays européens consacrent en effet une part plus importante de leur produit intérieur brut à l’éducation. Dans une publication diffusée le 18 août, Eurostat a recensé la proportion du PIB affectée à l’éducation dans les différents pays européens. Les États qui réalisent l’effort financier le plus important se trouvent principalement dans le nord de l’Europe.

La part du PIB consacrée à l’éducation recule depuis 2020

Les données publiées par Eurostat s’arrêtent pour le moment à l’année 2023. Cette année-là, les pays de l’Union européenne ont consacré au total 806 milliards d’euros à l’éducation, ce qui représente environ 4,7 % du PIB de l’ensemble du bloc européen.

Cette proportion a toutefois évolué à la baisse au cours des dernières années. Les données d’Eurostat montrent par exemple qu’en 2014, la part du PIB de l’Union européenne consacrée aux dépenses d’éducation s’élevait à 4,96 %.

En 2020, cette proportion avait même atteint 5,02 % du PIB européen. Ce niveau particulièrement élevé s’expliquait cependant en grande partie par la contraction de l’activité économique provoquée par la pandémie de Covid-19, davantage que par une hausse équivalente des budgets effectivement consacrés à l’éducation.

Eurostat souligne par ailleurs que la proportion du PIB dédiée à l’éducation en 2023 est restée « stable par rapport à 2022 ». Elle représente néanmoins « une légère baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport à 2020 », lorsque cette part s’établissait autour de 5,0 % du PIB.

L’année 2020 reste ainsi particulière dans cette comparaison. Elle correspond à la période durant laquelle la part des dépenses publiques consacrées à l’éducation a atteint son niveau le plus élevé depuis le début de la collecte de ces données par Eurostat en 2012.

La France occupe la septième place européenne

Dans le classement des pays consacrant la plus grande part de leur PIB à l’éducation, la Suède arrive en tête avec 6,8 % de son produit intérieur brut dédié à ce secteur.

La Finlande occupe la deuxième place avec 6,29 % de son PIB consacré à l’éducation. Elle est suivie de très près par l’Islande, qui affecte 6,27 % de son PIB aux dépenses éducatives.

Les pays nordiques occupent donc une place particulièrement importante en haut du classement, même si plusieurs autres États européens figurent également parmi ceux qui investissent la plus grande part de leur richesse nationale dans leur système éducatif.

Voici les dix pays européens qui consacrent la part la plus importante de leur PIB à l’éducation :

  • Suède : 6,8 %
  • Finlande : 6,29 %
  • Islande : 6,27 %
  • Belgique : 6,21 %
  • Danemark : 6,11 %
  • Norvège : 5,74 %
  • France : 5,26 %
  • Pays-Bas : 5,17 %
  • Autriche : 5,16 %
  • Slovaquie : 4,92 %

La moyenne de l’Union européenne s’établit à 4,65 % du PIB. Avec 5,26 % de sa richesse nationale consacrée à l’éducation en 2023, la France se situe donc au-dessus de cette moyenne et dans la première moitié du classement européen.

Ce niveau place l’Hexagone à la septième position. La France recule toutefois légèrement par rapport à l’année précédente. En 2022, elle occupait encore la sixième place européenne avec 5,33 % de son PIB consacré à l’éducation.

Entre 2022 et 2023, la part du PIB français mobilisée pour financer l’éducation a ainsi diminué de 0,07 point de pourcentage.

Les dépenses nationales ne correspondent pas toujours aux moyens disponibles par élève

Ces différents chiffres doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Comparer uniquement la part du PIB consacrée à l’éducation ne permet pas de mesurer précisément les moyens dont disposent réellement les élèves ou les étudiants dans chaque pays.

Cette donnée ne prend notamment pas directement en compte les différences de pouvoir d’achat entre les États, ni la taille de la population scolaire ou étudiante concernée.

La part du PIB consacrée à l’éducation permet avant tout d’évaluer l’effort financier global réalisé par un pays en faveur de son système éducatif. À l’inverse, les dépenses calculées par étudiant donnent une indication différente puisqu’elles permettent de mesurer davantage les ressources réellement disponibles pour chaque personne en tenant compte des écarts de niveau de prix entre les pays.

Lorsque ces paramètres sont intégrés à la comparaison, le classement évolue sensiblement. Les résultats mettent ainsi en évidence des différences importantes entre la proportion du revenu national consacrée à l’éducation et le niveau de ressources effectivement mobilisé pour chaque élève ou étudiant.

La France en fournit un exemple particulièrement révélateur. En 2022, elle consacrait 5,33 % de son PIB à l’éducation et se situait alors à la sixième place européenne, largement au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne.

Mais lorsqu’on observe le pouvoir d’achat dont bénéficie chaque personne pour son éducation sur la même période, la situation apparaît différente.

Selon les données d’Eurostat, la France affichait en 2022 une dépense de 8 151 PPS par personne. Le PPS, ou « Purchasing Power Standard », correspond à une unité permettant de corriger les différences de niveaux de prix entre les différents pays afin de rendre les comparaisons plus pertinentes.

En français, cette unité est appelée « standard de pouvoir d’achat » ou SPA.

Avec 8 151 SPA, la France se situe cette fois en dessous de la moyenne européenne, qui atteignait 8 246 standards de pouvoir d’achat par personne.

Cette comparaison montre donc qu’un pays peut consacrer une part importante de son PIB à l’éducation sans nécessairement figurer parmi ceux qui disposent des ressources les plus élevées par élève ou par étudiant.

Des budgets importants ne garantissent pas de meilleurs résultats scolaires

Ces deux méthodes de comparaison mettent en lumière une autre réalité : consacrer davantage de ressources financières à l’éducation ne conduit pas automatiquement à de meilleurs résultats scolaires.

Un niveau élevé de dépenses publiques constitue évidemment un élément important du fonctionnement d’un système éducatif, mais il ne suffit pas, à lui seul, à mesurer son efficacité ou la réussite des élèves.

Pour comparer plus précisément les performances des différents systèmes éducatifs, l’Organisation de coopération et de développement économiques s’appuie notamment sur le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, plus connu sous le nom de PISA.

Cette étude internationale permet notamment d’évaluer les compétences des élèves de 15 ans en mathématiques, en compréhension de l’écrit et dans différents autres domaines.

Parmi les indicateurs observés figure la proportion d’élèves qui obtiennent des résultats inférieurs au niveau 2. Ce niveau correspond au seuil minimal de compétences défini par l’OCDE.

En mathématiques, 28,8 % des élèves français de 15 ans n’avaient pas atteint ce seuil lors de l’édition 2022 de PISA.

La France se situait alors légèrement devant la moyenne européenne, puisque 29,5 % des élèves européens n’avaient pas atteint le niveau minimal de compétences en mathématiques.

La situation est toutefois différente concernant la compréhension de l’écrit. En 2022, 26,9 % des élèves français âgés de 15 ans n’avaient pas atteint le niveau 2 en lecture.

Cette proportion est légèrement supérieure à la moyenne européenne, établie à 26,2 %. Sur cet indicateur, les performances françaises apparaissent donc moins favorables que la moyenne européenne.

Ces données illustrent les limites d’une comparaison reposant uniquement sur le niveau des dépenses publiques. Même si la France consacre une part relativement élevée de son PIB à l’éducation par rapport à de nombreux pays européens, cet effort financier ne se traduit pas systématiquement par des résultats scolaires supérieurs.

L’analyse des performances éducatives doit ainsi prendre en compte plusieurs indicateurs complémentaires : les dépenses globales, les moyens disponibles par élève, les différences de pouvoir d’achat mais également les résultats obtenus par les élèves.

SOURCE : cnews.fr

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