Recteurs et rectrices en 2026 : quels profils après le mouvement de juillet ?

Dix nouveaux recteurs et rectrices ont été nommés le 27 juillet 2026 avant de prendre leurs fonctions le 3 août. À la suite de ce mouvement particulièrement important, retour sur le profil des 37 recteurs et rectrices actuellement en poste. Les femmes demeurent minoritaires et représentent 43 % de l’effectif. Âgés en moyenne de 56,5 ans, la majorité d’entre eux sont pourtant des « néo-recteurs », puisqu’ils occupent cette fonction pour la première fois. Depuis 2013, la durée moyenne passée par un recteur ou une rectrice au même poste s’établit à environ 2,5 ans. Du côté de leur formation, 26 sont titulaires d’un doctorat et 14 sont diplômés d’une grande école.
Dix académies ont changé de recteur ou de rectrice le 3 août dernier, à la suite des nominations annoncées lors du conseil des ministres du 27 juillet 2026. Ce mouvement a concerné environ un quart de l’ensemble des recteurs et rectrices actuellement en fonction.
Il intervient un peu plus d’un an après une précédente vague de nominations particulièrement importante. En mars 2025, douze recteurs et rectrices avaient alors été nommés, entraînant déjà un renouvellement significatif à la tête des académies et des régions académiques.
Ces différents mouvements permettent d’observer plus précisément le profil des 37 responsables actuellement en poste, aussi bien du point de vue de la parité et de l’âge que de leur formation, de leur parcours professionnel ou encore de leur ancienneté dans la fonction.
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Une parité qui reste encore à atteindre
Parmi les 37 recteurs et rectrices actuellement en fonction, 21 sont des hommes et 16 sont des femmes. Les femmes représentent ainsi environ 43 % de l’ensemble des effectifs.
La répartition entre les femmes et les hommes n’a pratiquement pas évolué depuis le précédent mouvement important intervenu en mars 2025. La parité est néanmoins atteinte à certains niveaux de responsabilité.
C’est notamment le cas au sein des huit régions pluri-académiques, où quatre hommes et quatre femmes occupent actuellement les fonctions de recteur ou de rectrice. La situation est similaire dans les dix régions académiques, avec cinq hommes et cinq femmes.
En revanche, la répartition apparaît beaucoup plus déséquilibrée lorsqu’on s’intéresse directement aux académies. Les femmes sont trois fois moins nombreuses que les hommes à leur tête : neuf académies sont dirigées par des hommes, contre seulement trois par des femmes.
La situation évolue toutefois du côté des recteurs délégués à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation. Contrairement à ce qui était observé en 2025, les femmes y sont désormais légèrement majoritaires.
Cette évolution résulte notamment de l’arrivée de Clarisse Berthezène dans les Hauts-de-France et du départ d’Emmanuel Roux en Nouvelle-Aquitaine. Parmi les sept recteurs délégués à l’ESRI actuellement en fonction, quatre sont ainsi des femmes et trois sont des hommes.
La parité est atteinte chez les recteurs de régions pluri-académiques et de régions académiques
Les données portent sur les 37 recteurs et rectrices actuellement en poste.
Pour l’ensemble des recteurs en fonction, on compte 21 hommes et 16 femmes, soit un total de 37 personnes.
Dans les régions pluri-académiques, la répartition est parfaitement équilibrée : quatre hommes et quatre femmes occupent les huit postes concernés.
La même parité est observée dans les régions académiques, avec cinq hommes et cinq femmes pour un total de dix postes.
À l’échelle des académies, la situation est en revanche nettement différente : neuf hommes occupent ces fonctions contre seulement trois femmes, sur un total de douze postes.
Enfin, parmi les sept recteurs délégués à l’ESRI, les femmes sont légèrement majoritaires avec quatre représentantes, contre trois hommes.
Graphique : Gwénaëlle Conraux - AEF info - 24/08/2026
Source : AEF info
Des recteurs âgés de 45 à 68 ans
La moyenne d’âge des recteurs et rectrices actuellement en poste a légèrement diminué depuis le précédent grand mouvement. Elle s’établit désormais à 56,5 ans, contre 57 ans en 2025.
Cette diminution s’explique notamment par une augmentation du nombre de quadragénaires parmi les personnes exerçant ces fonctions. Ils sont désormais quatre à avoir moins de 50 ans, contre seulement deux auparavant.
À 45 ans, Nicolas Castoldi, recteur de l’académie de Poitiers, est actuellement le plus jeune recteur en fonction.
Il est suivi par Raphaël Muller, âgé de 47 ans, qui exerce les fonctions de recteur de la région académique des Pays de la Loire et de recteur de l’académie de Nantes.
Benoît Delaunay a lui aussi 47 ans. Il est recteur de la région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur et recteur de l’académie d’Aix-Marseille.
Benoît Bonaimé, recteur de l’académie d’Amiens, est quant à lui âgé de 49 ans. Natacha Chicot, rectrice de la région académique Normandie et rectrice de l’académie de Normandie, vient pour sa part de franchir le cap des 50 ans.
À l’autre extrémité de la pyramide des âges, près d’un tiers des recteurs et rectrices en poste ont désormais plus de 60 ans.
Trois d’entre eux ont même atteint ou dépassé les 65 ans. Claudio Galderisi, recteur délégué à l’ESRI de la région Grand Est, est le plus âgé avec 68 ans.
Anne Bisagni-Faure, rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes et rectrice de l’académie de Lyon, est âgée de 66 ans.
Mohammed Benlahsen, recteur délégué à l’ESRI de la région Auvergne-Rhône-Alpes, est quant à lui âgé de 65 ans.
Pour rappel, le Code de l’éducation fixe en principe à 67 ans la limite d’âge applicable à ces fonctions. Cette limite peut toutefois être repoussée dans certaines situations et en fonction de plusieurs critères prévus par la réglementation.
La moyenne d’âge des recteurs est de 56,5 ans
Les données portent sur les 37 recteurs et rectrices actuellement en fonction et permettent de distinguer trois principales tranches d’âge : les 40-50 ans, les 50-60 ans et les plus de 60 ans.
Dans les régions pluri-académiques, une personne est âgée de 40 à 50 ans, quatre ont entre 50 et 60 ans et trois ont plus de 60 ans.
Dans les régions académiques, un recteur ou une rectrice a entre 40 et 50 ans, six ont entre 50 et 60 ans et trois ont plus de 60 ans.
Pour les académies, deux personnes se situent dans la tranche des 40-50 ans, sept ont entre 50 et 60 ans et trois dépassent les 60 ans.
Enfin, parmi les recteurs délégués à l’ESRI, quatre ont entre 50 et 60 ans et trois ont plus de 60 ans.
Graphique : Gwénaëlle Conraux - AEF info - 24/08/2026
Source : AEF info
Vingt-six recteurs sont titulaires d’un doctorat
Les parcours de formation des 37 recteurs et rectrices actuellement en poste font apparaître une forte représentation des disciplines liées au droit, à l’économie, à la gestion, aux lettres et aux sciences humaines.
Quinze d’entre eux ont ainsi suivi une formation dans les domaines du droit, de l’économie ou de la gestion. Quatorze sont issus des lettres, des langues, des arts ou des sciences humaines et sociales. Enfin, huit ont suivi un cursus dans les domaines des sciences, de la santé ou des Staps.
Au total, 26 des 37 recteurs et rectrices actuellement en fonction sont titulaires d’un doctorat.
Les onze qui ne possèdent pas de doctorat sont Benoît Bonaimé, Pierre Moya, Jean-Marc Huart, Valérie Baglin-Le Goff, Cécile Laloux, Valérie Debuchy, Pierre-François Mourier, Natacha Chicot, Nicolas Castoldi, Olivier Klein et Étienne Champion.
Les profils se distinguent également par la forte présence de titulaires d’une agrégation. Seize recteurs et rectrices sont agrégés du secondaire.
Il s’agit de Pierre Moya, Jean-François Chanet, Clarisse Berthezène, Valérie Baglin-Le Goff, Valérie Debuchy, Véronique Dominguez-Guillaume, Pierre-François Mourier, Jean-Marc Huart, Isabelle Prat, Nicolas Castoldi, Raphaël Muller, Vincent Stanek, Nathalie Albert-Moretti, Olivier Klein, Karim Benmiloud et Étienne Champion.
Cinq personnes sont également titulaires d’une agrégation du supérieur. Mathilde Gollety est agrégée en gestion et Philippe Dulbecco en économie.
Julie Benetti, Nathalie Albert-Moretti et Benoît Delaunay sont pour leur part titulaires d’une agrégation du supérieur en droit public.
Les grandes écoles sont elles aussi largement représentées dans les parcours des recteurs et rectrices. Au total, 14 d’entre eux sont diplômés d’une ou de plusieurs grandes écoles.
Deux sont d’anciens élèves de l’École nationale d’administration : Natacha Chicot et Étienne Champion.
Huit sont passés par une École normale supérieure : Karim Benmiloud, Jean-François Chanet, Pierre-François Mourier, Vincent Stanek, Véronique Dominguez-Guillaume, Clarisse Berthezène, Raphaël Muller et Nicolas Castoldi.
Quatre sont également diplômés de Sciences Po Paris : Nathalie Mons, Benoît Delaunay, Raphaël Muller et Nicolas Castoldi.
Certains profils se distinguent par des formations moins représentées parmi les recteurs. Benoît Delaunay est ainsi le seul à être passé par une école de commerce, en l’occurrence HEC.
Benoît Bonaimé est quant à lui le seul ingénieur parmi les 37 recteurs et rectrices actuellement en poste. Il est diplômé de l’École nationale d’ingénieurs des techniques industrielles agricoles et alimentaires.
Enfin, Michelle Bubenicek est diplômée de l’École nationale des chartes.
Les recteurs sont issus presque à égalité du droit-économie-gestion et des lettres et sciences humaines
Pour établir cette répartition, le champ disciplinaire du doctorat a été pris en compte pour les 26 recteurs et rectrices titulaires de ce diplôme. Pour les onze autres, c’est le diplôme de niveau le plus élevé qui a été retenu.
Le domaine droit-économie-gestion rassemble 15 personnes : sept issues du droit, cinq des sciences économiques et trois des sciences de gestion.
Les lettres, langues, arts, sciences humaines et sociales regroupent 14 personnes. Six sont issues de l’histoire, cinq des lettres, une des sciences de l’éducation et deux de la philosophie.
Enfin, huit recteurs et rectrices sont issus des sciences, de la santé ou des Staps : six ont une formation en physique-chimie, une en médecine et une dans le domaine des Staps.
Graphique : Gwénaëlle Conraux - AEF info - 21/08/2026
Source : AEF info
Vingt et un « néo-recteurs » actuellement en fonction
Parmi les 37 recteurs et rectrices en poste, 21 peuvent être considérés comme des « néo-recteurs ». Autrement dit, ils exercent actuellement cette fonction pour la première fois de leur parcours professionnel.
Parmi eux, quatre ont été nommés pour la première fois en 2026 : Cécile Laloux, Clarisse Berthezène, Benoît Bonaimé et Nicolas Castoldi.
Cinq autres ont accédé pour la première fois à cette fonction en 2025 : Mohammed Benlahsen, Valérie Debuchy, Véronique Dominguez-Guillaume, Virginie Dupont et Guillaume Gellé.
Michelle Bubenicek faisait également partie des « néo-rectrices » en 2025 lorsqu’elle avait été nommée dans les Hauts-de-France. Elle ne rentre toutefois plus dans cette catégorie puisqu’elle a été nommée en Nouvelle-Aquitaine lors du mouvement de juillet 2026.
Plus largement, au cours des deux quinquennats d’Emmanuel Macron, les gouvernements successifs ont procédé à 62 nominations de recteurs.
Dix-neuf nominations sont intervenues entre 2017 et 2022, tandis que 43 ont été enregistrées depuis le mois de mai 2022.
Trois recteurs et rectrices nommés avant l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, en mai 2017, sont toujours en fonction aujourd’hui : Jean-François Chanet, Anne Bisagni-Faure et Sophie Béjean.
Le cas de Jean-François Chanet est toutefois particulier puisqu’il n’exerçait plus comme recteur depuis mars 2022 avant de retrouver cette fonction à partir de mars 2025.
Anne Bisagni-Faure et Sophie Béjean affichent aujourd’hui la plus grande longévité dans la fonction de rectrice, avec un peu plus de dix ans et demi d’exercice sans interruption.
Elles sont suivies par Nathalie Albert-Moretti, qui totalise dix ans et un mois dans cette fonction.
Jean-François Chanet cumule pour sa part huit ans et huit mois en tant que recteur, mais cette période comporte une interruption.
Lorsque l’on observe non plus la durée totale dans la fonction mais le temps passé à la tête d’un même rectorat, Jean-François Chanet détient également l’une des plus importantes longévités.
Il a ainsi dirigé le rectorat de Besançon pendant sept ans et trois mois, entre 2014 et 2022.
Anne Bisagni-Faure a quant à elle passé cinq ans et sept mois à la tête du rectorat de Bordeaux, entre 2019 et 2025.
Karim Benmiloud affiche la même durée à Clermont-Ferrand, où il a également exercé entre 2019 et 2025.
Un peu plus de 2,5 ans en moyenne dans une académie
L’analyse du renouvellement à la tête des différentes académies permet également de mesurer la durée moyenne pendant laquelle les recteurs et rectrices restent affectés au même poste.
Depuis 2013, ils ont occupé en moyenne un même poste pendant un peu plus de 2,5 ans.
Certaines académies se distinguent néanmoins par un renouvellement particulièrement fréquent de leurs recteurs.
Amiens, Limoges et Nancy-Metz sont les académies qui ont connu le plus grand nombre de recteurs et rectrices différents depuis 2013. Sept personnes différentes se sont succédé à la tête de chacune de ces académies au cours de cette période.
Neuf autres rectorats ont accueilli six recteurs ou rectrices différents au cours des treize dernières années.
Il s’agit de la Corse, Dijon, Grenoble, la Guyane, la Martinique, Poitiers, Rennes, Strasbourg et Toulouse.
À l’inverse, certaines académies ont connu une plus grande stabilité à leur tête.
L’académie de Nantes est celle qui a enregistré le moins de changements depuis 2013. Seulement trois recteurs et rectrices différents s’y sont succédé en treize ans : William Marois, Katia Béguin et Raphaël Muller.
Sept autres académies ont accueilli quatre recteurs ou rectrices au cours de la même période.
Il s’agit d’Aix-Marseille, Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lille, Lyon et Versailles.
Ces différences montrent que la durée d’exercice au sein d’une même académie peut varier fortement selon les territoires, malgré une moyenne nationale légèrement supérieure à deux ans et demi depuis 2013.
Dans la visualisation associée, le passage de la souris sur les différentes barres permet d’afficher le nom des recteurs et rectrices concernés.

SOURCE : aefinfo.fr

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