Rentrée 2026 : les principales annonces d’Édouard Geffray

« Instruire, protéger, unir, prévoir » : Édouard Geffray a présenté les quatre priorités de la rentrée lors de sa conférence de presse du 25 août 2026. Parmi les principales annonces : de nouvelles questions sur les violences sexuelles dans le questionnaire sur le harcèlement, la généralisation d’une nouvelle méthode pour la carte scolaire en 2027 et plusieurs mesures concernant le numérique, les examens et la voie professionnelle.
Aucune grande réforme ne marque cette rentrée, hormis celle de la formation des enseignants. Le ministre de l’Éducation nationale refuse toutefois de parler d’« immobilisme » et défend une « rentrée d’action », organisée autour de quatre priorités : instruire pour améliorer les apprentissages, protéger les élèves et les personnels, unir face aux fractures de la société et prévoir afin d’inscrire les politiques éducatives dans une vision de plus long terme.
De nouvelles questions sur les violences sexuelles
À partir de cette rentrée, les élèves de la grande section de maternelle à la terminale pourront signaler d’éventuelles violences sexuelles dans le questionnaire annuel consacré au harcèlement scolaire, distribué chaque année en novembre.
Les questions seront adaptées à l’âge des élèves. Ceux qui souhaitent parler de leur situation à un adulte de confiance pourront également indiquer leur identité. Infirmières scolaires, médecins, PsyEN et associations partenaires seront mobilisés pour recueillir leur parole et les accompagner.
En parallèle, les trois séances annuelles d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité devront être programmées dans chaque établissement. Le ministère prévoit également de renforcer la formation des personnels à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Une nouvelle méthode pour la carte scolaire en 2027
Face à la baisse démographique, le ministère souhaite modifier la manière dont la carte scolaire est élaborée.
Une nouvelle méthode est actuellement expérimentée dans 18 départements. Elle repose davantage sur une programmation pluriannuelle et une concertation avec les élus locaux. Les premiers résultats étant jugés positifs, Édouard Geffray annonce sa généralisation à l’ensemble du territoire en 2027.
Une direction de la politique territoriale de l’École et de l’anticipation doit également être créée d’ici octobre afin de mieux prévoir les évolutions démographiques et accompagner les acteurs locaux.
Le ministre souhaite profiter de la baisse du nombre d’élèves pour diversifier l’offre scolaire et réduire les différences entre territoires. Un élève vivant en zone rurale devrait, selon lui, pouvoir accéder aux mêmes dispositifs qu’un élève scolarisé dans une grande ville, notamment aux sections internationales ou aux classes à horaires aménagés.
Le numérique devient une priorité de protection
Édouard Geffray a également évoqué les usages numériques des élèves, qu’il considère comme une « urgence sanitaire ».
Le ministre défend notamment l’interdiction du téléphone portable au lycée. Malgré les difficultés de mise en œuvre signalées par les syndicats, il estime que les établissements pourront adapter progressivement leurs règlements et leurs dispositifs au cours des prochaines semaines.
Le Conseil constitutionnel ayant censuré l’interdiction des réseaux sociaux prévue dans la loi, le ministre espère désormais qu’une solution compatible avec le droit français et européen pourra être trouvée.
Des mesures consacrées à l’éducation artistique et culturelle doivent par ailleurs être annoncées le 10 septembre afin de proposer davantage d’activités alternatives aux usages numériques.
Autre évolution : un élève pourra être changé d’établissement en raison du comportement d’un membre de sa famille. Une mesure contestée par plusieurs syndicats, mais défendue par le ministre au nom de la protection de l’institution scolaire.
Des exigences plus précises pour le brevet et le bac
Sur le plan pédagogique, Édouard Geffray identifie deux priorités : le raisonnement scientifique et la maîtrise du langage.
Le ministre alerte notamment sur les écarts de vocabulaire entre les élèves selon leur milieu social. Une question qui devient, selon lui, encore plus importante avec le développement de l’intelligence artificielle, dont l’utilisation nécessite une bonne maîtrise du langage.
La refonte des programmes engagée avec le « choc des savoirs » se poursuit. De nouveaux programmes de français et de mathématiques entrent notamment en vigueur en CM2 et en 5e, ainsi qu’en seconde et première pour les mathématiques.
Le dispositif « collèges en progrès », qui concerne 756 établissements, est également pérennisé. Les équipes bénéficieront de deux journées banalisées chaque année pendant deux ans afin de travailler collectivement et de suivre des formations.
Les attentes pour obtenir le brevet et le baccalauréat seront aussi davantage détaillées. Dès septembre, des éléments de correction et des barèmes précisant notamment le niveau de langue attendu dans chaque discipline seront rendus publics.
Les chefs d’établissement recevront également les résultats détaillés de leurs élèves afin d’identifier les écarts et d’adapter les pratiques pédagogiques.
Le ministre confirme enfin la création de 300 nouvelles classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences dans le cadre du plan « filles et maths ».
Plusieurs changements pour la voie professionnelle
Deux évolutions principales concernent cette année les lycéens professionnels.
Les épreuves écrites du baccalauréat professionnel seront désormais organisées à la mi-juin, comme pour les voies générale et technologique.
Deux semaines de « parcours différenciés » seront également proposées avant la clôture des vœux Parcoursup. Les élèves pourront choisir entre deux semaines supplémentaires de période de formation en milieu professionnel, rémunérées par l’État, ou une préparation à la poursuite d’études.
Sabrina Roubache souhaite également lancer un dispositif consacré à l’attractivité de la voie professionnelle. L’objectif est notamment d’améliorer la lisibilité des formations, de lutter contre le décrochage et de favoriser aussi bien l’insertion que la poursuite d’études.
La ministre déléguée souhaite également rapprocher le certificat de spécialisation de l’enseignement supérieur pour en faire un véritable diplôme de niveau bac+1.
Aujourd’hui, environ 4 000 places sont proposées dans ces formations, dont seulement la moitié sont occupées, alors que l’objectif initial était d’atteindre 20 000 places. Sa reconnaissance comme diplôme du supérieur pourrait permettre, selon le ministère, de renforcer son attractivité.
Enfin, 19,5 % des formations professionnelles initiales ont été transformées depuis 2023, en incluant les différentes colorations de diplômes. L’objectif initial prévoyait pourtant d’en transformer un quart à l’horizon 2026.

SOURCE : aefinfo.fr

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