Rentrée 2026 : les principaux changements qui attendent les élèves

Près de 11,6 millions d’élèves et 850 000 enseignants retrouvent les salles de classe ce mardi 1er septembre. Cette nouvelle année scolaire 2026-2027 s’accompagne de nombreux changements, de l’interdiction du téléphone portable au lycée à la généralisation de l’éducation financière, en passant par de nouveaux programmes, l’évolution des examens ou encore la mise en place d’un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles.
Comme chaque année, la rentrée scolaire apporte son lot de nouveautés. Environ 11,6 millions d’élèves et 850 000 professeurs reprennent le chemin des établissements ce mardi 1er septembre et vont progressivement découvrir les nouvelles mesures qui marqueront l’année scolaire 2026-2027.
Écoles, collèges et lycées sont concernés par plusieurs changements, certains touchant directement le quotidien des élèves, d’autres les programmes, les examens ou encore la prévention. Voici les principales évolutions qui entrent en vigueur ou commencent à se déployer à partir de cette rentrée.
Le téléphone portable désormais interdit au lycée
C’est probablement l’une des mesures les plus commentées de cette rentrée. Après l’adoption, à la fin du mois de juillet, de la loi destinée à mieux protéger les mineurs face aux réseaux sociaux, l’interdiction du téléphone portable dans les lycées doit commencer à s’appliquer dès cette rentrée scolaire.
Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de promulguer la loi contenant cette disposition, malgré la censure par le Conseil constitutionnel de son volet principal concernant l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait elle aussi confirmé le 24 août que l’interdiction du téléphone portable dans les lycées pourrait entrer en vigueur dès la rentrée.
Les établissements avaient toutefois commencé à être préparés à cette évolution plusieurs semaines auparavant. Une circulaire publiée le 2 juillet, accompagnée d’un vade-mecum, demandait déjà aux équipes éducatives et aux directions de réfléchir aux modalités concrètes d’application de la mesure à partir du 1er septembre.
Pour Emmanuel Macron, limiter le téléphone doit notamment permettre de retrouver davantage de calme dans les établissements et de favoriser la concentration des élèves.
Lors de sa conférence de presse de rentrée organisée à Paris, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a néanmoins reconnu que la règle pourrait être « un peu difficile à faire respecter au début ». Il estime cependant qu’aucun argument réellement convaincant ne permet de considérer le téléphone portable comme indispensable pendant les cours.
Les établissements conserveront une certaine marge de manœuvre pour organiser cette interdiction. Des exceptions pourront notamment être inscrites dans le règlement intérieur pour certains élèves en situation de handicap ou pour les étudiants inscrits en classes préparatoires ou en BTS.
Les proviseurs pourront également définir des règles différentes selon les espaces. Le téléphone pourra, par exemple, être interdit dans les salles de classe, les couloirs et les bâtiments, mais autorisé dans certains espaces extérieurs.
Chaque lycée devra aussi déterminer les modalités matérielles permettant de faire respecter cette nouvelle règle : casiers, pochettes dédiées, conservation du téléphone par l’élève ou surveillance renforcée. Les sanctions applicables en cas de non-respect devront elles aussi être précisées par les établissements.
La classe prépa-seconde devient un dispositif durable
Expérimentée depuis 2024, la classe « prépa-seconde » est désormais officiellement inscrite dans le Code de l’éducation à la suite de la publication d’un décret.
Ce dispositif est destiné à des élèves volontaires ayant terminé leur classe de troisième et admis en seconde, mais qui ont encore besoin de renforcer certaines connaissances avant de commencer leur parcours au lycée.
Il s’adresse notamment aux élèves qui n’ont pas obtenu le diplôme national du brevet ou qui présentent des fragilités dans certains apprentissages fondamentaux.
La prépa-seconde fonctionne comme une année intermédiaire entre le collège et le lycée. Elle permet aux élèves de consolider leurs acquis, de travailler leur orientation et de reprendre confiance avant d’intégrer pleinement une formation de niveau seconde.
Le dispositif reste proposé dans les académies qui souhaitent le mettre en place. Il est accueilli directement au sein des lycées.
D’après les derniers chiffres du ministère de l’éducation nationale, une centaine de classes prépa-seconde existent actuellement sur le territoire.
À l’issue de cette année, les élèves peuvent rejoindre la formation dans laquelle ils avaient été admis à la fin de la troisième. Ils conservent également la possibilité de modifier leur projet et de choisir une autre orientation si leur année leur a permis de faire évoluer leurs choix.
L’éducation financière généralisée pour les élèves de 4e
Comprendre le fonctionnement d’un compte bancaire, apprendre à gérer un budget, identifier les principaux moyens de paiement, comprendre l’épargne ou encore savoir se protéger face aux escroqueries : ces sujets vont désormais faire partie du parcours de tous les élèves de quatrième.
À partir de cette rentrée, les cours d’éducation financière sont généralisés grâce au passeport d’Éducation économique, budgétaire et financière, plus communément appelé Educfi.
Le dispositif est développé en collaboration avec la Banque de France. Sa généralisation avait été annoncée au début du mois de mai par le ministère.
Cette formation n’est pas totalement nouvelle. Depuis 2019, elle était déjà expérimentée dans certains collèges ainsi que dans plusieurs lycées professionnels.
Les élèves devront désormais suivre plusieurs séquences consacrées aux notions financières essentielles. Ces séances seront ensuite complétées par un test permettant de vérifier les connaissances acquises.
Les collégiens pourront notamment être sensibilisés au fonctionnement d’un compte courant, à l’utilisation des moyens de paiement, à l’épargne, au crédit, au surendettement ou encore aux risques d’arnaques financières.
L’organisation du passeport Educfi pourra être décidée librement par chaque établissement au cours de l’année scolaire. Le ministère recommande toutefois de privilégier la semaine de l’éducation financière, organisée chaque année au mois de mars.
Pour Edouard Geffray, l’objectif est de donner à chaque jeune les connaissances nécessaires pour gagner progressivement en autonomie dans la gestion de son argent.
Le dispositif doit encore évoluer dans les prochaines années. Une expérimentation est notamment annoncée dans les lycées généraux et technologiques en 2027. L’éducation financière devrait également être renforcée dans la voie professionnelle.
Un concours général créé pour les collégiens
Autre nouveauté annoncée pour cette année scolaire : la création d’un concours général destiné spécifiquement aux élèves des collèges.
Le ministre de l’éducation nationale avait présenté ce projet au mois d’avril afin de créer davantage d’émulation entre les élèves et de mettre en valeur différentes formes d’excellence scolaire.
Chaque collège pourra inscrire jusqu’à 10 % de ses élèves à ce concours.
Cinq disciplines seront proposées : le français, les mathématiques, l’histoire-géographie, les arts ainsi que le numérique et le codage.
Les inscriptions doivent ouvrir à l’automne, tandis que les premières épreuves sont prévues au mois de janvier.
Le dispositif reprend le principe du concours général des lycées, une compétition scolaire historique organisée depuis 1744 et destinée à récompenser chaque année des élèves particulièrement performants dans plusieurs dizaines de disciplines.
Avec cette déclinaison destinée aux collégiens, le ministère souhaite permettre à des élèves plus jeunes de participer eux aussi à une compétition académique nationale et de valoriser des compétences très différentes.
Un questionnaire pour mieux détecter les violences sexistes et sexuelles
La prévention des violences constitue également l’un des axes importants de cette rentrée.
Des questions consacrées aux violences sexistes et sexuelles seront désormais intégrées au questionnaire annuel portant sur le harcèlement scolaire et distribué aux élèves.
Edouard Geffray a annoncé cette évolution le 24 août dans un entretien accordé à plusieurs journaux de la presse régionale.
Le dispositif doit concerner environ dix millions d’élèves, de la grande section de maternelle jusqu’à la terminale.
L’objectif est d’identifier plus facilement les situations de violences éventuellement subies par les enfants et les adolescents, qu’elles aient lieu dans le cadre scolaire ou en dehors de l’établissement.
Le ministre rappelle qu’environ un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France, ce qui justifie selon lui la nécessité d’interroger directement les élèves.
Dans un premier temps, les réponses au questionnaire seront anonymes. Les élèves qui le souhaitent pourront cependant indiquer leur nom afin de pouvoir rencontrer ensuite un adulte de confiance.
Le ministre s’attend à ce que les résultats puissent mettre en évidence un nombre important de situations jusqu’ici peu visibles et a évoqué la possibilité de résultats particulièrement marquants.
Une cérémonie annuelle organisée autour du 11-Novembre
Les élèves du CM1 jusqu’à la terminale devront également participer à une cérémonie commémorative annuelle organisée autour du 11-Novembre.
Cette cérémonie aura vocation à rendre hommage à l’ensemble des « Morts pour la France » et devra être organisée dans l’enceinte même de l’établissement scolaire.
La mesure concerne donc aussi bien les écoles élémentaires que les collèges et les lycées.
Pour Edouard Geffray, cette évolution vise notamment à renforcer la transmission de la mémoire collective auprès des élèves et leur connaissance de l’histoire nationale.
Le ministre avait défendu cette décision lors de sa conférence de rentrée du 25 août en insistant sur la nécessité, selon lui, de connaître l’histoire du pays pour mieux comprendre le présent et l’avenir.
Les épreuves du brevet et du bac davantage organisées le matin
L’organisation des examens va elle aussi évoluer, notamment pour mieux faire face aux épisodes de fortes chaleurs.
Cette décision avait été annoncée au mois de juin, alors que plusieurs candidats avaient dû passer des épreuves du brevet ou du baccalauréat dans des conditions particulièrement difficiles en raison de la canicule.
À partir de 2027, environ 99,9 % des épreuves du brevet et du bac devraient ainsi être organisées le matin.
Cette règle concernera aussi bien les épreuves écrites que les épreuves orales.
Edouard Geffray a confirmé cette évolution à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée.
Quelques exceptions resteront toutefois possibles, notamment pour certaines épreuves du baccalauréat professionnel qui nécessitent une organisation sur l’ensemble d’une journée.
Pour les candidats concernés, le ministère prévoit de privilégier des adaptations matérielles des bâtiments. Le ministre a notamment évoqué la possibilité de climatiser certains locaux lorsque cela est nécessaire.
L’objectif est d’éviter que des élèves passent des examens décisifs dans des salles où la chaleur pourrait altérer leurs conditions de travail ou présenter un risque pour leur santé.
Le parcours différencié du lycée professionnel revu
L’organisation de la terminale professionnelle fait elle aussi l’objet de plusieurs ajustements.
Depuis la rentrée 2024, les élèves de terminale professionnelle doivent choisir entre une période de stage rémunérée en entreprise et des heures de cours supplémentaires dans le cadre d’un parcours différencié.
Le calendrier de ce dispositif va désormais être modifié.
Le ministre avait annoncé dès le mois de février que ce parcours différencié ne serait plus placé à la fin de l’année scolaire. Il devra désormais se dérouler avant le mois de mars.
Sa durée va également être réduite.
Le dispositif durera deux semaines, contre quatre semaines pendant l’année scolaire 2025-2026 et six semaines l’année précédente.
Cette nouvelle organisation aura une conséquence importante pour les élèves concernés : les lycéens professionnels passeront de nouveau leurs épreuves du baccalauréat au mois de juin, au même moment que les candidats des voies générale et technologique.
Le ministère souhaite ainsi revenir sur une organisation qui avait suscité de nombreuses interrogations dans les établissements et chez les équipes pédagogiques.
Un barème plus précis pour l’orthographe et la grammaire
Les examens 2027 devraient également comporter de nouvelles règles concernant la maîtrise de la langue française.
Des éléments de correction spécifiques portant sur l’orthographe et la grammaire doivent être rendus publics le 10 septembre.
Ces critères ont été préparés avec les inspections générales afin de donner davantage de repères aux enseignants chargés de corriger les copies.
Selon Edouard Geffray, les correcteurs disposeront désormais d’un barème précis permettant d’évaluer le niveau de langue attendu.
Un certain nombre de points pourront ainsi être retirés de la note finale lorsqu’une copie présente trop de fautes d’orthographe ou de grammaire.
La maîtrise de la langue avait déjà été présentée comme une priorité lors des examens de l’année précédente.
Les enseignants correcteurs avaient toutefois estimé que les consignes reçues étaient trop imprécises, voire inexistantes dans certains cas, ce qui avait rendu difficile l’application uniforme d’un durcissement de la notation.
Le nouveau barème doit donc permettre d’harmoniser davantage les pratiques entre les correcteurs.
Le langage et le raisonnement scientifique placés au cœur des apprentissages
La maîtrise de la langue ne concerne pas uniquement les examens.
Dans sa circulaire de rentrée publiée au mois de mai, Edouard Geffray insiste sur la nécessité de renforcer le langage à tous les niveaux, depuis la maternelle jusqu’à la terminale.
Le raisonnement scientifique constitue l’autre grande priorité pédagogique mise en avant.
Selon le ministre, ces deux compétences doivent occuper une place centrale puisqu’elles permettent ensuite aux élèves de développer de nombreux autres apprentissages.
Concernant la maîtrise du langage, Edouard Geffray encourage notamment les enseignants à limiter l’utilisation des exercices constitués uniquement de textes à trous.
Il souhaite privilégier davantage l’écriture manuscrite et la rédaction de phrases complètes, considérant que ces pratiques favorisent la mémorisation et permettent aux élèves de structurer une pensée plus complexe.
La deuxième priorité concerne le raisonnement scientifique, et plus particulièrement les différences de résultats observées entre les filles et les garçons.
Les évaluations nationales montrent en effet qu’un écart en mathématiques apparaît dès le cours préparatoire entre les deux groupes.
Le ministre invite les équipes éducatives à ne pas considérer cette différence comme inévitable.
Il demande au contraire aux enseignants d’intégrer davantage cette problématique dans leurs pratiques pédagogiques afin d’éviter que les écarts ne se renforcent progressivement au cours de la scolarité.
De nouveaux programmes déployés dans plusieurs classes
La rentrée 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouveaux programmes scolaires dans plusieurs niveaux, aussi bien à l’école élémentaire que dans le secondaire.
En maternelle, les objectifs en matière de vocabulaire sont notamment renforcés.
À la fin de la maternelle, les élèves devraient ainsi maîtriser environ 2 500 mots, selon les objectifs rappelés par Edouard Geffray lors de sa conférence de rentrée.
En CM1, plusieurs disciplines sont concernées par une évolution des programmes.
L’éducation physique et sportive, l’histoire-géographie, les langues vivantes étrangères et régionales ainsi que les sciences font notamment l’objet de nouveaux contenus et orientations pédagogiques.
En CM2, les changements concernent principalement le français et les mathématiques.
Ces deux disciplines évoluent également pour les élèves de cinquième.
L’enseignement moral et civique est lui aussi concerné par plusieurs modifications.
Les nouveaux programmes d’EMC entrent notamment en application au CE2, en sixième, en troisième et en terminale, conformément aux textes publiés au Bulletin officiel en juin 2024.
Ces changements s’inscrivent dans un renouvellement progressif des programmes selon les différents niveaux de la scolarité.
Un changement d’établissement possible à cause du comportement des parents
Enfin, une nouvelle disposition concerne les situations dans lesquelles le comportement d’un parent perturbe gravement le fonctionnement d’un établissement scolaire.
Un décret publié au mois de juillet prévoit désormais qu’un élève de primaire, de collège ou de lycée puisse être contraint de changer d’établissement lorsque l’attitude de l’un de ses parents compromet gravement le fonctionnement normal de l’école ou de l’établissement.
Cette mesure vise notamment les situations de menaces, d’intimidations ou de comportements particulièrement graves envers les personnels.
Edouard Geffray a défendu cette disposition en expliquant qu’un enseignant ne devrait pas être contraint d’accueillir quelques jours plus tard dans l’établissement un parent qui l’aurait menacé.
Le changement d’établissement concernerait directement l’élève, même si celui-ci n’est pas responsable du comportement de son parent.
Pour cette raison, le ministre promet la mise en place d’un suivi scolaire renforcé afin que l’enfant ou l’adolescent concerné ne soit pas pénalisé dans la poursuite de sa scolarité.
Cette mesure complète ainsi une rentrée 2026 particulièrement riche en changements, entre nouvelles règles de vie scolaire, évolution des programmes, prévention des violences, réforme des examens et renforcement de plusieurs apprentissages fondamentaux.

SOURCE : franceinfo.fr

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