Sabrina Roubache annonce un conseil national pour relancer la filière professionnelle

Dans une interview accordée au Parisien le 24 août 2026, Sabrina Roubache a annoncé la mise en place, en octobre prochain, d’un conseil national de la refondation (CNR) consacré à l’attractivité de la filière professionnelle. Cette concertation réunira les jeunes, les familles, les enseignants, les organisations syndicales ainsi que les chefs d’entreprise. Alors que l’apprentissage a enregistré son premier recul depuis une décennie en 2025, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels a également dévoilé plusieurs mesures destinées à améliorer la mobilité des apprentis, notamment un leasing social pour les voitures sans permis et le développement de places en internat.
Un appel aux entreprises pour soutenir l’apprentissage
À quelques jours de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef, les 26 et 27 août à Roland-Garros, Sabrina Roubache a lancé un appel aux employeurs afin qu’ils poursuivent leurs recrutements en apprentissage. Dans les colonnes du Parisien, la ministre a tenu à rassurer les entreprises sur le maintien des financements consacrés au dispositif.
« Je connais les inquiétudes des employeurs face au contexte économique, mais les crédits de l’apprentissage ont été préservés. J’ai été nommée pour défendre cette priorité et je continuerai à le faire », a-t-elle déclaré.
Les chiffres publiés par la Dares montrent toutefois un ralentissement du secteur. En 2025, 846 700 contrats d’apprentissage ont été signés, contre 889 400 en 2024, soit une baisse proche de 5 %. Au 31 décembre 2025, les centres de formation d’apprentis (CFA) accueillaient 1,02 million d’apprentis, un effectif en recul de 2,8 % sur un an. Selon la DEPP, il s’agit de la première diminution des effectifs depuis 2015.
Des aides aux employeurs revues à la baisse
L’année 2025 a été marquée par une réduction progressive des dispositifs de soutien à l’apprentissage. Après une première baisse des aides au recrutement en février, les exonérations salariales ont été réduites en mars. Un reste à charge pour certaines formations de l’enseignement supérieur a ensuite été instauré en juillet, avant la proratisation de l’aide versée aux employeurs en novembre.
Cette évolution s’est poursuivie en mars 2026 avec une nouvelle diminution des aides à l’embauche. Par exemple, pour le recrutement d’un apprenti préparant un diplôme de niveau 6 ou 7 dans une entreprise de moins de 250 salariés, le montant de l’aide est passé de 5 000 à 2 000 euros.
Pour Sabrina Roubache, cet ajustement vise principalement les grandes entreprises. « Les grandes structures disposent désormais d’une aide de 2 000 euros au lieu de 5 000 euros. Elles sont en mesure d’absorber cette différence. Les plus petites entreprises, elles, ont été préservées et il n’y aura pas de nouvelle réduction », assure-t-elle. La ministre rappelle néanmoins que le modèle reposant exclusivement sur des financements publics ne peut pas être maintenu durablement.
Parallèlement, d’autres mesures budgétaires ont concerné les CFA avec la baisse des niveaux de prise en charge (NPEC) et l’instauration d’un financement basé sur le nombre réel de jours de formation. Les apprentis ont également été touchés par la suppression de l’aide de 500 euros au permis de conduire en février 2026 et par la réduction de l’aide au premier équipement pédagogique. Celle-ci reste fixée à 500 euros pour les formations de niveaux 3 et 4, passe à 300 euros pour le niveau 5 et disparaît pour les niveaux supérieurs.
Une priorité donnée aux premiers niveaux de qualification
La ministre justifie le maintien des aides au premier équipement pour les CAP et les baccalauréats professionnels par la volonté de soutenir les jeunes qui entrent dans leur premier parcours de formation. Elle rappelle que certaines filières, comme la coiffure, la boucherie ou encore l’hôtellerie-restauration, nécessitent un matériel souvent coûteux dès le début de la formation.
Face à une hausse du chômage des jeunes de 2,8 points sur un an, Sabrina Roubache souhaite également renforcer la mobilité des apprentis. Elle prévoit de mettre en place un leasing social permettant aux jeunes vivant dans les zones rurales d’accéder plus facilement à une voiture sans permis. Le gouvernement envisage aussi d’augmenter le nombre de places disponibles en internat afin de faciliter les déplacements liés à la formation.
Enfin, la ministre a annoncé qu’un conseil national de la refondation sur l’attractivité de la filière professionnelle se tiendra en octobre 2026. Cette instance réunira les familles, les jeunes, les enseignants, les représentants syndicaux et les chefs d’entreprise afin d’identifier des solutions concrètes pour renforcer l’attractivité des formations professionnelles et soutenir durablement l’apprentissage.

SOURCE : AEF INFO

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