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ÉDUCATION
18
October 2024

Suppression de 4 000 postes d'enseignants : face à la colère syndicale, le ministère de l'Éducation rouvre les discussions sur les rémunérations

L'intersyndicale a été reçue mercredi par la direction du cabinet de la ministre Anne Genetet, qui souhaite remettre la question salariale sur la table des négociations. Une nouvelle réunion est prévue le 21 octobre.

Un geste sur les salaires pour apaiser les tensions ? Alors que le projet de loi de finances pour 2025 prévoit la suppression de 4 000 postes d'enseignants, le ministère de l'Éducation nationale a annoncé, mercredi 16 octobre, son intention de lancer des discussions sur la rémunération et les conditions de travail du personnel enseignant. L'intersyndicale avait déposé une "alerte sociale" en début de semaine, préalable à un préavis de grève, pour contester les réductions budgétaires prévues.

Sept syndicats (FSU, Unsa, FO, CFDT Éducation, CGT Éduc’action, Snalc et Sud Éducation) ont été reçus par le cabinet de la ministre. Ce dernier assure ne pas avoir "attendu" la grogne pour aborder le sujet. Une nouvelle réunion est prévue le 21 octobre pour anticiper la rentrée 2025.

Revaloriser les AESH et les salaires en milieu de carrière

Le ministère a proposé quatre axes de travail, dont une revalorisation des salaires pour les plus bas salaires, en particulier les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et les assistants d'éducation (AED). Ils bénéficieront dès novembre d'une augmentation du SMIC, applicable sur leur fiche de paie. Cette mesure s'ajoute au financement de 2 000 nouveaux AESH prévu dans le budget 2025. Selon le ministère, 50 000 AED devraient profiter de cette hausse.

Anne Genetet prévoit également d'augmenter les progressions salariales pour compenser le tassement des rémunérations en milieu de carrière. Plus de 100 000 enseignants pourraient bénéficier d'une augmentation de 150 à 350 euros nets par mois d'ici 2027. Cette revalorisation s'ajoute à la hausse des promotions "hors classe" annoncée en 2023 par Pap Ndiaye, mais initialement limitée jusqu'en 2025.

Une volonté de rééquilibrer les postes

Des augmentations sont également envisagées pour le personnel de direction et de santé scolaire. Le ministère souhaite également renforcer le nombre de CPE (conseillers principaux d'éducation) et d'assistants d'éducation dans les établissements marqués par la violence. Tous les syndicats ont accepté d'ouvrir un "nouvel agenda social" pour entamer un dialogue sur ces propositions.

Cependant, Caroline Brisedoux, secrétaire nationale de la CFDT Éducation, souligne qu'aucune annonce concrète n'a été faite sur les carrières et les rémunérations. Elle déclare que la réunion a été "tendue". Avec un budget de 63 milliards d'euros en 2025, l'Éducation nationale demeure le premier poste de dépense de l'État, et le ministère affirme avoir des marges de manœuvre pour financer ces revalorisations salariales et augmenter le nombre de CPE. Anne Genetet a également laissé entendre que des ajustements sur les suppressions de postes pourraient être discutés lors du débat parlementaire sur le budget 2025.

L'occasion d'améliorer le système scolaire français

Depuis l'annonce du projet de loi de finances, la suppression de postes est vivement critiquée par les syndicats. Le ministère justifie cette décision par la baisse de la démographie scolaire, avec 21,4 élèves par classe en primaire à la rentrée prochaine, ce qui permettrait de ne pas remplacer les départs à la retraite ou les postes de contractuels. Les suppressions seront réparties en fonction des disciplines pour préserver celles en tension, avec des arbitrages académiques à venir entre décembre et février.

Cependant, l'intersyndicale estime que cette baisse du nombre d'élèves devrait au contraire être "l'occasion d'améliorer le système scolaire", sans toucher aux emplois. Actuellement, la France compte parmi les classes les plus chargées de l'Union européenne, avec deux élèves de plus que la moyenne en primaire et trois au collège. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a dénoncé sur X le bilan d’Emmanuel Macron, rappelant que 8 865 suppressions de postes ont eu lieu dans le secondaire, alors que les effectifs d'élèves ont augmenté.

SOURCE : FRANCE INFO

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