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ÉDUCATION
1
September 2026

Téléphone portable au lycée : une interdiction difficile à appliquer dès la rentrée

Alors que l’interdiction du téléphone portable dans les lycées doit entrer en vigueur dès cette rentrée de septembre, sa mise en œuvre suscite déjà des interrogations chez les enseignants. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que les établissements ne pourront vraisemblablement pas appliquer cette mesure immédiatement dès le retour des élèves ce mardi. Entre modification des règlements intérieurs, surveillance, sanctions et place du numérique dans les établissements, plusieurs questions restent encore à résoudre.

Une rentrée scolaire sans téléphone portable pour les lycéens ? Dès ce mardi, les élèves retrouveront le chemin de leur établissement avec une nouvelle règle annoncée pour cette rentrée : l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, une mesure souhaitée par Emmanuel Macron.

Sur le papier, la règle semble claire. Dans les faits, son application pourrait toutefois s’avérer beaucoup plus complexe. Invitée sur RTL, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU et elle-même professeure de sciences économiques et sociales dans un lycée de l’Essonne, a notamment alerté sur les difficultés auxquelles les équipes éducatives risquent d’être confrontées.

Selon la représentante syndicale, les établissements ont disposé de trop peu de temps pour organiser concrètement cette interdiction avant le retour des élèves.

« C’est d’autant moins facile à faire appliquer que la mesure est arrivée la semaine dernière et que dans les prochains jours, non, les téléphones portables ne seront pas interdits dans les lycées », explique Sophie Vénétitay.

Pour elle, la mise en œuvre de cette nouvelle règle nécessitera nécessairement une période d’adaptation et des échanges au sein des établissements. « Il va falloir du temps, de la concertation pour mettre à jour le règlement intérieur pour savoir exactement ce qu’on fait », souligne-t-elle.

Une organisation d’autant plus complexe que les enseignants ne réalisent eux-mêmes leur rentrée que ce lundi, soit seulement quelques heures avant le retour des lycéens dans les établissements.

De nombreuses questions autour de la place du numérique

Le calendrier particulièrement resserré laisse donc peu de temps aux équipes éducatives pour organiser concrètement l’interdiction du téléphone portable.

Mais au-delà du délai nécessaire pour modifier les règles internes de chaque lycée, cette décision soulève plusieurs questions très concrètes concernant le quotidien des établissements.

« Il va se poser plein d’autres questions sur la surveillance, les sanctions, ce qu’on fait du téléphone portable, du travail éducatif aussi autour du numérique », prévient Sophie Vénétitay.

Les établissements devront notamment déterminer les modalités précises de l’interdiction. Les équipes éducatives devront savoir dans quelles circonstances le téléphone pourra être utilisé ou non, quelles sanctions pourront être appliquées en cas de non-respect de la règle et comment organiser la surveillance des élèves.

La question du devenir du téléphone pendant la journée scolaire devra également être abordée. Chaque établissement devra définir des modalités adaptées à son fonctionnement et intégrer ces nouvelles règles dans son règlement intérieur.

Pour Sophie Vénétitay, le débat dépasse cependant la seule utilisation du smartphone. Il pose plus largement la question de la place accordée aux outils numériques dans l’enseignement.

La secrétaire générale du Snes-FSU dénonce notamment ce qu’elle considère comme un « double discours du ministère », qui chercherait d’un côté à limiter l’utilisation des téléphones portables tout en encourageant, de l’autre, le développement des usages numériques dans les établissements scolaires.

« D’un côté, on nous dit qu’il faut utiliser des tablettes, des ordinateurs, qu’il faut utiliser plein de nouveaux logiciels, et de l’autre côté, on nous dit pas de téléphone portable », explique-t-elle.

Pour la représentante syndicale, cette situation peut apparaître contradictoire aux yeux des équipes éducatives. Les enseignants sont régulièrement encouragés à intégrer davantage d’outils numériques dans leurs pratiques pédagogiques, tandis que l’utilisation d’un appareil numérique particulièrement répandu chez les adolescents doit désormais être davantage encadrée.

Ce paradoxe participe, selon Sophie Vénétitay, à une rentrée scolaire déjà marquée par de nombreuses annonces et interrogations.

Elle estime ainsi que cette nouvelle mesure vient « faire partie un peu de la cacophonie de la rentrée », dans un contexte où les équipes éducatives doivent gérer simultanément plusieurs changements.

Une rentrée également marquée par un mouvement de grève

L’interdiction du téléphone portable n’est en effet pas le seul sujet qui mobilise les enseignants en cette rentrée scolaire.

Les premières semaines de septembre devraient également être marquées par plusieurs mobilisations sociales. Une grève nationale est notamment prévue le 29 septembre afin d’alerter sur la question des rémunérations dans l’Éducation nationale.

De son côté, le Snes-FSU a déjà déposé « un préavis de grève pour toute la semaine de la rentrée et pour l’ensemble du mois de septembre ».

La question des salaires reste l’un des principaux motifs de mécontentement exprimés par les enseignants. Les organisations syndicales considèrent notamment que les rémunérations demeurent insuffisantes au regard des responsabilités exercées et des difficultés rencontrées par la profession.

Sophie Vénétitay rappelle notamment les engagements pris par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2022. Le président de la République avait alors promis une augmentation de 10 % des salaires « sans condition pour tous les enseignants ».

Pour la secrétaire générale du Snes-FSU, cette promesse n’a pas été tenue à la hauteur des attentes de la profession.

Elle estime ainsi qu’Emmanuel Macron « a échoué sur la question des salaires, comme il a échoué sur bien d’autres points de l’Éducation nationale ».

Au-delà de la question du pouvoir d’achat des enseignants, les rémunérations jouent également un rôle majeur dans l’attractivité du métier. Depuis plusieurs années, l’Éducation nationale rencontre en effet des difficultés à recruter suffisamment de professeurs dans plusieurs disciplines et territoires.

Pour Sophie Vénétitay, cette situation est directement liée aux conditions d’exercice de la profession et au niveau des salaires proposés aux enseignants.

Le manque d’attractivité du métier continue ainsi d’avoir des conséquences sur l’organisation de la rentrée scolaire. Les établissements doivent une nouvelle fois composer avec des postes non pourvus et des difficultés de recrutement.

La secrétaire générale du Snes-FSU estime ainsi que cette rentrée sera de nouveau marquée par une situation désormais régulièrement dénoncée par les syndicats : « il n’y aura pas un professeur devant chaque classe ».

Entre la mise en place de l’interdiction du téléphone portable, les interrogations autour de l’utilisation du numérique, les revendications salariales et les difficultés persistantes de recrutement, cette rentrée scolaire s’annonce donc particulièrement chargée pour les enseignants et les équipes éducatives.

SOURCE : rtl.fr

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