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ÉDUCATION
26
August 2026

Téléphone portable au lycée : une interdiction difficile à appliquer dès la rentrée

À une semaine de la rentrée scolaire, le gouvernement assure que l’interdiction du téléphone portable au lycée pourra entrer en vigueur dès le 1er septembre. Sur le terrain, plusieurs représentants des personnels estiment toutefois que tous les établissements ne seront pas en mesure d’appliquer immédiatement la mesure, notamment en raison des modifications nécessaires des règlements intérieurs et des contraintes matérielles liées au stockage des appareils.

L’interdiction des téléphones portables dans les lycées pourra-t-elle réellement être appliquée dès la rentrée ? Selon le gouvernement, la mesure « pourra l’être dès la rentrée », a indiqué lundi 24 août la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Emmanuel Macron a décidé de promulguer la loi contenant cette disposition malgré la censure par le Conseil constitutionnel de l’une de ses mesures principales : l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Dans les établissements scolaires, l’application immédiate de cette nouvelle règle semble cependant plus complexe. Invitée sur RTL lundi 24 août, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, estime qu’une interdiction généralisée dès le 1er septembre sera difficilement réalisable.

Une application impossible partout dès le 1er septembre

Pour Sophie Vénétitay, le fait que la mesure soit applicable à la rentrée ne signifie pas que tous les lycées pourront effectivement interdire les téléphones portables dès le premier jour.

Selon elle, les quelques jours séparant la promulgation de la loi de la rentrée ne laisseront pas suffisamment de temps aux établissements pour adapter leur organisation.

L’interdiction nécessite notamment une modification du règlement intérieur. Cette procédure suppose de consulter différentes instances de l’établissement, parmi lesquelles le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d’administration.

Or, de nombreux lycées n’ont pas pu engager ces démarches pendant l’été puisque les établissements étaient fermés durant les vacances scolaires.

À cela s’ajoute une difficulté matérielle : les établissements doivent réfléchir à la manière dont les téléphones seront éventuellement récupérés, conservés ou stockés pendant le temps scolaire.

Pour la secrétaire générale du SNES-FSU, ces difficultés sont directement liées à la rapidité avec laquelle le ministère a souhaité mettre en place la mesure.

Elle estime que les alertes formulées par les organisations syndicales n’ont pas suffisamment été prises en compte et redoute que les établissements soient contraints de « bricoler » des solutions à la rentrée, avec des pratiques susceptibles de varier fortement d’un lycée à un autre.

Une circulaire jugée trop tardive

Dans un Bulletin officiel initialement publié le 2 juillet puis mis à jour lundi 24 août, le ministère de l’Éducation nationale a confirmé l’entrée en vigueur du principe d’interdiction du téléphone portable au lycée.

Le texte, adressé notamment aux recteurs d’académie, demandait déjà aux établissements d’anticiper cette évolution.

La circulaire indiquait que le principe d’interdiction de l’utilisation des téléphones portables et des autres objets connectés avait vocation à être inscrit dans la loi en cours de discussion ou, si celle-ci n’était pas adoptée avant la rentrée, directement dans le règlement intérieur des établissements.

Une anticipation jugée difficile par Sophie Vénétitay. La responsable syndicale rappelle que la circulaire a été publiée le 2 juillet, à une période où les élèves étaient encore mobilisés par certaines épreuves du baccalauréat et où de nombreux établissements avaient déjà fortement réduit leur activité.

Elle considère ainsi qu’il était peu réaliste de demander aux équipes de modifier leur règlement intérieur à ce moment-là.

Pour la secrétaire générale du SNES-FSU, penser qu’une telle organisation peut être modifiée en quelques jours relève d’une mauvaise prise en compte du fonctionnement réel des établissements scolaires.

Des lycéens partagés sur l’interdiction

Du côté des élèves, la mesure ne fait pas non plus l’unanimité.

Interrogée par RTL, une lycéenne estime que l’interdiction constitue une restriction de ses libertés. Une autre juge la mesure inutile puisque, dans son établissement, les téléphones doivent déjà être rangés ou retirés au début des cours.

Certaines élèves considèrent également que l’interdiction du téléphone dans l’enceinte du lycée ne permettra pas nécessairement de lutter efficacement contre le cyberharcèlement, celui-ci pouvant largement se poursuivre en dehors de l’établissement.

D’autres lycéens voient au contraire plusieurs avantages à cette nouvelle règle.

Une élève estime notamment que l’absence de téléphone pourrait favoriser davantage d’échanges entre les jeunes et les inciter à communiquer directement entre eux.

Une autre évoque une amélioration possible de la concentration pendant la journée scolaire. L’interdiction pourrait aussi, selon certains élèves interrogés, limiter le recours systématique à des outils comme ChatGPT dans le cadre du travail scolaire.

Une nouvelle version attendue sur les réseaux sociaux

L’interdiction du téléphone portable au lycée était intégrée à une loi comprenant également une disposition destinée à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Cette dernière mesure a toutefois été censurée par le Conseil constitutionnel à la mi-août.

Saisi fin juillet par des députés socialistes et de La France insoumise, le Conseil constitutionnel a considéré que la disposition adoptée par le Parlement portait une atteinte insuffisamment adaptée, nécessaire et proportionnée à la liberté d’expression et de communication des jeunes concernés.

Cette décision ne met cependant pas fin au projet du gouvernement concernant l’accès des mineurs aux plateformes sociales.

À la demande d’Emmanuel Macron, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit réfléchir à une nouvelle rédaction du texte prenant davantage en compte les remarques formulées par le Conseil constitutionnel.

Selon Maud Bregeon, l’objectif du président de la République reste de parvenir à un cadre juridique stabilisé d’ici au printemps prochain afin de renforcer la protection des enfants et des adolescents face aux effets des réseaux sociaux.

SOURCE : rtl.fr

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