Total s’immisce sur les bancs de l’université

Une convention entre université et industrie énergétique
Une convention de partenariat a été signée entre l’Université de Montpellier et TotalEnergies. Le dispositif prévoit l’intervention de professionnels du groupe dans le master énergie de la faculté des sciences. Environ soixante heures de cours seraient assurées par ces intervenants, accompagnées de visites de sites industriels, dans une logique affichée d’insertion professionnelle des étudiants.
Cette initiative a surpris plusieurs élus du conseil de la faculté. Mathieu Romagny, enseignant-chercheur à l’Université de Montpellier, reconnaît avoir découvert tardivement l’existence de cet accord, comme d’autres membres du conseil.
Des critiques autour d’un partenariat controversé
Pour une partie des enseignants et élus, cette convention soulève des inquiétudes. Le groupe pétrolier est régulièrement accusé de greenwashing, notamment lorsqu’il met en avant son engagement dans la transition énergétique. Certains estiment que les termes employés dans l’accord sont trompeurs et contribuent à améliorer l’image de l’entreprise auprès des étudiants.
Mathieu Romagny estime que l’université risque de devenir un relais de communication pour une multinationale déjà condamnée pour certaines pratiques liées à son discours environnemental. Il compare cette situation à des stratégies industrielles anciennes ayant consisté à semer le doute sur des sujets scientifiques sensibles.
La défense de l’université de montpellier
La direction de la faculté des sciences défend ce partenariat pédagogique de l’Université de Montpellier. Pour Jean-Michel Marin, doyen de la faculté, il ne s’agit pas d’un soutien politique mais d’une collaboration académique visant à rapprocher les étudiants du monde professionnel.
Il rappelle que TotalEnergies dispose d’un important réseau dans les énergies renouvelables, avec de nombreux sites en France et à l’international. Selon lui, cette présence justifie un échange direct avec les étudiants, afin de mieux comprendre les enjeux du secteur énergétique.
Un débat sur l’influence des grandes entreprises
Les opposants à la convention dénoncent une influence croissante des grandes entreprises dans les universités. Ils estiment que ces partenariats peuvent orienter la perception des étudiants et favoriser des acteurs industriels déjà dominants.
De son côté, la direction assure que l’accord ne remet pas en cause l’indépendance scientifique de l’établissement et qu’il s’agit avant tout d’un outil pédagogique. Les élus critiques demandent toutefois l’annulation du partenariat, estimant qu’il manque de garanties éthiques.

SOURCE : LA MARSEILLAISE

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