Un élève sur deux est scolarisé au sein d’une classe multiniveau (Depp)

Dans une étude publiée en juillet 2026, la Depp examine la situation des classes multiniveaux accueillant les élèves du premier degré. À la rentrée 2025, 48 % des enfants scolarisés en maternelle ou en élémentaire fréquentent ce type de classe, soit une progression de cinq points en dix ans. Cette organisation est présente dans 91 % des écoles françaises, mais son importance varie fortement selon la taille des établissements, leur implantation en milieu rural ou urbain et leur appartenance éventuelle à l’éducation prioritaire. Majoritairement constituées de deux niveaux, les classes multiniveaux se développent dans la quasi-totalité des départements depuis 2015. Elles concernent tous les élèves, de la petite section de maternelle au CM2.
À la rentrée 2025, 91 % des écoles du premier degré disposent d’au moins une classe réunissant plusieurs niveaux, indique la Depp dans son étude consacrée à cette organisation scolaire en France. Ces classes accueillent désormais 48 % de l’ensemble des élèves du premier degré et représentent 47 % des classes présentes sur le territoire national.
La grande majorité d’entre elles rassemble deux niveaux scolaires. Cette configuration concerne 88 % des classes multiniveaux, tandis que 10 % regroupent trois niveaux et que seulement 2 % en réunissent quatre ou davantage.
Une organisation plus répandue dans les petites écoles
La présence des classes multiniveaux dépend fortement de la taille des établissements. Plus une école accueille un nombre important d’élèves, moins cette organisation est fréquente. Dans les établissements comptant entre 20 et 39 élèves, 93 % des enfants sont scolarisés dans une classe regroupant plusieurs niveaux. Parmi eux, 23 % fréquentent même une classe constituée de quatre niveaux ou plus.
Les classes multiniveaux deviennent minoritaires lorsque les écoles dépassent 160 élèves. Leur part reste néanmoins supérieure à 30 % dans les établissements accueillant moins de 300 enfants et s’établit encore à 34 % dans les écoles comptant 300 élèves ou davantage.
Les classes réunissant trois niveaux, bien qu’elles restent particulièrement rares dans les établissements de grande taille, n’en sont pas totalement absentes. Dans les écoles de 300 élèves ou plus, elles accueillent encore environ 1 % des enfants scolarisés.
L’étude met également en évidence une différence d’effectifs entre les deux formes d’organisation. Les classes à niveau unique comptent en moyenne 21,9 élèves, contre 21,1 élèves dans les classes multiniveaux. Dans ces dernières, le nombre moyen d’élèves tend par ailleurs à diminuer lorsque le nombre de niveaux réunis dans une même classe augmente.
En éducation prioritaire, la situation est différente. La très grande majorité des classes dédoublées, notamment en grande section, en CP et en CE1, reste organisée autour d’un seul niveau scolaire.
Des classes multiniveaux plus présentes dans les territoires ruraux
À l’échelle nationale, la proportion d’élèves scolarisés dans une classe multiniveau varie considérablement d’un département à l’autre. Elle s’établit à seulement 5 % à Mayotte et à 10 % en Guyane, alors qu’elle atteint 80 % en Ariège, 78 % en Mayenne et également 78 % en Aveyron.
La part des classes réunissant plusieurs niveaux est généralement plus importante dans les départements faiblement peuplés, où les petites écoles rurales sont nombreuses. Selon la Depp, un lien étroit existe entre la proportion d’élèves scolarisés dans une école rurale et celle des élèves inscrits dans une classe multiniveau. Plus un département présente un caractère rural marqué, plus cette forme d’organisation scolaire y est répandue.
Entre 2015 et 2025, la proportion d’élèves scolarisés dans ces classes a progressé de cinq points dans 93 des 101 départements français. Les augmentations les plus importantes sont observées dans les quatre départements bretons : les Côtes-d’Armor, le Finistère, l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan.
À l’inverse, cette proportion diminue à Mayotte et en Guyane. Ces écarts peuvent notamment s’expliquer par la place occupée par l’éducation prioritaire dans ces territoires. Dans les départements bretons, elle ne concerne qu’entre 1,6 % et 7,3 % des élèves du premier degré. Elle représente en revanche 100 % des élèves à Mayotte et 88 % en Guyane.
Une progression observée à tous les niveaux
En dehors de l’éducation prioritaire, l’augmentation de la proportion de classes multiniveaux concerne l’ensemble des niveaux du premier degré. Cette évolution est particulièrement marquée dans les écoles publiques rurales. Dans ces établissements, 61 % des élèves de CP sont scolarisés avec des enfants d’un autre niveau. Cette part atteint jusqu’à 89 % pour les élèves de moyenne section.
Dans les écoles situées en zone urbaine et ne relevant pas de l’éducation prioritaire, les classes multiniveaux restent moins fréquentes, même si leur présence progresse également.
En 2025, la configuration accueillant le plus grand nombre d’enfants est celle qui réunit les élèves de petite section et de moyenne section. Elle représente 9,4 % de l’ensemble des élèves du premier degré. Les classes associant le CM1 et le CM2 arrivent ensuite, avec 8,8 % des élèves.
Après ces deux configurations viennent les classes constituées d’un seul niveau. À l’inverse, les classes associant la grande section de maternelle et le CP sont les moins courantes. Elles ne regroupent que 2,2 % des élèves, car cette organisation ne peut être mise en place que dans les écoles primaires accueillant à la fois des classes maternelles et élémentaires.
Des pratiques enseignantes différentes selon les classes
Le niveau scolaire des élèves peut également intervenir dans la constitution des classes. Lorsque la situation de l’établissement le permet, l’équipe pédagogique peut tenir compte des acquis et des besoins des enfants pour décider de leur affectation dans une classe à niveau unique ou dans une classe multiniveau, précise la Depp.
L’étude compare également les résultats des élèves selon le type de classe fréquenté à partir de deux compétences fondamentales : la résolution de problèmes et la lecture à voix haute d’un texte. Pour ces deux compétences, les élèves inscrits dans des classes multiniveaux obtiennent de meilleurs résultats que ceux scolarisés dans des classes à niveau unique.
La Depp relève toutefois des différences significatives dans les méthodes employées par les enseignants selon l’organisation de leur classe. Les pratiques de différenciation, qui consistent à adapter les activités aux besoins et au niveau de chaque élève, ainsi que les démarches de remédiation pédagogique, sont plus fréquemment mises en œuvre dans les classes à niveau unique.
Les enseignants considèrent en effet ces pratiques comme plus difficiles à organiser dans les classes regroupant plusieurs niveaux. La diversité des programmes, des apprentissages et des degrés d’autonomie des élèves peut limiter les possibilités d’accompagnement individualisé, même si les résultats observés montrent que les classes multiniveaux ne sont pas nécessairement moins favorables aux apprentissages.

SOURCE : AEFINFO

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