Blog
ÉDUCATION
15
September 2026

Université : le Sénat propose de ne plus faire du bac une garantie automatique d’admission

Une commission d’enquête du Sénat propose de remettre en cause le principe selon lequel l’obtention du baccalauréat garantit automatiquement l’accès à l’université. Dans son rapport consacré à « l’excellence académique » des universités, elle recommande de « lever le tabou de la sélection à l’entrée en licence », de renforcer le rôle des prérequis et de donner davantage de liberté aux établissements pour déterminer leurs conditions d’admission.

Le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique remet directement en question le fonctionnement actuel de l’accès au premier cycle.

Pour les sénateurs, l’obligation faite aux universités d’accueillir tous les titulaires du baccalauréat contribue à une partie des difficultés rencontrées en licence.

Ils estiment notamment que le lien entre l’échec étudiant et l’absence de sélection à l’entrée de l’université a été régulièrement soulevé au cours de leurs travaux.

Le baccalauréat ne jouerait plus suffisamment son rôle de filtre

Dans le système actuel, le baccalauréat constitue à la fois le diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires et le premier grade universitaire.

Le code de l’éducation prévoit également que le premier cycle universitaire est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat.

Pour la commission, ce principe correspond de moins en moins à la réalité du niveau des étudiants entrant dans le supérieur.

Les sénateurs considèrent que l’augmentation continue du taux de réussite au baccalauréat a progressivement réduit son rôle de filtre entre le lycée et l’université.

Le rapport estime ainsi que certains nouveaux bacheliers arrivent à l’université sans disposer des connaissances ou compétences nécessaires pour suivre correctement une licence.

Lever le tabou de la sélection à l’entrée en licence

Face à ce constat, la commission recommande de « lever le tabou de la sélection à l’entrée en licence ».

Elle propose notamment de retirer au baccalauréat sa qualité de premier grade universitaire et de mettre fin au droit automatique d’accès à l’enseignement supérieur pour tous ses titulaires.

L’obtention du bac resterait une condition nécessaire pour poursuivre des études supérieures, mais ne garantirait plus à elle seule une place à l’université.

L’accès à une formation pourrait alors davantage dépendre du niveau académique, du projet du candidat et de sa capacité à suivre le cursus demandé.

Donner davantage de liberté aux universités

La commission souhaite également permettre aux universités de déterminer elles-mêmes les conditions et modalités d’accès à leurs formations de premier cycle.

Aujourd’hui, les licences dites non sélectives doivent accepter les candidats tant que leur capacité d’accueil n’est pas atteinte.

Les universités peuvent classer les dossiers lorsque les demandes dépassent le nombre de places disponibles, mais elles ne peuvent pas refuser directement un candidat uniquement parce que son profil ne correspond pas aux prérequis de la formation.

Le rapport souhaite modifier cette logique.

Les établissements pourraient ainsi davantage sélectionner les candidatures en fonction des compétences nécessaires pour réussir dans chaque formation.

Une sélection qui existe déjà de manière indirecte

Pour les sénateurs, l’absence officielle de sélection à l’entrée en licence ne signifie pas qu’aucune sélection n’existe dans le système universitaire.

Dans les formations les plus demandées, les capacités d’accueil limitées permettent déjà de classer les candidats et créent une sélection de fait.

Dans les autres formations, la sélection intervient parfois plus tard, lorsque les étudiants échouent ou abandonnent en première ou deuxième année.

La commission parle ainsi d’une « sélection différée et par l’échec ».

Selon elle, cette situation est particulièrement pénalisante pour les étudiants, qui peuvent perdre plusieurs mois ou plusieurs années avant de se réorienter.

Renforcer les prérequis dans Parcoursup

Le rapport souhaite également renforcer le poids des prérequis académiques dans l’orientation des lycéens.

Les spécialités choisies au lycée pourraient notamment jouer un rôle plus important dans l’accès aux différentes formations de l’enseignement supérieur.

Les sénateurs souhaitent que les élèves soient mieux informés dès la seconde sur les conséquences de leurs choix de spécialités pour la poursuite d’études.

Ils proposent aussi de mieux prendre en compte les résultats obtenus dans ces enseignements lors de l’examen des dossiers Parcoursup.

Mieux accompagner l’orientation au lycée

La commission considère également que les difficultés rencontrées à l’université sont en partie liées à un manque d’accompagnement en amont.

Elle souligne notamment les limites des 54 heures annuelles théoriquement consacrées à l’orientation au lycée.

Le rapport souhaite que ce temps soit réellement mis en œuvre et permette à chaque élève de construire un projet personnel d’accès à l’enseignement supérieur.

L’objectif serait notamment d’éviter les inscriptions par défaut dans des formations ne correspondant ni aux aspirations ni aux compétences des étudiants.

Supprimer le pouvoir d’inscription du recteur

Autre proposition : supprimer la possibilité pour le recteur d’inscrire dans une formation de premier cycle un candidat qui n’aurait obtenu aucune proposition d’admission sur Parcoursup.

La commission estime que cette procédure peut conduire à des inscriptions mal adaptées au profil ou au projet de certains étudiants.

Elle souhaite donc donner davantage de maîtrise aux universités sur leurs propres recrutements.

Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus générale de renforcer l’autonomie des établissements dans la gestion de leurs formations et de leurs capacités d’accueil.

Deux tiers des Français favorables à davantage de sélection

Le rapport s’appuie également sur un sondage réalisé pour la commission d’enquête.

Selon cette enquête, environ deux tiers des personnes interrogées se déclareraient favorables à un renforcement de la sélection à l’entrée de l’université dès la première année de licence.

Cette proportion atteindrait 73 % parmi les personnes ayant au moins un enfant étudiant ou ayant étudié à l’université en France.

Pour les sénateurs, ces résultats montrent que la question de la sélection pourrait être davantage débattue dans le cadre d’une réforme de l’accès à l’enseignement supérieur.

SOURCE : LAVOIXDUNORD

En savoir plus sur nos solutions pour les établissements scolaires
La plaquette pour animer la communauté de votre établissement
Partager ce contenu

Nos réalisations

Découvrez nos références, nos réalisations et nos travaux pour des établissements.

C'est tout frais de nos experts

Réforme du financement de l’apprentissage : ce qui change pour un CFA en 2026-2027 et les conséquences sur le recrutement
COMMUNICATION
30
October 2026

Réforme du financement de l’apprentissage : ce qui change pour un CFA en 2026-2027 et les conséquences sur le recrutement

Baisse des NPEC, aides recalibrées, exigences qualité : découvrez ce que la réforme de l’apprentissage change pour votre CFA et comment adapter votre recrutement.
Enseignement supérieur privé en 2027 : les chiffres qui vont décider de vos inscriptions
COMMUNICATION
30
October 2026

Enseignement supérieur privé en 2027 : les chiffres qui vont décider de vos inscriptions

Démographie, Parcoursup, alternance, IA : découvrez les chiffres clés qui vont décider des inscriptions de l’enseignement supérieur privé en 2027.
IA et pré-qualification des prospects d’une école : ce qu’elle fait bien, ce qu’elle rate, et le bon partage des rôles
COMMUNICATION
30
October 2026

IA et pré-qualification des prospects d’une école : ce qu’elle fait bien, ce qu’elle rate, et le bon partage des rôles

L’IA peut-elle vraiment pré-qualifier les prospects d’une école ? Découvrez ce qu’elle fait bien, ce qu’elle rate et comment la combiner avec l’humain.