Aptitudes physiques des élèves de 6e : seuls 34 % atteignent un niveau satisfaisant en endurance

Des résultats préoccupants issus des évaluations nationales
Quelles sont les aptitudes physiques des élèves entrant au collège à la rentrée 2026 ? Selon les tests d’évaluation conçus par la Depp, auxquels environ un tiers des élèves de 6e ont participé, 54,8 % des élèves obtiennent un résultat satisfaisant au test de vitesse. En revanche, seuls 45,5 % présentent une maîtrise satisfaisante au test de force musculaire, et seulement 34,2 % au test d’endurance. Des résultats jugés inquiétants par le Snep-FSU, qui met en cause la conception même du sport à l’école, ces tests étant principalement axés sur une approche sanitaire.
Une évaluation nationale déployée à grande échelle
Dans une note publiée le 5 février 2026, la Depp présente les résultats des évaluations des aptitudes physiques des élèves de sixième à la rentrée 2025. Cette mesure avait été évoquée par le président de la République en septembre 2023 afin de mieux suivre l’évolution de la condition physique des jeunes, avant d’être expérimentée auprès de 4 000 élèves à la rentrée 2024, puis généralisée un an plus tard à la demande d’Élisabeth Borne.
Au total, 266 925 élèves ont été évalués dans plus de 2 810 établissements volontaires, relevant du secteur public et du secteur privé sous contrat. Cela représente 32 % des élèves entrant en 6e et 40 % des établissements concernés. Les auteurs de l’étude rappellent que ce dispositif, élaboré par le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, vise à fournir aux équipes pédagogiques un outil standardisé permettant d’évaluer les aptitudes physiques de chaque élève.
Des performances meilleures en vitesse
Le premier test porte sur la vitesse, avec une course de 30 mètres à parcourir le plus rapidement possible. En moyenne, les élèves de 6e réalisent cette distance en six secondes, 99 % des temps mesurés se situant entre quatre et huit secondes.
La proportion d’élèves présentant une maîtrise satisfaisante, définie par un temps inférieur à six secondes, atteint 54,8 % en 2025. Ce chiffre reste toutefois inférieur à celui observé lors de l’expérimentation de 2024, où il s’élevait à 60,3 %. La Depp souligne néanmoins qu’il s’agit du test pour lequel la part d’élèves présentant une maîtrise satisfaisante est la plus élevée parmi les trois évaluations proposées.
Comme pour les autres épreuves, les garçons affichent de meilleures performances que les filles, avec 63,3 % contre 45,9 %. Toutefois, c’est sur ce test que l’écart entre les sexes est le plus limité. Les élèves scolarisés dans le privé sous contrat courent également en moyenne plus vite que ceux du public, avec un gain de 0,1 à 0,2 seconde. Dans le secteur public, les élèves hors éducation prioritaire obtiennent des résultats légèrement supérieurs à ceux scolarisés en REP et REP+, avec un écart significatif de 0,1 seconde.
Moins d’un élève sur deux atteint un niveau satisfaisant en force musculaire
Le test de force musculaire repose sur un saut en longueur sans élan. Les élèves atteignent en moyenne une distance de 138,5 cm, et neuf élèves sur dix se situent entre 100 et 180 cm. En 2025, 45,5 % des élèves dépassent le seuil de maîtrise satisfaisante fixé à 140 cm, contre 46,9 % lors de l’expérimentation menée en 2024.
La Depp observe à nouveau un écart marqué entre les sexes, les garçons affichant des performances supérieures de 20,9 points. La proportion d’élèves atteignant une maîtrise satisfaisante est également plus élevée dans le secteur privé sous contrat, à 50,4 %, contre 45,2 % dans le public hors éducation prioritaire, 40,1 % en REP et 39,5 % en REP+.
L’endurance, principal point de fragilité
Le test d’endurance consiste à courir par paliers successifs entre deux lignes espacées de 20 mètres, en respectant une vitesse imposée, le plus longtemps possible. En moyenne, les élèves complètent entièrement 2,8 paliers. Toutefois, 18 % des élèves ne parviennent pas à terminer le premier palier.
La proportion d’élèves présentant une maîtrise satisfaisante, définie par le dépassement du quatrième palier, n’atteint que 34,2 % en 2025, contre 43 % lors de la session précédente, une comparaison que la Depp invite toutefois à interpréter avec prudence. Parmi les trois épreuves, l’endurance est celle pour laquelle la part de maîtrise satisfaisante est la plus faible.
C’est également le test qui révèle les écarts les plus marqués selon le sexe, le retard scolaire, le type d’établissement et le profil social. Le niveau de maîtrise progresse avec le profil social de l’établissement : 25,3 % des élèves issus des établissements les moins favorisés atteignent une maîtrise satisfaisante, contre 43,4 % dans les établissements les plus favorisés, soit un écart de 18,1 points.
Une conception du sport à l’école remise en question
Pour Coralie Benech, co-secrétaire générale du Snep-FSU, ces résultats confirment une baisse continue des aptitudes physiques des collégiens, en particulier en endurance. Elle juge ces données préoccupantes, tout en rappelant que le syndicat alerte sur ce phénomène depuis plusieurs années. Elle déplore également que ces tests soient utilisés comme des évaluations nationales, sans information préalable des organisations syndicales.
Selon elle, ces résultats interrogent surtout la conception actuelle du sport à l’école, qui tend à réduire l’EPS à une simple activité physique quotidienne à visée sanitaire. Une orientation qui, selon la syndicaliste, ne permettra pas de mobiliser durablement les élèves. Elle plaide au contraire pour une augmentation du nombre d’heures d’EPS, seule discipline capable de répondre à la fois aux enjeux culturels, éducatifs et de santé liés à la pratique sportive. Une ambition qui suppose des investissements, mais pose surtout la question de la volonté politique à résoudre durablement cette problématique.

SOURCE : AEF INFO

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