Former les étudiants à l’intégrité académique : les enseignements de la recherche québécoise

La Revue internationale de pédagogie universitaire de l’Association internationale de pédagogie universitaire a publié, le 15 décembre 2025, un numéro spécial consacré à la formation à l’intégrité académique dans les universités. Cet ensemble de travaux, centré sur des recherches menées au Québec, propose de repenser les approches institutionnelles en privilégiant l’apprentissage et le développement des compétences plutôt que la seule logique de sanction. L’éditorial insiste sur la nécessité de déplacer le regard, afin de consolider durablement l’intégrité académique dans un contexte marqué par l’essor des technologies numériques et des outils d’intelligence artificielle générative (IAG).
Une approche pédagogique plutôt que punitive
L’édito intitulé « Pistes de réflexion issues de recherches au Québec » souligne que l’intégrité académique ne peut être efficacement renforcée qu’en s’éloignant d’une approche centrée sur la punition. Selon les auteurs, c’est en misant sur l’apprentissage et le développement progressif des compétences que les universités peuvent garantir la qualité et l’authenticité des diplômes délivrés. Cette vision considère l’intégrité académique non comme une simple question de contrôle ou de détection des fraudes, mais comme un processus pédagogique à part entière, impliquant l’ensemble de la communauté universitaire.
Un engagement institutionnel à long terme
Dans un article publié en ouverture de ce numéro spécial de la Revue Ripes, il est affirmé que, pour former à l’intégrité académique à l’ère du numérique, les universités doivent s’inscrire dans une démarche proactive et intégrée. Cette démarche suppose un engagement institutionnel fort, dépassant les actions ponctuelles ou les dispositifs uniquement répressifs. La montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les pratiques étudiantes vient en effet interroger les cadres existants et accentuer la complexité de la problématique.
Former les enseignants pour accompagner les étudiants
Selon l’auteure de l’article, Nicole Monney, professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Chicoutimi, cette transformation passe notamment par un investissement accru dans la formation pédagogique des enseignants. Ceux-ci doivent être en mesure d’accompagner de façon continue le développement des compétences fondamentales des étudiants, qu’elles soient rédactionnelles, informationnelles ou liées au référencement des sources.
Elle souligne également l’importance de renforcer le lien de confiance entre le personnel enseignant et les étudiants. Cette relation constitue un levier essentiel pour instaurer un climat propice à l’apprentissage, dans lequel les étudiants se sentent soutenus dans l’acquisition de pratiques académiques rigoureuses.
L’intégrité académique comme processus collectif
Nicole Monney rappelle que l’intégrité académique ne saurait être réduite à une simple affaire de détection et de sanction des infractions. Elle doit au contraire être envisagée comme un processus pédagogique global, reposant sur une action concertée entre les étudiants, les enseignants et les institutions. En recentrant les pratiques sur le développement de compétences et la compréhension des enjeux, les universités peuvent renforcer durablement les pratiques éthiques et responsables dans les parcours de formation.
Un fossé persistant autour du plagiat
Sur la question spécifique de l’évitement du plagiat, l’article met en évidence un décalage persistant entre les attentes du corps enseignant et les besoins exprimés par les étudiants. D’un côté, certains enseignants considèrent que les compétences liées à l’écriture académique et au référencement devraient être acquises avant l’entrée à l’université. De l’autre, une majorité d’étudiants exprime le besoin de consolider ces savoir-faire durant leurs études de premier cycle, confrontés à la complexité croissante des exigences académiques.
L’intelligence artificielle et la nécessité de lignes claires
L’intégration des technologies numériques, et en particulier des outils d’intelligence artificielle générative, vient complexifier davantage la situation. Selon l’article, cette évolution impose aux établissements d’enseignement supérieur de définir des lignes directrices claires concernant l’utilisation acceptable de ces outils. Ces orientations doivent aller au-delà de définitions parfois floues de l’infraction académique, afin d’apporter un cadre compréhensible et partagé par l’ensemble des acteurs.
Dans ce contexte, le rôle de l’enseignant évolue. Il ne s’agit plus uniquement de surveiller ou de sanctionner, mais de promouvoir l’autonomie des étudiants et de stimuler leur pensée critique. Cette évolution est présentée comme un levier central pour former des étudiants responsables, capables d’utiliser les outils numériques de manière éthique et réfléchie.

SOURCE : AEF INFO

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