La France parmi les champions mondiaux de l’utilisation de l’IA

La France s’impose aujourd’hui comme l’un des pays les plus avancés en matière d’adoption de l’intelligence artificielle générative. Près de 44 % des actifs français utilisent déjà ChatGPT ou des outils similaires comme Grok ou Gemini. Ce chiffre place l’Hexagone à la cinquième place mondiale, selon l’étude Global AI Adoption in 2025 publiée par Microsoft. Une performance remarquable qui illustre l’accélération très rapide des usages, mais qui soulève également des questions environnementales et éthiques.
Une progression rapide dans le classement mondial
Dans le détail, la France se situe derrière les Émirats arabes unis (64 %), Singapour (61 %), la Norvège (46 %) et l’Irlande (45 %). En seulement un an, l’adoption de l’IA par les actifs français a progressé de 3,1 points. Une évolution plus rapide que celle observée en Allemagne ou aux États-Unis, dont la croissance reste limitée à environ +2 % sur la même période. Cette dynamique confirme une véritable appropriation des outils d’IA par la population active française.
Les raisons d’un engouement marqué pour l’IA
Plusieurs facteurs expliquent cet enthousiasme. La France bénéficie d’un écosystème particulièrement dynamique, porté par des acteurs majeurs comme Mistral AI, et par des entreprises qui intègrent l’IA à grande vitesse dans leurs processus. L’État joue également un rôle moteur en soutenant l’innovation et la structuration du secteur. Comme le souligne Luc Julia, co-créateur de Siri, dans un entretien accordé à Aivancity, la France se distingue par la combinaison d’une base scientifique solide et d’une conscience éthique particulièrement développée.
L’IA comme nouveau collègue de travail
C’est avant tout dans le monde professionnel que l’intelligence artificielle se diffuse le plus rapidement. Selon l’Insee, un tiers des entreprises de plus de 250 salariés utilisent déjà des outils d’IA. Du côté des TPE et PME, le Baromètre France Num 2025 révèle que l’adoption a doublé en un an pour atteindre 26 %. De nombreux actifs découvrent ainsi l’IA dans leur environnement de travail avant de l’intégrer à leurs usages personnels.
Un accompagnement institutionnel structuré
L’État accompagne cette transformation par des dispositifs de formation et un cadre réglementaire clair. La CNIL, le ministère de l’Éducation nationale ou encore l’Agence nationale de la cohésion des territoires déploient plusieurs programmes visant à sensibiliser aux biais algorithmiques et à promouvoir un usage responsable du numérique. Cette volonté politique s’est concrétisée dès 2024 par la création d’un poste ministériel dédié, avec la nomination de Clara Chappaz comme ministre de l’Intelligence artificielle et du Numérique. L’objectif est clair : encourager l’innovation tout en limitant les dérives.
Une position européenne forte, mais des défis persistants
Si la France se distingue en Europe, elle n’est pas la seule à mener une stratégie ambitieuse. Les pays nordiques, Singapour et les Émirats arabes unis investissent depuis longtemps dans des politiques claires et structurées. À l’inverse, les États-Unis, pourtant leaders dans la recherche et le développement des grands modèles d’IA, n’occupent que la 24e place mondiale avec 28 % d’utilisateurs. Cette situation démontre que développer la technologie ne suffit pas : encore faut-il qu’elle soit réellement adoptée par les populations.
Les enjeux environnementaux et sociétaux de l’IA
Cette explosion des usages n’est cependant pas sans conséquences. Les outils d’IA générative consomment des quantités considérables d’électricité pour alimenter des data centers toujours plus vastes. L’Agence internationale de l’énergie estime que la consommation énergétique du secteur pourrait être multipliée par dix d’ici 2026. Google, par exemple, a vu ses émissions de CO₂ augmenter de 48 % depuis 2019, selon le ministère de la Transition écologique.
Par ailleurs, le fossé numérique demeure important. Selon Microsoft, 25 % des actifs utilisent l’IA dans les pays du Nord, contre seulement 14 % dans les pays du Sud. Si la France démontre qu’une adoption rapide et structurée est possible, le défi reste majeur : garantir une IA plus équitable et plus sobre sur le plan environnemental, afin d’en faire un progrès réellement partagé.

SOURCE : lepoint.fr

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