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ÉDUCATION
14
January 2026

La Fédération nationale des directeurs de CFA réclame "un moratoire en 2026" face aux restrictions budgétaires sur l’apprentissage

En ce début d’année 2026, le président de la Fédération nationale des directeurs de CFA, Jean Philippe Audrain, a adressé des "vœux de coconstruction" aux pouvoirs publics. Alors que plusieurs mesures d’économies budgétaires sont déjà entrées en vigueur et que d’autres sont annoncées dans l’écosystème de l’apprentissage, la Fnadir a rendu public, lors d’une conférence de presse organisée le 12 janvier, un manifeste appelant à "un moratoire en 2026". Sans cette pause, la fédération alerte sur le risque de voir certains CFA contraints de fermer dès 2027.

Un manifeste issu du congrès national de la Fnadir

Le manifeste présenté par la Fnadir a été élaboré à l’issue de son congrès national, organisé à Nantes du 10 au 12 décembre 2025. Cet événement a également été l’occasion pour son président, Jean Philippe Audrain, de célébrer les 40 ans de la fédération. Ce texte se veut à la fois un document d’alerte et une base de dialogue avec les institutions publiques.

Déjà à plusieurs reprises à la fin de l’année 2025, la Fnadir avait dénoncé les effets cumulatifs des mesures d’économie décidées par le gouvernement sur le financement de l’apprentissage. En ce début d’année, la fédération renouvelle son "cri d’alerte". "Nous souhaitons que nos vœux de coconstruction et d’intelligence collective soient enfin entendus", a insisté Jean Philippe Audrain lors de la conférence de presse organisée en ligne le 12 janvier 2026.

Une demande de concertation restée sans réponse

L’objectif du manifeste est clair : "demander un moratoire aux institutions" afin de permettre aux différents acteurs de "se concerter et se mettre autour de la table", a résumé le délégué national de la Fnadir, Alban Margueritat. La fédération indique avoir sollicité, en fin d’année, un rendez-vous auprès du ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, sans obtenir de réponse à ce jour. Elle espère néanmoins pouvoir rencontrer prochainement le délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle, Benjamin Maurice, d’ici la fin du mois de janvier.

Des "coups de boutoir" successifs pour les CFA

Jean Philippe Audrain est revenu sur "un ensemble de mesures réglementaires" adoptées successivement en juillet puis en octobre 2025, ayant entraîné une réduction significative des financements dédiés à l’apprentissage. "Des échanges avec les acteurs institutionnels avaient été annoncés, mais ils n’ont jamais eu lieu", a-t-il regretté. Il a notamment pointé la baisse de l’aide à l’embauche des apprentis et la diminution de la rémunération des CFA, déjà effectives.

À ces décisions s’ajoute désormais l’incertitude liée au projet de loi de finances pour 2026, ainsi qu’à la révision annoncée des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage. Une révision à laquelle la Fnadir affirme ne pas être associée, renforçant le sentiment d’exclusion des acteurs de terrain dans les choix stratégiques opérés.

Une baisse inédite du nombre de contrats d’apprentissage

Ces "coups de boutoir" s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par une baisse démographique et, fait inédit depuis la réforme de 2018, par une diminution du nombre de contrats d’apprentissage en 2025. Selon une enquête flash menée par la Fnadir auprès d’une centaine de ses adhérents, cette baisse serait comprise entre 5 % et 8 % par rapport à la rentrée précédente.

Jusqu’à présent, la croissance continue du nombre de contrats permettait d’absorber les réductions de financement successives. "Ce n’est plus le cas aujourd’hui", a expliqué Jean Philippe Audrain, soulignant que la baisse des effectifs fragilise directement l’équilibre économique des CFA.

Une fragilité croissante de l’écosystème de l’apprentissage

Même en l’absence de données chiffrées exhaustives, la Fnadir fait état de difficultés de trésorerie de plus en plus fréquentes parmi ses adhérents. "Des fermetures de sessions sont observées dans toutes les régions", a indiqué Jean Philippe Audrain, précisant avoir lui-même dû prendre cette décision dans son propre CFA en région Centre-Val de Loire.

Les capacités d’investissement sont désormais fortement réduites. Le président de la fédération s’appuie sur les conclusions d’une étude récente de France compétences, qui met en évidence une baisse du taux de marge des CFA. Là où certains centres parvenaient auparavant à compenser des formations déficitaires par des formations excédentaires, cet équilibre économique n’est aujourd’hui plus tenable.

Un scénario préoccupant à l’horizon 2027

C’est face à cette "fragilité croissante" et à la "nécessité impérieuse d’alerter sur l’état de l’écosystème de l’apprentissage" que la Fnadir a choisi de publier son manifeste. Celui-ci décrit un scénario pour 2027 marqué par des fermetures de CFA, conduisant à une disparition de l’offre de formation dans certains territoires, alors même que les besoins en compétences des entreprises demeurent importants.

"Cette dystopie n’est pas une fiction alarmiste", souligne le manifeste. Elle serait, selon la fédération, la conséquence directe d’un affaiblissement progressif de l’engagement public envers les apprentis, les CFA et les entreprises, au détriment des jeunes et de l’économie des territoires.

SOURCE : AEF INFO

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