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ÉDUCATION
14
January 2026

Orientation : les missions des SUOIP se sont transformées sous l’effet des PIA

L’association La Courroie a conduit plusieurs enquêtes en 2024 et 2025 auprès des services universitaires d’orientation et d’information (SUOIP), afin d’analyser leur composition et l’évolution de leurs missions. Les résultats, rendus publics à la fin de l’année 2025, montrent que ces services ont vu leurs missions évoluer et se diversifier. Historiquement centrés sur l’orientation, les SUOIP interviennent désormais davantage dans la gestion de projet, l’aide à la réussite étudiante et les relations avec les entreprises, notamment sous l’impulsion des projets soutenus par les PIA. L’association souligne également une forte féminisation des équipes et un manque de visibilité persistant auprès des étudiants.

Des enquêtes menées auprès des directions de SUOIP

Pour mieux comprendre le fonctionnement et les missions des SUOIP, La Courroie a interrogé les directeurs et directrices de ces services entre juin 2024 et juin 2025. Les résultats ont été compilés et publiés dans les numéros de novembre et décembre 2025 des Cahiers de la Courroie, nouvelle publication portée par l’association, dirigée depuis octobre par Sabine Chaupain-Guillot.

L’objectif affiché est double : faire en sorte que le rôle des SUOIP soit mieux connu et reconnu par les tutelles, tout en mettant en lumière l’élargissement progressif de leurs missions. Celles-ci s’orientent désormais vers la gestion de projet, l’accompagnement à la réussite étudiante, le développement des relations avec les entreprises et, dans une moindre mesure, l’organisation d’événements.

Une multiplication des missions et une visibilité insuffisante

Les répondants aux enquêtes indiquent qu’un SUOIP exerce en moyenne un peu plus de huit missions. La mission historique d’accompagnement des étudiants dans leurs choix d’orientation et de réorientation demeure centrale, mais elle est désormais complétée par d’autres activités récurrentes. Parmi celles-ci figurent notamment la liaison entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur, l’accompagnement à l’insertion professionnelle et la communication sur l’offre de formation.

En moyenne, la part des étudiants touchés par au moins une action d’un SUOIP s’élève à 38,3 %, tandis que le suivi individuel concerne un peu moins d’un étudiant sur vingt. Toutefois, les enquêtes mettent en évidence un déficit de visibilité de ces services auprès des étudiants. Près des trois quarts des répondants estiment que la mobilisation des étudiants pour les actions collectives constitue une difficulté importante. À l’inverse, sept répondants sur dix jugent qu’il n’est pas trop complexe d’obtenir un soutien politique ou de développer des relations de travail satisfaisantes avec les équipes pédagogiques et les rectorats.

L’impact structurant des projets PIA

Les missions des SUOIP ont connu une évolution notable ces dernières années, en lien direct avec le déploiement des projets auxquels ces services ont été amenés à candidater, en particulier les projets de type PIA. La thématique de la réussite étudiante a ainsi pris une place croissante dans leurs activités. Les missions en lien avec les entreprises se sont également renforcées, qu’il s’agisse de l’entrepreneuriat étudiant, de l’accompagnement à la recherche de stages ou du développement de partenariats avec le monde économique.

Des budgets inégaux et une faible part de taxe d’apprentissage

La Courroie indique que le budget des SUOIP se répartit généralement en trois volets : le budget de fonctionnement, le budget de projet et la taxe d’apprentissage. Si la quasi-totalité des services disposent d’un budget de fonctionnement, un peu moins des trois quarts bénéficient d’un budget de projet. En revanche, moins de la moitié perçoivent de la taxe d’apprentissage.

Le budget moyen total d’un SUOIP s’élève à 192 243 euros. Il se compose en moyenne de 52,1 % de budget de fonctionnement, 45,8 % de budget de projet et seulement 2,1 % de taxe d’apprentissage. L’association souligne toutefois l’existence de fortes disparités selon les établissements.

Des équipes très majoritairement féminines

Les enquêtes révèlent une forte féminisation des SUOIP, avec 83,1 % de femmes parmi les effectifs. Pour une taille moyenne de 17,4 personnes par service, on compte ainsi 14,2 femmes pour 3,2 hommes. Cette répartition varie peu selon la taille ou la nature de l’université, à l’exception des grandes universités de plus de 35 000 étudiants, où la part des hommes est légèrement plus élevée.

La Courroie observe également que les hommes sont davantage présents dans les fonctions de direction lorsque les services sont de grande taille. Dans les grandes universités, 25,7 % des postes de direction sont occupés par des hommes, contre 20 % dans les universités de taille moyenne et seulement 6,25 % dans les petites universités. Au total, les trois quarts des directions de SUOIP sont assurées par des femmes, et les deux tiers par des personnels Biatss.

Des recrutements de plus en plus contractualisés

Les SUOIP comptent en moyenne 15,8 équivalents temps plein, dont 13,6 permanents. La taille des équipes est fortement corrélée au nombre d’étudiants de l’établissement et au nombre de composantes. Parmi les personnels permanents, la fonction de chargé d’orientation et d’insertion professionnelle est la seule présente dans l’ensemble des services. Dans 90 % des cas, au moins un gestionnaire est recensé, tout comme un technicien OIP. Les psychologues de l’Éducation nationale sont présents dans 71 % des SUOIP, tandis que moins de la moitié disposent d’un documentaliste ou d’un chargé de communication.

La présence de personnels recrutés sur projet reste limitée, puisqu’elle concerne un peu plus de la moitié des services. La proportion de femmes y est également plus faible que parmi les personnels permanents. Les plus petites universités sont celles qui recourent le plus fréquemment aux contractuels, mais aussi celles qui proposent le plus souvent des contrats à durée indéterminée.

À mesure que les missions se diversifient, la part de fonctionnaires dans les recrutements diminue. Si cela s’explique en partie par la stabilité des fonctionnaires en poste, cela révèle aussi que ce mode de recrutement n’est plus privilégié, y compris pour des emplois permanents. Les fonctionnaires restent davantage mobilisés sur des missions de pilotage, tandis que les contractuels interviennent plus fréquemment sur les relations avec les entreprises et les actions liées à la réussite étudiante.

Un besoin croissant d’ingénierie pédagogique

Interrogés sur les évolutions nécessaires en matière de ressources humaines, les directeurs et directrices de SUOIP mettent en avant le besoin d’ingénierie pédagogique. Celle-ci est jugée essentielle pour porter des dispositifs de remédiation ou de réorientation en première année de licence, concevoir des modules hybrides autour de la compétence à s’orienter ou encore développer des unités d’enseignement dédiées à l’entrepreneuriat ou à la méthodologie universitaire.

La gestion de projet arrive en deuxième position parmi les besoins identifiés, en lien avec la multiplication des projets PIA dont les SUOIP sont de plus en plus souvent lauréats. Enfin, la thématique des alumni apparaît également comme un axe de développement, qu’il s’agisse de créer, structurer ou animer des réseaux d’anciens étudiants.

SOURCE : AEF INFO

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