Réseaux sociaux : la santé des jeunes passe par la réglementation

L’usage excessif des téléphones portables et des réseaux sociaux a profondément transformé nos sociétés, au prix de conséquences lourdes sur la santé mentale et physique des enfants et des adolescents. Face à ces dérives désormais largement documentées, l’encadrement des plateformes numériques s’impose comme une nécessité collective.
Un bouleversement sociétal désormais documenté
Le constat est aujourd’hui largement partagé : l’utilisation compulsive des smartphones et des réseaux sociaux bouleverse durablement nos modes de vie. S’ils constituent des outils puissants de communication et d’accès au savoir, ils peuvent aussi favoriser la diffusion de la haine, de la violence, de la manipulation et du harcèlement. Après les alertes répétées de médecins, de psychologues, d’enseignants et de parlementaires, une vaste étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire est venue apporter une validation scientifique à ce « bouleversement socioculturel majeur ».
Des impacts préoccupants sur la santé des jeunes
Le rapport met en évidence des effets qualifiés de « multifactoriels » et « négatifs » sur la santé mentale et physique des enfants et des adolescents. Le manque de sommeil apparaît comme l’une des conséquences les plus visibles, avec des répercussions multiples sur le bien-être et les capacités cognitives. La surexposition aux écrans altère durablement le développement intellectuel des plus jeunes et favorise, chez les adolescents, des mécanismes de dépendance, de frustration et d’isolement social. Les jeunes âgés de 7 à 19 ans passent ainsi en moyenne entre trois et cinq heures par jour devant les écrans.
Un modèle économique qui alimente les dérives
Cette réalité préoccupante, commune à l’ensemble des pays développés, n’a pourtant rien d’inéluctable. Elle est en grande partie liée au modèle économique des plateformes numériques, fondé sur la monétisation des données personnelles et la captation maximale de l’attention. Pour prolonger le temps passé en ligne, certains réseaux n’hésitent pas à exploiter des ressorts émotionnels négatifs, comme la vengeance, le voyeurisme ou la polarisation des opinions.
La pression croissante des États et des institutions
Dans ce contexte, l’annonce faite le mercredi 14 janvier par le réseau social X, propriété d’Elon Musk, visant à empêcher son outil d’intelligence artificielle Grok de diffuser des images de personnes dénudées, constitue un signal encourageant. Ce recul limité fait suite à une indignation internationale et à la pression exercée par plusieurs pays. Le 8 janvier, la Commission européenne a d’ailleurs exigé que X conserve l’ensemble de ses documents internes relatifs à Grok afin d’alimenter une enquête européenne en cours.
Réglementer pour protéger la santé des adolescents
La protection de la santé des jeunes passe désormais clairement par la réglementation. L’application stricte des règles européennes, conçues pour faire face à la puissance des réseaux sociaux américains et chinois, apparaît indispensable. Plusieurs pays de l’Union envisagent toutefois des mesures spécifiques. En France, la volonté d’Emmanuel Macron d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et de bannir les téléphones portables dans les lycées ne peut être réduite à un simple effet d’annonce. Cette orientation politique, portée à la fois par une proposition et un projet de loi, répond à une inquiétude largement partagée et bénéficie, selon les sondages, du soutien d’une très large majorité de Français.
Libertés publiques et responsabilité collective
Si ces projets nécessitent un examen attentif au regard des libertés publiques, comme l’a souligné l’avis critique du Conseil d’État le 8 janvier, dénoncer leur prétendue inefficacité ou leur nocivité sociale relève du paradoxe. L’argument selon lequel des contournements resteraient possibles risque surtout d’alimenter la rhétorique libertarienne des plateformes. Des règles clairement débattues et assumées offriraient au contraire un soutien précieux aux parents, en particulier dans les milieux les plus défavorisés, souvent démunis face à une situation qui les dépasse. Peut-on réellement justifier l’inaction sous prétexte que certains enfreindront les règles ?

SOURCE : lemonde.fr

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