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ÉDUCATION
20
January 2026

Tiktok renforce la détection des utilisateurs de moins de 13 ans en Europe

Dans les prochaines semaines, TikTok va déployer en Europe une nouvelle technologie de vérification de l’âge. L’objectif est de détecter et de supprimer plus efficacement les comptes appartenant à des enfants de moins de 13 ans, alors que les réseaux sociaux, et TikTok en particulier, sont de plus en plus dans le viseur des autorités.

Une plateforme sous pression réglementaire croissante

Depuis plusieurs mois, les dossiers sensibles s’accumulent pour TikTok. Son algorithme, jugé particulièrement addictif pour les jeunes utilisateurs, fait l’objet de nombreuses critiques. La modération des contenus, et plus spécifiquement la suppression des comptes appartenant aux moins de 13 ans, est également considérée comme insuffisante par les régulateurs.

En théorie, l’application de vidéos courtes est interdite aux enfants de moins de 13 ans. Dans les faits, l’inscription repose sur une simple déclaration de l’utilisateur, qui peut librement renseigner une fausse date de naissance, rendant le contrôle largement inefficace.

Un nouvel outil de vérification d’âge déployé en Europe

Sous la pression des autorités européennes, TikTok a décidé d’anticiper et de renforcer ses dispositifs. Comme l’a rapporté Reuters, l’entreprise s’apprête à lancer dans les prochaines semaines un nouvel outil de détection de l’âge sur le marché européen. L’ambition est claire : mieux identifier les comptes appartenant à des enfants de moins de 13 ans, sans recourir à des méthodes jugées trop intrusives pour la vie privée.

Un projet pilote conçu pour le marché européen

Cette technologie, encore largement inconnue du grand public, est issue d’un projet pilote mené pendant un an en Europe. Elle a été spécifiquement conçue pour répondre aux exigences européennes, en collaboration avec la Commission irlandaise de protection des données, principal régulateur de TikTok au sein de l’Union européenne.

Le système repose sur une analyse croisée de plusieurs signaux : informations de profil, vidéos publiées, interactions et comportements observés sur la plateforme. L’objectif est d’identifier les comptes susceptibles d’appartenir à des utilisateurs âgés de moins de 13 ans, âge minimum requis pour utiliser TikTok, afin de procéder à leur suppression.

Un contrôle humain pour limiter les erreurs

Les comptes signalés par cet outil ne seront pas supprimés automatiquement. TikTok précise qu’ils feront l’objet d’un examen approfondi par des modérateurs spécialisés, afin de réduire les risques d’erreur. La décision finale ne reposera donc pas uniquement sur l’algorithme, mais intégrera une validation humaine.

Les utilisateurs dont le compte serait supprimé disposeront de plusieurs recours. La plateforme s’est notamment associée à Yoti, une start-up britannique spécialisée dans la reconnaissance des traits du visage. D’autres solutions de vérification d’âge, comme l’utilisation d’une carte bancaire ou d’une pièce d’identité, seront également proposées.

Une surveillance accrue des autorités européennes

Les utilisateurs européens seront informés dès le lancement officiel de cette nouvelle technologie. Il s’agit d’un test grandeur nature pour TikTok, qui devra convaincre à la fois les internautes et, surtout, les autorités de régulation.

Ce déploiement intervient dans un contexte de pression réglementaire intense. Depuis plusieurs mois, les gouvernements cherchent à renforcer la protection des mineurs face aux effets potentiellement nocifs des plateformes numériques. Le 10 décembre, l’Australie est ainsi devenue le premier pays à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.

Vers un âge minimum harmonisé en Europe ?

Cette décision australienne est observée de près en Europe. En novembre dernier, le Parlement européen a adopté une résolution non contraignante visant à instaurer un âge minimum de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux, aux plateformes de partage de vidéos et aux compagnons d’intelligence artificielle, tout en autorisant l’accès des 13-16 ans avec le consentement parental.

Plusieurs pays européens avancent déjà sur le sujet. L’Espagne a présenté un projet visant à relever l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux de 14 à 16 ans. Le Danemark et la Norvège envisagent des mesures similaires, avec un seuil fixé à 15 ans.

La France également engagée dans le débat

En France, la question est désormais au cœur de l’agenda politique. Un projet de loi du gouvernement visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et à bannir les téléphones portables au lycée est arrivé devant le Parlement en janvier. Une proposition de loi similaire, portée par des députés Renaissance, a également été adoptée en commission le 13 janvier.

Si toutes les plateformes sont concernées, TikTok est souvent présenté comme le mauvais élève. En septembre dernier, une commission d’enquête parlementaire s’est alarmée des effets jugés « dévastateurs » du réseau social sur la santé mentale des jeunes. L’entreprise fait par ailleurs l’objet de plusieurs enquêtes en Europe pour non-respect du règlement européen sur les services numériques.

Un équilibre délicat entre protection et vie privée

L’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs se heurte toutefois à un obstacle majeur : la faisabilité technique. Les autorités peinent encore à identifier un outil de vérification de l’âge à la fois fiable et pleinement respectueux de la vie privée.

Si TikTok affirme qu’un dispositif similaire déployé au Royaume-Uni a permis la suppression de milliers de comptes appartenant à des enfants de moins de 13 ans, l’entreprise reconnaît qu’aucune méthode universelle et infaillible n’existe à ce jour. La recherche d’un équilibre entre protection des mineurs, respect des libertés numériques et efficacité technique reste au cœur des débats.

Une piste pourrait toutefois émerger du côté de l’Union européenne. En juillet, la Commission européenne a annoncé le lancement d’une application dédiée à la vérification de l’âge en ligne. Cinq pays, dont la France, pourront commencer à l’expérimenter dès le premier trimestre 2026.

SOURCE : bfmtv.com

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