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ÉDUCATION
16
January 2026

Un supercalculateur et un data center dédiés à l’intelligence artificielle à Bordeaux

Depuis plus d’un an, un projet d’envergure se construit discrètement à Bordeaux. Porté par le consortium formé par Nouvelles fonctions urbaines (NFU) et Osae Partners, il vise à créer un vaste centre de données couplé à un supercalculateur entièrement dédié à l’intelligence artificielle. Baptisé “Bordeaux IA” ou “BXIA”, ce projet pourrait voir le jour sur le site actuel du parking du Parc des expositions, à Bordeaux-Lac, en Gironde.

Avec une puissance électrique estimée à près de 400 mégawatts, l’infrastructure représenterait environ les deux tiers de la consommation électrique annuelle de la ville de Bordeaux. Une première mise en service est envisagée à l’horizon 2028, tandis que le projet complet s’étalerait sur une dizaine d’années.

Un projet élaboré dans l’ombre depuis plus d’un an

Près de 150 personnes travaillent depuis un an et demi à la conception de ce qui pourrait devenir l’un des plus grands projets d’infrastructures numériques en Nouvelle-Aquitaine. Le site envisagé couvre près de 20 hectares et accueillerait des équipements capables d’assurer le stockage de données massives et des calculs intensifs liés à l’IA, avec une vision de développement à dix ans.

Le projet a été officiellement présenté le 7 janvier par le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, et la présidente de Bordeaux Métropole, Christine Bost, à l’occasion des vœux adressés au Medef. Le parking du Parc des expositions serait déplacé à proximité afin de libérer l’espace nécessaire à la construction du campus.

Trois milliards d’euros d’investissement sur dix ans

Le montant global de l’investissement est estimé à trois milliards d’euros sur une décennie. Pour Laurent Halimi, président d’Osae Partners, la rentabilité projetée est jugée favorable, malgré un risque assumé d’obsolescence technologique. Benjamin Delaux, président de NFU, insiste quant à lui sur l’impact économique local du projet, qui pourrait générer environ 300 emplois.

BXIA ambitionne également de renforcer l’écosystème numérique régional en attirant des entreprises technologiques et des start-up. Des secteurs déjà implantés localement, comme l’aéronautique, pourraient bénéficier de cette proximité avec des capacités de calcul avancées.

Cependant, certaines voix appellent à la prudence. Aurélie Bugeau, professeure en informatique à l’université de Bordeaux, rappelle que l’exploitation d’un centre de données nécessite relativement peu de main-d’œuvre directe, ce qui limite mécaniquement les créations d’emplois permanents.

Une ambition de souveraineté numérique

La question de la souveraineté numérique est au cœur du projet BXIA. Selon des estimations relayées par RTE, environ 92 % des données des pays occidentaux seraient aujourd’hui stockées aux États-Unis. Une dépendance qui interroge sur la capacité de l’Europe et de la France à maîtriser leurs infrastructures numériques stratégiques.

Pour Aurélie Bugeau, développer des centres de données sur le territoire national permettrait de renforcer cette souveraineté, même si ces infrastructures n’ont pas vocation à remplacer totalement les centres étrangers, mais plutôt à absorber des besoins de calcul supplémentaires.

Malgré cette volonté de souveraineté, BXIA serait connecté au câble sous-marin Amitié, long de 6 800 kilomètres, reliant les États-Unis à l’Europe via la Gironde. Un raccordement présenté par NFU comme indispensable pour garantir une connectivité optimale.

Une première infrastructure opérationnelle dès 2028

Avant l’achèvement complet de BXIA, prévu aux alentours de 2031, une première étape intermédiaire est déjà programmée. Un bâtiment baptisé BX2 devrait entrer en service dès 2028 et permettre l’hébergement de projets liés à l’intelligence artificielle.

BX2 s’inscrit dans la continuité de BX1, un data center de 3 000 m² situé à Bruges, dans la métropole bordelaise, opérationnel depuis 2021. Ce premier site, développé par NFU, est aujourd’hui exploité par l’opérateur américain Equinix. Le désengagement de ce dernier sur la seconde phase du projet a conduit à la création de BXIA sous la direction exclusive de NFU et Osae Partners.

À terme, le campus complet devrait comprendre cinq bâtiments, chacun représentant un investissement d’environ 500 millions d’euros. Le projet inclut non seulement la construction des data centers, mais aussi l’acheminement de l’énergie, le câblage électrique et les systèmes de refroidissement.

Une région encore peu dotée en data centers

Selon un guide publié par le ministère de l’Économie en novembre 2025, la Nouvelle-Aquitaine ne compte actuellement que trois sites identifiés comme propices à l’accueil de centres de données. Une situation qui contraste fortement avec d’autres régions françaises, comme les Hauts-de-France, qui en comptent environ cinq fois plus.

Pour les porteurs du projet, BXIA répond à un besoin émergent apparu ces trois ou quatre dernières années, depuis l’essor massif des usages de l’intelligence artificielle dans les entreprises et la société.

Des impacts environnementaux au cœur des débats

La puissance électrique annoncée de 400 mégawatts soulève de nombreuses interrogations sur l’impact environnemental du projet. Selon un rapport publié début janvier par l’Agence de la transition écologique (ADEME), la consommation électrique des centres de données en France pourrait plus que tripler d’ici 2035 si aucune mesure corrective n’est mise en place.

Outre l’énergie, le refroidissement des serveurs constitue un autre enjeu majeur, nécessitant d’importantes quantités d’eau, dans un contexte de raréfaction des ressources liée au changement climatique. Benjamin Delaux affirme toutefois que BXIA intégrerait un système de circuit fermé permettant la réutilisation de l’eau.

Pour le président de NFU, l’enjeu est clair : mieux vaut développer ce type d’infrastructure localement, dans des conditions maîtrisées, plutôt que de laisser ces projets se multiplier ailleurs sans exigences environnementales comparables.

Une décision politique encore attendue

Le projet BXIA doit encore franchir une étape décisive. Les élus de Bordeaux Métropole sont appelés à se prononcer le 30 janvier prochain sur la cession du terrain du parking du Parc des expositions. Une décision qui conditionnera le lancement opérationnel de ce projet stratégique pour le territoire.

SOURCE : FRANCE 3

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